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« Il faut qu'on puisse prouver que les choses peuvent changer »

Propos recueillis par Déborah NEUSY Jeudi 15 juin 2017
« Il faut qu'on puisse prouver que les choses peuvent changer »
Joëlle Prévot-Madère : « On ne doit cesser de marteler que pour être écouté, entendu et obtenir, l'idéal est d'être un député bien élu » (DN)

À quelques jours du second tour des élections législatives, les deux candidats qualifiés dans la première circonscription se sont livrés à des questions-réponses quant à leurs projets pour la Guyane. Pour Joëlle Prévot-Madère, la candidate investie par la République en marche du président Macron, « si on ne fait rien dans les cinq années à venir, c'est une explosion » qui aura lieu en Guyane.

Que pensez-vous des résultats du premier tour ?
Ce qu'on va noter d'abord, c'est le taux record d'abstention, ça prouve une tendance générale, même au niveau national. Cela montre qu'il y a une difficulté entre le peuple français et ses élus, il y a de grosses déceptions, les gens se demandent pourquoi ils iraient voter car rien ne change. Il faut qu'on arrive à leur prouver que les choses peuvent changer.
Avez-vous reçu du soutien des autres candidats ?
J'ai appelé la plupart des candidats car je me présente comme la candidate du renouveau et du rassemblement. Même si personne n'est propriétaire des votes, il me semblait important de pouvoir leur dire que je souhaitais travailler avec eux dans le cas de mon élection. Ce que j'espère surtout, c'est que la population va se déplacer, elle ne peut pas avoir fait ce mouvement et ne pas le confirmer au cours de cette élection.
Comment rallier les abstentionnistes ?
On ne doit pas cesser de marteler à la population que pour être écouté, entendu et obtenir, l'idéal est d'être un député bien élu, qui a reçu un pourcentage conséquent de la population qui décide de se déplacer pour mettre un bulletin dans l'urne. Ce député aura intérêt à écouter la voix du peuple. Et cette voix a été mise en exergue pendant ce mois de mouvement, elle a pu faire comprendre que nous ne sommes pas des Français de seconde zone. Ce que je pense, c'est que si on ne fait rien dans les cinq années à venir, ce ne sera pas un mouvement pacifique que nous aurons, mais une explosion, qui sera portée par les jeunes cette fois.
Par rapport à votre adversaire, quelle est votre force ?
Je sors d'une émission avec le député sortant au cours de laquelle il dit que le rôle de député n'est pas un poste de proximité. Je l'entends, la première fonction de proximité, c'est d'abord le maire, mais on ne peut plus rester sur le schéma habituel. Une fois élu, le député est là-bas dans l'Hexagone, où il siège pour voter des lois et contrôler l'action du gouvernement. Mais on oublie qu'il est élu par une population, cette fonction doit être modifiée pour que le député revienne obligatoirement pour rapporter l'information des lois qui ont pu être votées et des adaptations demandées, parce que toutes les lois nationales ne peuvent pas être appliquées de façon stricto sensu sur le territoire de la Guyane. Et surtout, comme M. Serville l'a dit, nous n'avons pas la connaissance de tous les domaines. C'est pour cela que nous devons nous adresser aux secteurs concernés, aux syndicats pour avoir leur avis, savoir si la loi convient et faire les propositions d'amendement. Nous ne pouvons pas tout seuls décider pour un peuple. Mon suppléant aura un rôle à jouer sur le territoire, surtout quand je serai au national. Il sera référent de certaines communes éloignées en particulier et me permettra d'être en lien permanent avec des associations de différents secteurs pour savoir comment répondre aux propositions de loi au national.
Si vous êtes élue, aurez-vous assez de temps pour votre poste de député en plus de vos autres activités ?
Actuellement, je suis chef d'entreprise, je suis au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui est la troisième chambre après le Sénat et le Parlement et je suis présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Quand je serai élue, il est évident que je démissionnerai de mon poste de présidente et que de fait, c'est obligatoire, je ne serai plus au Cese, puisqu'on ne peut pas être dans deux des trois chambres. Il me restera mon entreprise à laquelle je tiens car c'est elle qui me fait vivre et que mes salariés tiennent à ce que je reste.
