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Gabriel Serville, plus déterminé que jamais

Propos recueillis par D. N. Jeudi 15 juin 2017
Gabriel Serville, plus déterminé que jamais
Gabriel Serville : « Quelle que soit la personne élue pour la Guyane, elle va nécessairement pouvoir bénéficier » du mouvement social de mars-avril (DN)

Le candidat du Parti socialiste guyanais est lancé dans la dernière ligne droite pour le second tour des législatives dans la première circonscription. Il veut que les électeurs comprennent « qu'il y a un travail qui a été fait et qu'il doit pouvoir se poursuivre » .

Avez-vous reçu le soutien d'autres partis ces derniers jours ?
J'ai reçu le soutien du parti de Madame le maire de Cayenne, Nouvelle Force de Guyane, celui de Monsieur Julien Deroche et de Monsieur Sylvio Létard. Au niveau de l'extérieur, j'ai reçu le soutien de Younous Omarjee, député européen des Outre-mer, ainsi que du Parti communiste français et je viens de recevoir celui du Parti socialiste. D'autres devraient se rallier, ce sera confirmé plus tard.
Comment allez-vous convaincre les abstentionnistes ?
C'est le travail de terrain que nous faisons. Il y a des équipes qui vont à la rencontre des électeurs qui n'ont pas voté, afin de leur expliquer la nécessité qu'il y a à voter en faveur d'un député qui a fait le travail, expliquer ce travail réalisé ainsi que le contexte budgétaire et financier difficile dans lequel il a été fait. On leur explique aussi qu'il est important que les gens puissent exercer ce droit, pour lequel d'autres personnes se sont battues. Pendant le mouvement, les élus ont été décrédibilisés et j'ai voulu prendre le contre-pied de tout ça en montrant le travail que j'ai fourni à l'Assemblée pour parler d'éducation, de sécurité et de la problématique du foncier. Il faut développer un pouvoir de persuasion, parce que contrairement à ce qui a été dit, les électeurs comprennent qu'il y a un travail qui a été fait et qu'il doit pouvoir se poursuivre.
Le député ne peut pas être présent partout. Il fait le travail à l'Assemblée nationale, mais il faut qu'il y ait d'autres institutions qui assurent le service après-vente. Je prends comme exemple la Convention Agir pour l'emploi et la création d'activités qui a pour but de mieux accompagner les très petites et micro-entreprises dont les chefs ont parfois besoin d'outils financiers particuliers. Je me rends compte qu'aujourd'hui, ce travail-là n'est pas redescendu sur le territoire guyanais.
Si vous êtes élu, comment allez-vous interagir avec le gouvernement d'Emmanuel Macron ?
Je suis dubitatif face à la victoire de la République en marche au premier scrutin, car je crains qu'on ait face à nous un hémicycle hégémonique, avec un nombre très important de députés du même groupe, ce qui pourrait occulter le vrai débat démocratique. Au départ, j'avais dit que je désirais intégrer le groupe qui serait le plus à même de m'accompagner sur mon projet en faveur de la Guyane. A contrario, mon expérience à l'Assemblée entre 2012 et 2017 m'a permis d'être présent au sein d'une majorité parlementaire sans pour cela être inféodé à ses ordres, comme En marche, qui exige de la part des députés élus qu'ils défendent tous les projets de loi qui seront portés par le gouvernement. Autant que je sois dans un groupe de l'opposition qui va faciliter la défense du projet guyanais, tout en sachant qu'on peut ne jamais être entendu dans l'opposition. C'est un fonctionnement manichéen que je regrette. Je prendrai donc le temps d'analyser les résultats de dimanche et je prendrai une décision en fonction de la nouvelle configuration de l'hémicycle. Il est évident que j'aurai peut-être quelques difficultés à intégrer cette majorité, qui nécessitera une grande vigilance sur certains aspects, notamment les ordonnances sur la réforme du code du travail qui ne répond pas à mes aspirations ni à celles du monde du travail.
Comment ferez-vous pour faire appliquer les accords de Guyane ?
Le président avait déjà dit qu'il mettrait un milliard pour tous les Outre-mer, alors que la Guyane à elle seule en réclamait trois. Il faut voir comment ce milliard sera mis à disposition, si c'est un par année, sur cinq ou dix ans. Il va aussi falloir transformer le protocole du 21 avril en loi de programmation pour lui donner un caractère juridique plus fort, c'est ce que j'avais demandé lors de la signature, qu'une phrase stipule que cet accord soit inscrit au Journal officiel.
