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Voyage dans le "temple" français du jeu de paume

Dimanche 18 septembre 2016
Voyage dans le "temple" français du jeu de paume
Des joueurs échangent des coups de raquettes dans la salle du Jeu de Paume, l'ancêtre du tennis, le 16 septembre 2016 à Paris - ERIC FEFERBERG (AFP/Archives)

Perché au dernier étage d'un immeuble cossu du 16e arrondissement, le "temple" français du jeu de paume, plus que centenaire, accueille à partir de dimanche et jusqu’au 25 septembre l'Open de Paris, l'un des quatre tournois du Grand Chelem de l'ancêtre du tennis.

Au 74 ter de la rue Lauriston, à côté d'une école de danse et d'une salle de fitness, seules une discrète plaque en laiton et deux raquettes en fer forgé, accrochées au mur, vous assurent que vous êtes au bon endroit.

Mais, une fois dans le hall, difficile de s'imaginer qu'une centaine de puristes perpétuent tout au long de l'année la tradition de ce sport ancestral, né au Moyen-Âge chez des moines français qui jouaient à mains nues, puis prisés par les rois.

"Avant de pousser la porte au deuxième étage, on a encore l'impression de se rendre chez un particulier", affirme Gil Kressman, ancien président du club et expert du jeu.

A l'intérieur, c'est un véritable voyage dans le temps. Boiseries, canapé et fauteuils en cuir ainsi qu'une horloge figée sur 7h20 animent un premier salon, avec vue sur le court, rappelant les clubs de gentlemen anglais.

Les palmarès, écrits au pinceau, ornent les murs. A proximité, le bar-restaurant regorge de trophées en vitrines et d'anecdotes. On raconte ainsi que la Coupe Gould-Eddy, en argent, a été cachée pendant la Seconde Guerre mondiale avant d'être retrouvée en 1963, par hasard au grenier sous un tas de sable.

Des personnalités ont longtemps fréquenté le club comme le peintre Pierre Soulages. On peut encore croiser le romancier et biographe Pierre Assouline et le compositeur François Bernheim au sein de la "Société sportive du jeu de paume et de racquets" restée presque dans son jus depuis sa création en 1908.

- Double verrière Art nouveau -

A l'époque, quelques "paumiers", priés de libérer les salles des Tuileries, devenues un lieu d'exposition d'art contemporain et de photographie, avaient acheté un jardin pour y faire construire un immeuble dédié à ce sport.

Les plans de l'architecte Jules Vieux prévoyaient notamment une salle de billard et des bureaux à l'entresol, deux salles de jeu de paume, des vestiaires, une salle d'hydrothérapie aux premier et deuxième étages.

Seul changement majeur: l'un des deux terrains de paume a été remplacé en 1927 par quatre courts de squash, les premiers créés à Paris.

Le plafond Art nouveau de ferronnerie et de verre, qui culmine à onze mètres et irradie de lumière les joueurs de squash et les "paumiers", tout de blanc vêtus, la tenue de rigueur, est lui toujours là.

"Cette double verrière avait été conçue pour permettre de jouer le plus longtemps possible avec une lumière naturelle à une époque où l'éclairage artificiel était bien moins performant qu'aujourd'hui", souligne Gil Kressman.

- Le plus vieux court à La Bastide-Clairence -

C'est ce qui rend le site unique, dans un sport où chaque terrain a ses propres dimensions. "Pour moi, c'est le court idéal. L'espace permet de servir haut (le fameux servir dit "girafe") et de tenter des lobs, alors qu'ailleurs cela ne passerait pas", souligne Tim Batten, le capitaine de l'équipe de France de la Coupe Bathurst, l'équivalent de la Coupe Davis au tennis, dont la prochaine édition, en avril 2017, se tiendra aussi à Paris.

Il existe trois autres salles en France: au château de Fontainebleau, à Pau et à La Bastide-Clairence (Pyrénées-Atlantiques) qui abrite la plus vieille du monde datant de 1511. Un projet est en cours pour restaurer celle de Chinon (Indre-et-Loire) et une autre devrait rouvrir à Bordeaux.

En comptant celles de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d'Australie, les trois autres nations de paume, il y en a une quarantaine, dont la majeure partie est située en Angleterre, pour 8.000 licenciés au total.

A l'apogée de la discipline, à la fin du XVIe siècle, la France à elle seule aurait disposé de pas moins de 1500 courts, dont 250 dans la capitale.

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