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Adam : « Nos adversaires ne sont pas les autres candidats »

Propos recueillis par D.N Jeudi 8 Juin 2017 - 09h14
Adam :  « Nos adversaires ne sont pas les autres candidats »
Lenaïck Adam est le plus jeune candidat à se présenter aux législatives dans la 2e circonscription. Il a reçu l'investiture d'Emmanuel Macron / Photo DR

Le plus jeune candidat aux législatives se présente dans la seconde circonscription. Lenaïck Adam a 25 ans et a reçu l’investiture d’Emmanuel Macron et de la République en Marche. Il voit sa position au sein de la majorité comme une force pour la Guyane.

Vous avez été investi par le Président Macron. Que pensez-vous de ses engagements pour la Guyane ?
Ses engagements sont à approfondir. Il s’est engagé à respecter les accords de Guyane. Les élus de Guyane et la société civile devront se réunir pour définir nos attentes. Il revient aux parlementaires de les lui faire respecter.
Il s’est toujours montré favorable au projet minier de la Montagne d’Or. Et vous ?
Avant de parler de cela, il faut condamner fermement l’orpaillage clandestin et tout ce qui l’accompagne. Découle de là l’idée qu’il faut encourager les orpailleurs guyanais à pouvoir exploiter leurs ressources. Enfin, viennent l’orpaillage en général et la Montagne d’Or. Préserver la forêt c’est bien, mais il faut aussi penser à la jeunesse qui n’a pas de perspectives par manque d’emploi et je pense qu’il faut encourager ce genre d’initiative en ce sens. Je ne suis donc pas contre ce projet mais je m’en remettrai au cadre légal. Il faut une mine éco-responsable qui respecte les règles draconiennes de l’écologie. Il faut aussi consulter les autorités coutumières, le maire de Saint-Laurent et les populations concernées. Si tout cela est fait, il faudra un retour effectif pour les collectivités et des emplois pour les Guyanais.
Et que pensez-vous de sa position par rapport à l’exploitation pétrolière en mer ?
Je suis ferme à ce sujet-là, je ne suis pas du tout d’accord avec lui. Il n’était pas président quand il disait cela. Je ne veux pas arriver à une confrontation, mais à un dialogue qui, je l’espère, mènera à l’obtention d’un permis. C’est une nécessité pour la Guyane.
Outre Saint-Laurent, êtes-vous soutenus dans le restant de la circonscription ?
J’ai fait en sorte d’avoir des comités de soutien. Le parti Guyane Rassemblement est notamment très mobilisé à Kourou et à Macouria et le maire de Kourou aide comme il peut.
Et du côté de la CTG ?
Rodolphe Alexandre me soutient, sa responsabilité est engagée. Nous avons négocié et éclairci certains points. Il est logique pour lui de me soutenir puisque nous sommes de la même famille politique. On n’a pas de soucis. Hélène Sirder me soutient aussi beaucoup. Elle a d’ailleurs été mon mentor lors de mon entrée en politique.
L’une de vos priorités concerne l’hôpital de Saint-Laurent ?
Il faudrait plus de subventions pour le Chog. La Guyane doit s’occuper de ceux qui sont là et mieux réguler les nouveaux arrivants, sans discriminer qui que ce soit. L’idée est de faire de Saint-Laurent une ville transfrontalière. J’ai d’ailleurs rencontré le président du Suriname, M. Bouterse pour évoquer la coopération entre la France et le Suriname. Nous avons notamment parlé des déchets sur les rives du haut Maroni, qui posent un réel problème sanitaire.
Cet hôpital est donc un élément au sein de l’outil de la coopération. Il faudrait que tous les hôpitaux de Guyane fonctionnent comme ça. Il faut aussi élever le Char vers un hôpital universitaire, développer une vraie politique de santé en Guyane et lutter contre le désert médical.