Que pensez-vous des états généraux des Outre-mer proposés par Emmanuel Macron ? Comment y participer ?
C'est une demande que nous avions nous-mêmes formulée dans le protocole de fin de grève. On a parlé des états généraux pour aborder des questions qui touchent à l'économie, à l'éducation et à l'accès au foncier. Je pense que c'est une profonde nécessité que de permettre à toutes les composantes de la société guyanaise de pouvoir se retrouver pour débattre de ce qui sera l'avenir de la Guyane. Et c'est là que les parlementaires auront un rôle capital à tenir, à savoir faire en sorte que l'on soit entendu dans les rapports de force avec l'État. La marche du 28 mars a été symbolique, une marche de respect et de maturité et ça montre aux services de l'État qu'ils devront compter avec la population de Guyane.
Le mouvement social vous donnera-t-il une force à l'Assemblée ?
Quelle que soit la personne élue pour la Guyane, elle va nécessairement pouvoir bénéficier de ce mouvement social qui aura marqué les esprits de la France et du monde entier, ne fût-ce qu'avec la base spatiale qui a été bloquée pendant un mois.
Quelle est votre force par rapport à votre adversaire ?
Il y a une qualité qu'il faut posséder, c'est la persévérance, qui va de pair avec le goût de l'effort, ce que j'ai souvent inculqué à mes élèves. J'ai été élu à la mairie de Matoury dans l'opposition, j'y ai siégé pendant six ans sans sourciller.
Mon adversaire a un parcours chaotique, elle a quitté la municipalité quelques mois après car elle considérait qu'elle n'avait pas à être dans l'opposition. De plus, Madame Prévot-Madère choisit comme suppléant Monsieur Teed Gaspard, qui est le fils spirituel de son mentor, Monsieur Roumillac, ancien maire de Matoury, contre lequel j'ai porté plainte pour détournement de fonds publics.
Alors quand Madame Prévot-Madère veut, avec la République en marche, faire voter une loi de la moralisation de la vie politique en France, s'attache aux services de ce monsieur dont on connaît le peu de vertu, je suis désolé, je dirais que les Guyanais auraient plutôt intérêt à faire confiance à Monsieur Serville, dont on connaît la tempérance, le sérieux et le sens du respect de l'argent public.
Que ferez-vous si vous n'êtes pas élu ?
Je resterai maire de Matoury et je continuerai à faire avancer les projets de la commune. Il faut comprendre que le combat que je mène pour la Guyane va nécessairement profiter à Matoury. Je veux dire que j'ai été un député de proximité malgré tout. Et Madame Prévot-Madère, en tant que conseillère économique et sociale (Cese) aurait pu interagir et m'interpeller pour me demander comment procéder pour faire avancer certaines choses. Je ne peux l'imaginer aller représenter les intérêts de la Guyane à Paris.
Guyane insoumise pas pour mais contre
La Guyane insoumise s'est positionnée hier pour le second tour. Dans un communiqué elle déclare que « la candidate Prévôt- Madère porte au niveau national un projet de régression sociale sans précédent et considère le sous-sol guyanais comme une marchandise à brader aux multinationales de l'or et du pétrole. Aussi, la Guyane insoumise appelle tous les électeurs de la première circonscription à ne lui donner aucune voix. Non à la République en marche arrière. » Aucune consigne de vote donc mais en tout cas contre Joëlle Prévot-Madère et par conséquent sans le dire, pour ceux qui ne veulent pas voter blanc, de voter plutôt pour Gabriel Serville.
Ils prennent position
Dans un communiqué diffusé mardi, le maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth et son parti Nouvelle Force de Guyane apportent leur soutien au candidat du Parti socialiste guyanais. Julien Deroche avait déjà annoncé son ralliement à Gabriel Serville en début de semaine.
Quant à Line Létard, elle annonce qu'elle et sa formation Walwari se sont entretenus avec les autres partis en toute tranquillité et transparence. « Personnellement, je ne peux soutenir des gens contre qui je me suis battue pendant la campagne, mais j'appelle tout le monde à voter » a-t-elle déclaré mardi.

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