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Mort d'un rugbyman d'Aurillac: la justice écarte la commotion cérébrale

Jeudi 08 novembre 2018
Mort d'un rugbyman d'Aurillac: la justice écarte la commotion cérébrale
Les obsèques du joueur d'Aurillac, Louis Fajfrowski, à Fabrègues, le 17 août 2018 - SYLVAIN THOMAS (AFP/Archives)

La justice a finalement conclu que la mort en août après un plaquage de Louis Fajfrowski, jeune joueur d'Aurillac (Pro D2), ne résultait pas d'un choc à la tête, dans un rugby où la santé des joueurs est devenue un sujet de préoccupation majeur.

Le 11 août, lors d'un match amical contre Rodez, le joueur de 21 ans avait été victime d'un plaquage. Sonné, il avait pu se relever avec l'aide des soigneurs avant de se rendre aux vestiaires par ses propres moyens, accompagné d'un médecin.

Mais dans les vestiaires, il avait perdu connaissance à plusieurs reprises et n'avait pas pu être réanimé à l'arrivée des secours, suscitant une immense émotion dans le rugby français.

La première autopsie réalisée n'avait pas permis de déterminer les causes de la mort, le parquet réclamant alors des analyses complémentaires, qui ont été rendues publiques jeudi.

"Ce sont plusieurs facteurs qui ont conduit au décès", a expliqué jeudi à l'AFP le procureur d'Aurillac, Olivier Clémençon, confirmant une information du quotidien régional La Montagne.

Le trois-quarts centre a subi "un traumatisme thoracique précordial, responsable d'une commotion cardiaque létale sur un coeur pathologique".

Le parquet a donc conclu "à une mort accidentelle à la suite et non pas à cause d'un plaquage" subi par le joueur à mi-hauteur, a précisé le procureur, insistant sur le fait qu'il n'y avait pas de faute imputable à qui que ce soit.

Contacté par l'AFP, le Stade Aurillacois n'a pas souhaité réagir. L'équipe avait été bouleversée par sa disparition et les joueurs portent pour toute la saison leur maillot rouge et bleu avec les initiales "LF" brodées au-dessus du logo.

S'en était suivi un énième débat autour du risque de commotions, notamment cérébrales, provoquées par certains chocs, préoccupation croissante qui remet en question les fondamentaux de ce sport de contact.

Ici donc, il ne s'agit pas d'une commotion cérébrale. Et il n'y aura aucune poursuite judiciaire. Mais les questions demeurent alors que le nombre de licenciés de rugby ne cesse de baisser (-5,5% entre 2017 et 2018).

- "Rugby bien joué" -

La faute en partie aux K.O. impressionnants retransmis en direct à la télévision et qui peuvent refroidir les parents de joueurs potentiels. Comme celui en janvier du jeune Clermontois Samuel Ezeala, pour son premier match de Top 14.

Ezeala avait perdu connaissance après avoir heurté tête la première son vis-à-vis du Racing 92 Virimi Vakatawa lancé à pleine vitesse. Les images de ce choc et des draps tendus par le personnel médical pour cacher les détails de l'intervention avaient largement impressionné. Le joueur a vite retrouvé les terrains, ne présentant selon lui plus aucun signe de commotion.

"C'est tant mieux, mais la prochaine fois, (un décès) pourrait arriver", avait alors averti Jean Chazal, neurochirurgien au CHU de Clermont-Ferrand, qui avait participé aux travaux de réflexion médicale de la FFR et de la Ligue avant d'en être écarté début juillet.

Hasard du calendrier, une conférence internationale sur la commotion cérébrale, organisée par l'AS Clermont Auvergne et en présence de Jean Chazal, doit se tenir vendredi et samedi dans la capitale auvergnate.

En août, le président de la Ligue nationale de rugby (LNR) Paul Goze avait déclaré qu'il fallait accélérer la mise en place des mesures protégeant la santé des joueurs.

Quatre d'entre elles, tirées des préconisations de l'Observatoire médical du rugby, sont appliquées cette saison en Top 14 et Pro D2, comme la possibilité d'effectuer jusqu'à 12 changements par rencontre.

En parallèle, la Fédération française de rugby (FFR) a présenté en juin un "plan national de prévention des risques" intitulé "Rugby bien joué", dont la mesure phare est la généralisation du "toucher deux secondes" dans les catégories les plus jeunes afin d'encourager l'évitement au détriment du contact.

Le principe est simple: pas de plaquage, le défenseur doit toucher des deux mains l'attaquant qui a alors deux secondes pour transmettre la balle sous peine qu'elle soit rendue à l'adversaire.

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