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Bernard Taddei contre « l'européisme »

Propos recueillis par A. G. Mardi 23 mai 2017
Bernard Taddei contre « l'européisme »
Bernard Taddei : « Ce qui compte spécifiquement pour ma circonscription, c'est un rééquilibrage d'ensemble des infrastructures et de la répartition des aides entre l'Est ou disons le Centre et l'Ouest » (AG)

Dans un entretien accordé vendredi à France-Guyane, Bernard Taddei, candidat aux législatives dans la 2e circonscription sous les couleurs de l'UPR, exprime son opposition à la « politique ultralibérale de Bruxelles » et à « l'européisme » . Il estime aussi qu'il faut se battre pour la « réparation de l'ascenseur social scolaire » et pour le développement de l'économie participative en Guyane.

Bernard Taddei, 45 ans, pose pour la première fois sa candidature aux législatives. Il est candidat dans la deuxième circonscription sous la bannière de l'Union populaire républicaine (UPR). Arrivé en Guyane il y a 20 ans, ce professeur d'origine corse a beaucoup voyagé, notamment à La Réunion et aux Antilles, avant de poser ses valises dans le département. Très intéressé par la culture bushinengue, il enseigne en tant que professeur des écoles sur le fleuve à proximité de Grand-Santi. Actuellement enseignant en Segpa (section d'enseignement général et professionnel adapté) en collège à Saint-Laurent, il est entre autres passé par des postes au RSMA (régiment du service militaire adapté) et en inspection. Il est le père de deux filles âgées de 5 et 7 ans.
Il s'agit de votre première candidature à une élection, comment êtes-vous entré en politique ?
Au départ, je n'étais pas très intéressé par la politique. C'est vraiment quand ma fille aînée est née que j'ai commencé à me demander quel monde on allait laisser à la génération suivante. [...] Je n'ai jamais milité dans aucun parti. Mais à l'époque où je pensais que droite et gauche avaient un sens, je me définissais plutôt comme centre-droit [...] J'ai trouvé très éducatives les conférences de (François) Asselineau. Il m'a fait comprendre ce qu'est une monnaie. Et je comprends tout à fait pourquoi l'euro est un handicap pour nous. Et par ce biais-là, j'ai adhéré aux préoccupations de l'UPR concernant la démocratie. [...] J'ai adhéré (à ce mouvement) il y a trois ans, et commencé à militer dans mon réseau d'amis et sur les réseaux sociaux assez rapidement ?[...] À cette présidentielle, l'UPR a fait un appel pour qu'il y ait des candidats dans chaque circonscription. Et voilà.
L'UPR a été très active pendant la campagne présidentielle, êtes-vous moteur de ce groupe dans l'Ouest ?
Non, le délégué départemental Camel Boumedjmadjen est beaucoup plus actif, impliqué. Et puis on a des militants qui sont beaucoup plus actifs que moi, sur Kourou en particulier. C'est un parti très jeune, alors c'est peut-être les cheveux blancs qui ont fait que c'est moi le candidat. [...] On part de très peu, je crois que sur ma circonscription, on est autour de 200 ou 300 voix. Tous les partis ont leur histoire. Et nous, on est au début de la nôtre. [...] La campagne a impacté le nombre d'adhérents en Guyane mais pas autant qu'en métropole.
Pourquoi les électeurs de la deuxième circonscription devraient voter pour vous ?
Pour une vision politique. On a besoin, pour être maître chez nous, de retrouver notre pouvoir de décision [...] Le rôle d'un député, c'est aussi d'être le représentant de sa région, des produits, de sa culture exactement comme un président de la République qui va à l'étranger et essaie de vendre les mirages, les TGV et le nucléaire. Eh bien, je trouve que les députés actuels ne font pas ce travail-là quand ils vont à Paris. [...] Je suis un des seuls candidats sur l'Ouest à ne pas adhérer à la politique ultralibérale de Bruxelles, seuls l'UPR et les Insoumis ne sont pas affiliés à des partis européistes. La grosse différence entre nous, c'est qu'on ne compte pas renégocier de traités et que nous pensons que nous nous devons de donner l'avantage aux pays francophones pour des raisons aussi bien démographiques qu'historiques. [...] À partir du moment où on a compris que gauche et droite, ça ne voulait plus dire grand-chose, eh bien le positionnement, il est entre démocratie et européisme.