Dans le cas de votre élection, quelles seraient vos premières actions ?
Les Guyanais ont exprimé un besoin de protection. Il n’y a pas de développement économique ou de cohésion sociale sans sécurité. Si je suis député, je devrai revoir l’arsenal juridique de la France pour voir comment on peut le durcir pour que la peur change de camp.
Vous vous orientez donc à droite ?
Sur la sécurité certainement, car la Guyane vit une situation exceptionnelle. Un point sur lequel nous voulons insister c’est la formation des policiers. Les hommes de la brigade anticriminalité (Bac) nous l’ont dit : les policiers ne connaissent pas le code de procédure pénale, donc forcément, des erreurs arrivent sur le terrain. Même Mika Mancée l’a confirmé : comment interpeller un individu si on ne connaît pas la procédure ?
Quelles sont vos autres priorités ?
L’enseignement bien sûr. On a rencontré le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, qui est l’ancien recteur de l’université. Il connaît les difficultés de la Guyane, c’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai pu faire Science politique, c’est lui qui est à la base de la convention d’éducation prioritaire. Dans un premier temps, nous proposons de faire une grande réunion avec les syndicats, les parents d’élèves, les enseignants, les élus et la société civile pour voir comment restructurer l’enseignement en Guyane. Il faut que les jeunes apprennent mieux, c’est l’idée des assistants en langue maternelle, structurer la pensée dans la langue maternelle de l’enfant et la renforcer par le français ensuite. Il faut contraindre l’État à ce qu’il n’y ait plus un jeune dans la rue. L’éducation ne coûte pas cher, ce sont les futurs délinquants qui ont un coût. Il faut constituer le capital humain.
Outre la sécurité, l’éducation et la santé, avez-vous d’autres propositions ?
Nous voulons aussi nous centrer sur l’environnement et l’économie. Nous avons une biodiversité exceptionnelle, des savoir-faire des peuples autochtones et il faut les valoriser. J’aimerais d’ailleurs implanter l’Agence française de biodiversité en Guyane car c’est notre département qui est le plus riche à ce niveau.
Sur le plan de l’économie, il faut travailler sur les zones franches afin de rendre le territoire attractif. Le projet de Macron, c’est mettre le chef d’entreprise au centre, supprimer le régime social des indépendants (RSI) et permettre une exonération fiscale pendant un an aux auto-entrepreneurs.
Le numérique vous tient à coeur ?
Oui, le numérique aura une part très importante parmi chacune de nos priorités. Il permettra de connecter le territoire grâce à la généralisation de la fibre optique au niveau des zones blanches. Le numérique, c’est aussi la sécurité grâce à la vidéo protection, c’est l’ouverture au monde, l’accès à la connaissance au niveau de l’éducation et la santé par la télé médecine.
Pourquoi avoir choisi Véronique Jacaria comme suppléante ?
C’est un choix symbolique. Elle est maire de Saint-Elie, une petite commune enclavée, à l’image de la Guyane. Elle me permet de me pencher sur l’enclavement du territoire et de l’ouvrir grâce au numérique et au niveau terrestre.
Outre votre âge, en quoi vous différenciez-vous ?
C’est la volonté de démontrer à la population qu’on veut travailler à son service et maintenir une transparence grâce à la maîtrise de plusieurs langues (créole, français, portugais, sranatango et anglais). J’ai aussi l’avantage d’appartenir à la majorité, je serai mieux placé pour faire avancer les dossiers de la Guyane. Mais je l’ai toujours dit, nous n’avons pas d’adversaires au sein des candidats. Nos adversaires, c’est le chômage, le manque de structures dans la santé et l’éducation.

Bio Express
Lenaïck Adam a 25 ans, il est d’origine bushinengué, né à Saint-Laurent où il vit aujourd’hui. Il fait sa scolarité à Saint-Laurent jusqu’au bac économique et social. Il enchaîne par un atelier de préparation à Science politique. En 2010, il prépare une revue de presse sur les enjeux récurrents de la question migratoire en France qui lui permet d’entrer à Science Po à Paris. Dans le cadre de ses études, il part un an au Brésil où il intègre l’université de gestion d’entreprise à Rio et apprend le portugais. De retour en France, il fait un master en finance et stratégie d’entreprise.
Il revient en Guyane en 2015 et entre en politique lors des élections à la CTG. Il devient conseiller territorial en charge de l’enseignement supérieur et de la mise en place de la CTG à Paris. Il est aussi directeur d’une société de transport fluvial sur le Maroni.

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3 commentaires

Vos commentaires

Ergo sum 12.06.2017

Elle est belle, la discrimination positive.
L'orpaillage n'apportera aucune solution à la jeunesse de l'Ouest. La jeunesse bushinenge manque de perspectives à cause de son surnombre. Encourager le contrôle des naissances oui, réviser les allocs oui. Rêver l'orpaillage comme voie de développement non.

Il veux mieux réguler les nouveaux arrivants, sans discriminer qui que ce soit.
Effroyable. L'unification de l'Ouest avec le Suriname se précise, sous forme d'un pays nenge. Super, la France payera.

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skol973 08.06.2017

C'est un très bon candidat vu son cursus scolaire.Cependant, je voterai pour RIMANE Davy car ce sera un candidat militant.

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Melville 09.06.2017
Nous avons l'embarras du choix, Skol973

De l’avis de nombreux observateurs, pour ces législatives les candidats, outre leur jeune âge, font montre d’un niveau intellectuel jamais atteint. S’agissant de Lénaïck Adam, il fait à l’évidence partie de ces jeunes guyanais
pétris de talent et avec lesquels il faudra compter. Au nombre de ces jeunes, j’ajoute volontiers, comme vous-même, David Rimane mais aussi Jemetree Guard et, fût-ce dans une moindre mesure, Richard Joigny. Il est important qu’on les voie et qu’on les entende. Nos jeunes sont en panne de modèle positif, avec lesquels ils peuvent s’identifier, se reconnaître et surtout s’élever. On ne répètera jamais assez que de ce point de vue, le quotidien France-Guyane a un rôle considérable à jouer.

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