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La confiance des athlètes dans le système antidopage atteinte par les scandales

Vendredi 11 mai 2018
La confiance des athlètes dans le système antidopage atteinte par les scandales
Conférence de l'Agence mondiale antidopage, le 21 mars 2018 à Lausanne - Fabrice COFFRINI (AFP/Archives)

Les scandales répétés de dopage, notamment celui des Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, ont eu un effet sur la confiance des athlètes, plus méfiants durant les contrôles aux JO de Pyeongchang, ont relevé les observateurs indépendants de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

"Bien que les athlètes étaient coopératifs (...) certains comportements ont révélé des sentiments de scepticisme, de doutes et de craintes", écrivent, dans leur rapport publié jeudi soir, les observateurs indépendants (OI) qui se disent "généralement satisfaits" des mesures antidopage en Corée du sud.

Le scandale de Sotchi quatre ans plus tôt, où les Russes sont accusés d'avoir mis en place à domicile une vaste tricherie via des manipulations des flacons antidopage, "a été un sujet récurrent de conversation parmi les athlètes et leurs entourages, avec des craintes récurrentes qu'un intrus puisse altérer leurs échantillons", poursuivent-ils.

Ce contexte a "alimenté les questions et les doutes de certains athlètes, entraînant une nervosité accrue à l'égard des procédures de contrôle", et plus particulièrement chez les Allemands, plus sensibles à la question car c'est la chaîne de télévision publique allemande ARD qui a révélé plusieurs scandales touchant la Russie, notent les OI.

Les craintes sur la sécurité des flacons, après la révélation de plusieurs incidents avant les Jeux, comme la possibilité qu'ils se cassent, a aussi eu ses effets.

- "Le bouchon a craqué" -

"Les athlètes ont fréquemment remis en cause la sécurité des échantillons (...) Certains ont essayé de resserrer le bouchon des flacons pour s'assurer qu'ils étaient bien fermés (...) même s'ils étaient informés que les bouteilles avaient été remplacées par une version antérieure et plus sûre", écrivent les observateurs. Et de constater qu'"à au moins deux reprises, en présence d'un observateur, l'athlète a serré si fort que le bouchon a craqué"...

"Les discussions avec des athlètes expérimentés ont fait ressortir une frustration générale et la perception que les autorisations d'usage thérapeutique (AUT) font l'objet d'abus. Les AUT sont vues par ces athlètes comme un moyen détourné d'avoir accès à des substances interdites de manière légale", estiment les observateurs. Avec "la perception" que "certains médecins pouvaient facilement valider une AUT" en dépit de l'obligation de passer devant un comité spécifique à Pyeongchang.

Le rapport souligne que les 24 demandes d'AUT précédant les Jeux et les 13 pendant la compétition ont toutes été acceptées, soit un total de 37 (1,2 % des athlètes), inférieur aux 69 cas enregistrés à Sotchi.

Sur 3.189 contrôles pratiqués pendant les Jeux, il y a eu 15 contrôles anormaux, dont 6 ont abouti à des violations des règles antidopage, les autres étant couverts par des AUT ou d'autres circonstances.

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