Si vous êtes élue, la Guyane aura-t-elle plus de poids dû à votre position au sein de la majorité ?
C'est une évidence. Il est clair que quand on est dans l'opposition, on a beaucoup de mal à se faire entendre. Vu les attentes de la
Guyane, traduites dans le protocole du mois d'avril et vu l'origine des difficultés de la Guyane qui, pour moi, est une absence des compétences régaliennes et une en particulier, le contrôle aux frontières, il est important qu'on nous écoute, qu'on nous entende et que l'on apporte des solutions effectives. Ça ne se fera pas en cinq ans, mais il s'agira d'aboutir à un rattrapage sur les dernières années, des jalons auront été posés et il y aura déjà des réponses immédiates qui devront être mises en application. D'où ma décision d'accepter cette investiture proposée par la République en marche.
Que pensez-vous des états généraux des Outremer proposés par Emmanuel Macron ? Comment y participer ?
On a fait des assises, il y a eu des états généraux et presque tout a été dit pendant le mouvement. Mais pourquoi pas, s'il y a des secteurs d'activité qui ont considéré qu'ils n'avaient pas pu s'exprimer et à une condition : qu'on puisse passer à l'acte rapidement.
Et pour les accords de Guyane ?
Pour le volet santé, on a beaucoup parlé d'infrastructures, d'investissements, de réorganisation administrative. On a aussi parlé de moyens humains et financiers, sauf qu'ils étaient nécessaires dans l'immédiat. Pendant la grève du personnel au Char (Centre hospitalier Andrée-Rosemon), j'ai rencontré l'intersyndicale et je savais déjà sur quels points il faudrait appuyer en tant que député. Sur le volet personnel, je voulais comprendre et j'ai rencontré Madame Saïd qui m'a donné plus d'éléments. J'ai ensuite appelé le gouvernement En marche pour leur dire que j'avais accepté leur investiture, mais qu'il devait faire quelque chose car les demandes étaient légitimes. On m'a répondu qu'une mission venait pour réagir très rapidement et effectivement, au bout de trois jours, il y a eu une réponse rapide. Cela m'a rassurée car j'avais accepté leur investiture et ça prouve que maintenant, ils devront nous écouter.
Quelles mesures vous tiennent à coeur à l'échelle nationale ?
Il y a celle de l'égalité des chances en matière de formations. Je travaillerai à ce que la Guyane ait sa juste part pour former les jeunes. Je pense aussi à l'amélioration du pouvoir d'achat des personnes âgées qui vont voir revaloriser le minimum vieillesse de l'ordre de 100 euros par mois et des personnes handicapées, dont les allocations augmenteront de 100 euros par mois également. Une autre mesure intéressante concerne les salariés qui sont au Smic, avec le complément de la prime d'activité, qui vont pouvoir bénéficier de l'équivalent d'un treizième mois par la suppression des charges salariales maladie et chômage. Enfin, il y a aussi la proposition pour les salariés démissionnaires qui pourront bénéficier d'allocations de chômage pendant cinq ans. Les auto-entrepreneurs et artisans pourraient aussi bénéficier d'allocations, ce qui me paraît logique.
En tant que chef d'entreprise, que pensez-vous des mesures d'Emmanuel Macron ?
Je trouve que c'est une excellente idée de remettre en place le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires. Dans les accords de Guyane, nous avons travaillé à un pacte fiscal et social. En Guyane, le marché est petit, on doit tout importer au niveau des matières premières et l'étroitesse des marchés fait que les entreprises ont des difficultés à être concurrentielles. Ce que je souhaite surtout porter, c'est que l'on puisse rentrer certains secteurs d'activité dans l'aide à l'investissement, tels que ceux de la médecine, du sanitaire, de l'économie sociale et solidaire. Ce sont des secteurs pour lesquels il y a de gros déficits.
Ils rejoignent Joëlle Prévot-Madère
Outre Michel Sabas qui l'avait déjà annoncé lundi, Michel Quammie apporte son soutien à la candidate de la République en Marche. Selon lui, les résultats du premier scrutin donnent une consigne de vote sur le second tour en montrant à quel point il y a un besoin de changement : « celle qui incarne le plus ce renouveau, c'est Joëlle Prévot-Madère et j'appellerai donc à voter pour elle sans ambiguïté car j'estime qu'elle est plus proche de la réalité » .

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