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Paralympiques: plus de titres mais moins de médailles, bilan mitigé pour les Français

Dimanche 18 septembre 2016
Paralympiques: plus de titres mais moins de médailles, bilan mitigé pour les Français
La Française Amélie Le Fur après sa victoire sur 400 m aux Jeux paralympiques, le 12 septembre 2016 à Rio - CHRISTOPHE SIMON (AFP)

Avec neuf titres, la France termine 12e nation des Jeux paralympiques à Rio, pas loin de son objectif de Top 10, mais les athlètes français ont aussi trop souvent échoué au pied du podium et le total de médailles des Bleus est inférieur à celui de Londres en 2012.

Après "quelques moments difficiles au départ", Emmanuelle Assmann, la présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF), est malgré tout une "présidente heureuse".

"Neuf médailles d'or, c'est une belle réussite pour cette équipe qui a toujours été déterminée", déclare-t-elle dimanche lors d'une conférence de presse à Rio de Janeiro, alors que la flamme des Paralympiques s'apprête à s'éteindre.

Encouragée par le ministère des Sports, la délégation française, 16e à Londres en 2012, avait pour objectif d'atteindre le Top 10. Pour Rio, elle avait resserré sa délégation (126 athlètes) pour n'emmener que les meilleurs.

Au final, sa stratégie a été payante puisqu'il y a eu "70% de finalistes", selon Mme Assmann.

Néanmoins s'il y a eu plus de titres paralympiques, la France compte un total de 28 médailles (neuf en or, cinq en argent et 14 en bronze), loin des 45 récoltées en 2012.

Alors que le niveau devient de plus en plus exigeant à chaque édition, elle a terminé quatorze fois en 4e position.

- Marie-Amélie Le Fur, superstar -

La surprise des épéistes, qui terminent premiers en équipe, le sourire de l'athlète Marie-Amélie Le Fur, qui remporte trois médailles, deux en or et une en bronze sur les quatre disciplines auxquelles elle participe, l'or de Damien Seguin à la voile, porte-drapeau en 2012 et pilier de la délégation, le sacre de Nantenin Keita, fille du célèbre chanteur malien, samedi au 400 m... Des belles images resteront néanmoins de ces Jeux.

Surtout que pour la première fois, ils ont été retransmis en direct à la télévision française.

France Télévisions a diffusé sur ses chaînes France 4 et France 2 près de cent heures de compétitions. De quoi faire découvrir au plus grand nombre le sport paralympique et valoriser les performances sportives au même titre que pour les athlètes olympiques.

"Le retour est très positif avec des audiences entre 1,3 et 1,8 million, ce qui est plutôt bien pour cette plage horaire", tardive à cause du décalage horaire.

"On a trouvé le bon ton pour que nos experts puissent prendre la parole et expliquer ce qu'est le mouvement paralympique car d'extérieur, ça peut paraître un peu compliqué", se targue Mme Assmann.

- 'Donner envie' -

Malgré tout, ceci n'aidera pas à avoir "10.000 licenciés de plus", selon Gérard Masson, président de la Fédération française handisport.

"La médiatisation de cette année pourra aider mais là où nous devons être bons c'est en donnant envie aux gens de venir et en répondant à leurs besoins", explique-t-il à l'AFP, soulignant que le mot "handisport" est parfois connoté.

Selon lui, beaucoup de personnes sont découragées car les clubs de sport près de chez elles ne sont pas ouverts à des personnes en situation de handicap ou bien ne proposent que certains sports.

"Dans notre pays et dans nos îles, il y a une pépinière de mômes", dit-il. "Pour aller chercher des médailles, il faut qu'on aide les gens à se rencontrer, qu'ils s'entraînent ensemble, qu'on créé des opportunités n'importe où en France."

Car une fois qu'ils deviennent des athlètes de haut niveau, difficile d'arrêter leurs carrières. Pour preuve les belles médailles de Pierre Fairbank, qui remporte à 45 ans une médaille d'argent et une autre de bronze en sprint fauteuil, et de Robert Citerne, 55 ans, médaillée d'or en épée par équipe.

Après Rio, un nouveau défi attend désormais le mouvement paralympique français: défendre la candidature de Paris-2024.

"Le challenge ça va être de préparer nos équipes pour qu'elles soient performantes chez elle, et pour cela c'est évident qu'on a besoin de moyens", conclut Emmanuelle Assmann, espérant obtenir les Jeux pour avoir "un vrai coup d'accélérateur".

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