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REUTERS 18.03.2010
PARIS (Reuters) - La mort d'un supporter du Paris Saint-Germain, roué de coups le 28 février en marge d'un match de son club contre l'Olympique de Marseille, a relancé jeudi le débat sur les violences dans le football.
Cet homme âgé de 38 ans, frappé par d'autres supporters parisiens, se trouvait depuis la semaine dernière en état de mort clinique dans un hôpital de Clichy (Hauts-de-Seine), où il est décédé dans la nuit, a déclaré le parquet de Paris.
Une autopsie sera pratiquée lundi, a-t-il précisé. La garde à vue de quatre suspects arrêtés mercredi, qui auraient eu un "rôle actif", a été prolongée jeudi pour 24 heures.
Un autre homme a déjà été mis en examen et écroué samedi dernier pour tentative d'homicide volontaire, un chef qui va être requalifié en homicide volontaire.
La victime était un habitué de la tribune "Boulogne" du Parc des Princes, où se retrouvent des membres de groupuscules d'extrême droite. Ses agresseurs présumés fréquentaient la tribune "Auteuil", peuplée de supporters de la banlieue et de membres de groupes d'extrême gauche.
Le club parisien, qui avait déjà arrêté la vente de billets pour les matches à l'extérieur, a annoncé la suspension de toutes les conventions passées avec les associations de supporters.
Son président, Robin Leproux, a promis lors d'une conférence de presse de prochaines "décisions lourdes nouvelles, efficaces, des décisions désagréables pour une partie des supporters mais absolument nécessaires".
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé dans un communiqué que le match de coupe de France entre l'AJ Auxerre et le PSG du 23 mars se jouerait à huis clos.
Philippe Pereira, qui se présente en "porte-parole" des supporters de "Boulogne", a assuré de son côté qu'il n'y aurait pas de représailles de la part de ces derniers.
"Yann n'était pas violent, pas en première ligne quand il est tombé. Il est tombé gratuitement, on n'appelle pas aux représailles. On veut que l'âme de Yann repose en paix", a-t-il dit sur i>Télé.
Le drame renvoie le club à celui de novembre 2006, quand Julien Quemener, supporter de "Boulogne", avait été abattu par un policier qui cherchait à protéger un supporter de Tel-Aviv cible d'une agression antisémite par des fans d'extrême-droite.
HORTEFEUX VEUT LÉGIFÉRER
La Fédération française de football s'est dite dans un communiqué confortée dans "son choix de définir comme une priorité la lutte contre toutes formes de violence dans le football".
La Ligue de football professionnel (LFP) a promis de son côté qu'elle ferait "tout, avec les pouvoirs publics et les clubs, pour éviter que d'autres drames de cette nature ne puissent se reproduire".
Brice Hortefeux a avancé à nouveau l'idée de légiférer sous forme d'amendements lors de l'examen en juin au Sénat de la loi d'orientation pour la performance de la sécurité intérieure, dite Lopsi 2.
Seraient introduites de lourdes amendes, avec des peines de prison pour les récidivistes, et une interdiction de déplacement des clubs de supporters à risques.
"S'il faut dissoudre les groupes de supporters, il y aura des groupes dissous. Il faut que les familles puissent venir assister à un match, vibrer à l'émotion du sport et non pas avec la crainte de troubles", a dit le ministre sur RTL.
Les syndicats de magistrats, très sceptiques, soulignent le risque d'illégalité d'une interdiction de déplacement et ses difficultés d'application pratique.
La loi permet déjà les dissolutions de groupes violents et prévoit des interdictions de stade avec obligation de "pointer" au commissariat aux heures des matches, une mesure faiblement appliquée, malgré des incidents de longue date à Paris.
Brice Hortefeux a cité le chiffre de 662 interdictions de stade actuellement, contre 311 en février, ce qui ne semble pas élevé par rapport aux centaines de milliers de spectacteurs de chaque journée de Ligue 1, dont des dizaines de milliers au PSG.
Dans un entretien avec Reuters, l'ancien président du PSG Francis Graille estime que l'arsenal juridique est suffisant mais peu appliqué, et que l'Etat n'a pas pris le problème suffisamment au sérieux. (voir: )
Thierry Lévêque, Laure Bretton, Julien Prétot, édité par Gérard Bon
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