Beaucoup de projets en Guyane se lancent grâce aux aides et aux subventions européennes, comment remplacer ces financements ?
Le seul argent qui nous vienne de l'Europe c'est l'argent que l'Europe nous rend [...] et après s'être servie d'à peu près 40% dessus et en plus à (ses) conditions. [...] La France n'est pas capable de répondre favorablement aux demandes des Guyanais en matière de rattrapage alors que les revendications sont totalement légitimes [...] et alors qu'elle donne 9 milliards par an pour faire construire en Europe de l'Est des infrastructures qui vont accueillir nos usines. [...] Donc, si on quitte l'Europe, non seulement il y aura autant d'aides pour la Guyane mais il y en aura encore plus. Et ce aux conditions françaises et pas aux conditions européennes. Si on prend l'exemple de l'agriculture, la politique agricole commune a pour mission de favoriser la productivité alors que nous, on est défenseurs d'une agriculture familiale, biologique, respectueuse de l'environnement. [...] Si je suis à l'Assemblée, je me battrai pour subventionner la terra preta (un mode de culture amérindien).
Vous être professeur, l'éducation est-elle une priorité de votre programme législatif ?
La question de l'éducation, elle est liée à tous les autres domaines. S'il y a un domaine de mon point de vue dans lequel il faut se battre, c'est la réparation de l'ascenseur social scolaire. Il faut redonner du sens à l'école. [...] Ce qui compte spécifiquement pour ma circonscription, c'est un rééquilibrage d'ensemble des infrastructures et de la répartition des aides entre l'Est ou disons le Centre et l'Ouest. Alors qu'on a des effectifs de populations similaires (entre Cayenne et Saint-Laurent), on a l'impression d'être dans deux mondes différents en terme de développement. Et je pense que la priorité pour un député qui se bat pour sa circonscription, c'est d'obtenir un rééquilibrage.
Quelles sont vos orientations en matière économique ?
Un de nos dadas économiques, et ça revient à cette idée de responsabilité citoyenne, ce sont les sociétés participatives et l'économie participative en général. On pense que c'est insuffisamment développé en Guyane et que ce serait vraiment l'opportunité, même sur ces sociétés d'investissement, de permettre aux Guyanais, de façon rentable pour chacun de court-circuiter les réseaux bancaires et d'investir dans leur propre économie. [...] Par exemple, les groupes d'intérêt économique permettent aux artisans de se réunir pour pouvoir répondre à un appel d'offres public. En se réunissant, en étant solidaires, ça permet de pouvoir faire face à de grosses boîtes. [...] Un des gros problèmes qu'on a en Guyane, c'est que les aides et les subventions qui nous arrivent repartent. Que ce soit par la consommation parce qu'on ne produit pas assez sur place ou à travers ces chantiers publics où on voit de grosses sociétés tout récupérer et amener d'ailleurs avec elles de plus en plus de travailleurs détachés.
Que prévoyez-vous sur la question migratoire ?
Il y a des gens qui sont très sensibles sur la politique migratoire pour des questions d'identité nationale. D'autres, à l'inverse, sont très sensibles parce qu'ils estiment que le devoir de la France c'est d'accueillir [...] Nous, on est sur un autre créneau, on considère que la politique migratoire est importante à deux niveaux. Tout d'abord car elle nous divise. Donc il faut régler cette question, nous sommes vraiment partisans d'un référendum sur la question où tout le monde puisse s'exprimer. [...] C'est important car la politique migratoire est une des composantes de la politique démographique qui est extrêmement importante pour les générations à venir. [...] Et par ailleurs j'aimerais ajouter que je me positionne en faveur de la prise en compte du vote blanc.

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