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Ski d'été intensif pour bergers chinois en reconversion en vue des JO-2022

Jeudi 13 septembre 2018
Ski d'été intensif pour bergers chinois en reconversion en vue des JO-2022
Des membres du personnel de l'hôpital de Yanqing en Chine apprennent le ski en vue des JO de 2022, sur un tapis glissant dans un hangar, le 19 août 2018 - WANG ZHAO (AFP)

Dehors, le temps serait plutôt à aller à la plage. Mais dans un hangar de la banlieue de Pékin, d'anciens bergers s'entraînent d'arrache-pied à la pratique du ski alpin, un stage de reconversion pour préparer l'avenir, à l'approche des JO d'hiver de 2022.

Pour Lang Enge et son groupe de 25 éleveurs et agriculteurs, l'heure n'est pas à la détente. S'il se mettent à la glisse, c'est dans l'espoir de retrouver du travail.

Beaucoup de bergers du district rural pékinois de Yanqing ont été avertis par les autorités qu'ils ne pourront plus emmener leur troupeau en montagne, pour cause de patûre excessive.

"Du coup, pratiquement tous les éleveurs de notre village ont vendu leurs bêtes", témoigne M. Lang, qui, à 29 ans, a cédé ses 300 têtes.

Maintenance des remonte-pentes ou des canons à neige, entretien des équipements de ski... Les éleveurs en reconversion feront "tout ce que l'Etat prévoit pour nous", explique-t-il.

A un peu plus de trois ans du grand rendez-vous olympique, le régime communiste a décrété la mobilisation générale: il espère que 300 millions de Chinois se mettront aux sports d'hiver d'ici les JO, soit 10 fois plus qu'aujourd'hui.

Dans la torpeur de l'été chinois, les anciens bergers enchaînent dans le hangar les virages en chasse-neige... sur un large tapis roulant incliné: ici, c'est la piste qui bouge, alors que les "descendeurs" font du sur-place sur ce tapis glissant, arrosé en permanence.

- Les infirmières s'y mettent -

Les autorités locales financent la formation, promettant des emplois liés aux JO.

M. Lang et ses amis espèrent qu'en apprenant à skier, ils trouveront des postes permanents qui leur permettront de vivre au-delà du rendez-vous de 2022.

En attendant, l'ancien berger a décroché un travail temporaire dans la police locale et règle la circulation. D'autres sont devenus chauffeurs de taxi, ouvriers ou vendeurs de voitures, raconte-t-il.

Outre les anciens éleveurs, des médecins et des infirmières tentent de se mettre au ski en salle, bien équipés avec leur casque, des protège-genoux et des protège-coudes.

Pour eux, l'objectif est de pouvoir travailler sur les pistes des JO pour venir éventuellement en aide à des athlètes blessés.

"Ce n'est pas facile pour moi. J'aimerais avoir plus de temps pour être au point", reconnaît Jiang Wei, infirmière à l'hôpital local, avant de se lancer sur la piste synthétique.

Par rapport aux anciens bergers - des montagnards, après tout... -, le personnel médical semble moins à l'aise sur la fausse piste. Médecins et infirmières tendent à se cramponner davantage à la barre horizontale qui sert de protection en bas du tapis.

Mais E Yinchun, l'un des moniteurs, est optimiste. D'ici à 2022, "je pense que les gens que j'ai entraînés seront à la hauteur pour ces professions", assure-t-il.

Pékin va devenir la seule ville du monde à accueillir à la fois des Jeux d'été (2008) et d'hiver (2022).

Certaines épreuves de ski se dérouleront dans le district pékinois de Yanqing, et d'autres dans une province voisine située à plus de 150 km de la capitale chinoise. Elles auront lieu sur de la neige artificielle, la région recevant très peu de neige fraîche.

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