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REUTERS 18.03.2010
PARIS (Reuters) - Francis Graille, président du Paris Saint-Germain de 2003 à 2005, estime que le Parc des Princes a été abandonné aux supporters et exhorte l'Etat à s'impliquer davantage pour résoudre le problème de la violence.
La mort jeudi d'un supporter du PSG, roué de coups le 28 février en marge d'un match de son club contre Marseille, a relancé le débat sur les violences dans le football.
Dans un entretien à Reuters Télévision enregistré mardi dernier, Francis Graille rappelle que l'origine historique de la rivalité entre les tribunes "Boulogne" et "Auteuil" est une initiative de Canal+, propriétaire du club entre 1991 et 2006.
"La tribune Boulogne était raciste et se disait une tribune blanche. Les dirigeants de l'époque se sont dit qu'il fallait créer un tribune multicolore, c'est de là qu'est née Auteuil", raconte-t-il.
"Ils ont créé un association de supporters, les Supras d'Auteuil qui étaient censés donner une autre image, pour montrer que Paris ce n'était pas que les 'skins' de Boulogne", ajoute-t-il.
Conséquence inattendue, cette initiative de Canal+ a débouché sur des affrontements entre fans des deux tribunes, à partir de 2002-2003.
Francis Graille pense que l'origine en est la célébration provocatrice du dixième anniversaire des "Supras" mais, pour lui, le problème est ailleurs.
"Petit à petit, on a abandonné le stade aux supporters, ils se sont accaparés une partie du spectacle", explique-t-il.
"On pense que le phénomène est conjoncturel, qu'on peut l'éradiquer comme cela, on compte sur les présidents de clubs. Mais si l'Etat ne prend pas le problème à sa charge, c'est pas en interdisant 300 personnes de stade qu'on va arriver à éradiquer le phénomène", estime-t-il.
SANCTIONS PAS UTILISÉES
La police n'a plus accès au stade depuis des incidents survenus entre supporters et policiers dans une tribune et c'est donc au PSG qu'incombe aujourd'hui le maintien de l'ordre dans l'enceinte du Parc des Princes.
Francis Graille pense qu'il faut revenir sur ce point : "Je ne suis pas à tout prix pour que la police revienne dans les stades, mais s'il le faut, il faut qu'elle soit là".
"Il faut aussi qu'on ait d'énormes moyens d'investigation, il faut que les gens soient repérés et interdits de stade définitivement et pas pour des périodes de trois mois", ajoute l'ancien président.
Selon lui, les sanctions ne sont pas assez utilisées. "On n'a pas besoin de multiplier les lois, il faut les faire appliquer, je crois qu'elles ne sont pas appliquées".
Francis Graille se prononce également pour le système de la carte d'identité de supporter, qu'il avait vainement proposé.
"Il me semblait que si j'étais responsable, je devais savoir de qui. On m'avait parlé de procédés fascisants, on m'accusait de vouloir fliquer les gens. Aujourd'hui on y revient et on a perdu cinq ans", déplore-t-il.
"Quand vous êtes au milieu d'une foule vous pouvez faire n'importe quoi, quand on sait qui vous êtes, vous ne pouvez plus vous permettre d'avoir des agissements contraires à la loi", estime-t-il.
Laurent Hamida avec Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse
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