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L'ascension du cricket afghan, des camps du Pakistan aux terrains londoniens

Dimanche 16 juillet 2017
L'ascension du cricket afghan, des camps du Pakistan aux terrains londoniens
Des réfugiés du camp de Khurasan en Afghanistan jouent au cricket, le 6 juillet 2017 - ABDUL MAJEED (AFP)

Ils n'ont ni terrain, ni tenue, ni casque, ni gant, mais ces jeunes Afghans jouent avec ardeur sous le soleil impitoyable de Peshawar, au Pakistan.

Les camps de réfugiés poussiéreux de l'ouest du Pakistan sont à mille lieux du prestigieux gazon londonien où l'équipe afghane a fait ses premiers pas cette semaine, mais c'est là que le pays en guerre s'est pris d'amour pour le cricket.

Tout a commencé quand des Afghans fuyant les combats ont commencé à traverser la frontière par millions il y a quatre décennies, pour s'installer au Pakistan. Dans cette ex-colonie britannique déjà gagnée par la fièvre du cricket, les réfugiés ont été contaminés et ont ramené leur passion au pays.

L'admission de l'Afghanistan au sein de l'élite mondiale, les nations Tests, illustre l'ascension fulgurante de ce sport dans le pays. La pluie qui a interrompu mardi le match sur le terrain de Lords, verdoyante Mecque du cricket, n'a pas douché les espoirs.

"J'espère bien être sélectionné", souffle un lanceur de 17 ans, Arshad Khan, originaire du Nangarhar dans l'est afghan, qui s'entraîne à Peshawar.

Avant lui, toute une génération d'Afghans ayant grandi au Pakistan ont intégré la culture locale du cricket, les parties à tous les coins de rues et les stars à la télévision, soutenant l'équipe pakistanaise avant de se mettre à rêver de la leur.

Nombre de joueurs de l'équipe nationale "vivaient dans des camps de réfugiés, à Kacha Garhi, à Shahkas, à Pabbi et Jalozai, et jouaient là-bas avec des balles de tennis", explique Abdul Wahid, un joueur de 35 ans, qui a lui-même failli être sélectionné. Il entraîne pour le moment de jeunes réfugiés dans les camps.

C'est dans les clubs de Peshawar qu'ils ont découvert le véritable cricket à balle dure, se souvient-il. "Avant, on applaudissait l'équipe pakistanaise, maintenant on a la nôtre".

- 'L'équipe des volailles' -

Au Gymkhana, principale académie de cricket de la ville, sont toujours affichées les photos de stars afghanes, comme Muhammad Shahzad, datant de l'époque où il jouait dans les clubs de Peshawar.

"Les joueurs afghans faisaient la beauté du sport", estime Asghar Khan, un entraîneur pakistanais, ancien président de la fédération de cricket locale.

Il égrène de grands noms afghans du cricket, de Mohammad Nabi à Asghar Stanakzaï, le capitaine de l'équipe nationale, soulignant qu'ils ont tous fait leur apprentissage à Peshawar et que nombre d'entre eux ont débuté dans les camps.

Un entraîneur de la fédération pakistanaise de cricket, Faridullah Shah, se souvient de la détermination forcenée de ces joueurs.

"Ils travaillaient comme main d'oeuvre la journée puis venaient jouer au cricket ici. Il y avait une équipe d'Afghans, surnommés la +volaille+ car beaucoup tentaient de survivre en vendant des poulets", raconte-t-il.

Ils ne pouvaient pas toujours s'acheter l'équipement, mais s'entraînaient tous les jours, se souvient M. Shah. "Ils étaient extrêmement motivés - plus que nos joueurs - et c'est ce qui a fait leur succès".

"Les Afghans apprennent vite", renchérit un sélectionneur pakistanais de l'académie Islamiya, Qazi Shafiq.

"L'un des joueurs de l'équipe nationale afghane m'a dit qu'il avait emprunté de l'argent pour venir s'entraîner ici (à l'académie) et qu'ensuite, il ne pouvait plus s'offrir qu'un paquet de biscuits à 10 roupies (8 centimes) par jour pour survivre", dit-il.

- Restrictions -

Mais de moins en moins de joueurs de cricket afghans sont formés dans les académies de Peshawar. Le Pakistan a lancé l'an dernier une campagne de rapatriement controversée, conduisant des centaines de milliers de réfugiés à repartir chez eux.

Les joueurs sont aussi touchés par de nouvelles restrictions imposées à la fois par Islamabad et Kaboul -- reste à voir quelles en seront les conséquences sportives.

En Afghanistan, le régime taliban voyait d'un mauvais oeil le cricket comme toutes les autres distractions et, seize ans après avoir été chassés du pouvoir, les insurgés islamistes sont en pleine résurgence.

Mais l'enthousiasme avec lequel les Afghans ont salué leur statut de nation Test et suivi le match à Londres laisse espérer un meilleur avenir pour la discipline.

La fièvre du cricket semble se propager jusque chez les combattants talibans.

"Maintenant, non seulement ils suivent le cricket à la radio, mais ils jouent aussi quand ils ont du répit", indique un commandant insurgé à l'AFP.

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