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Europa League: pourquoi Marseille est folle de foot

Mardi 15 mai 2018
Europa League: pourquoi Marseille est folle de foot
Supporters de Marseille en route pour le stade avant la demi-finale retour de l'Europa League à Salzbourg, le 3 mai 2018 - JFK (EXPA/AFP/Archives)

Le retour en finale européenne de l'OM a réveillé l'amour de Marseille pour son équipe de foot. L'histoire, la revanche de la ville rebelle et un sens de la transmission nourrissent cette passion qui ne dort jamais d'un sommeil bien profond.

Des enfants en maillots blancs, des mémés en écharpe de l'OM, des drapeaux dans toute la ville, "Thauvin", "Payet" ou "la coupe" dans toutes les conversations de bar ou de bus, Marseille est surexcitée.

- Une longue histoire

"Il ne faut surtout pas croire que ça date d'aujourd'hui, ni de 1993, ni même de 1971 le premier titre que moi j'ai vu adolescent", explique à l'AFP Mario Albano (60 ans), qui suit l'OM depuis 1983, pour Le Provençal puis La Provence.

Le coup de foudre remonte à 1924, "des centaines de milliers de gens attendaient les joueurs au pied de la gare Saint-Charles après leur victoire en Coupe de France", explique le journaliste, la première d'un club non parisien.

Comme d'autres, ce public vole aussi au secours de la victoire, des dizaines de milliers de Marseillais ont juré qu'ils étaient de ce fameux match de D2 contre Forbach de 1965, avec 434 spectateurs, l'étiage du Vélodrome. Mais la passion reflambe avec une simple allumette.

Depuis un siècle à Marseille on ne dit pas: "Je vais au foot (ou au stade)", mais: "Je vais à l'OM".

- "Un ciment"

Car l'OM "garde un rôle de ciment, de liant, dans une ville où il y a des inégalités sociales et territoriales très importantes", explique à l'AFP Ludovic Lestrelin, sociologue spécialisé dans l'étude du public de l'"Ohème".

Le Vélodrome est un creuset sans pareil, et l'OM "un sujet de conversation qui relie le Marseillais le plus pauvre et l'avocat qui vit dans le 8e arrondissement", ajoute Lestrelin.

L'identification est très importante. Pour l'historien de l'OM Gilles Castagno, auteur d'une monumentale encyclopédie sur le club, "les Marseillais ont besoin d'une star à aduler. On le voit à chaque fois que Mandanda fait un grand arrêt, avec Drogba en 2004 ou Luiz Gustavo aujourd'hui, qui a sa chanson dès sa première saison".

"Et cette équipe donne envie d'être aimée, note Castagno, elle est à l'image de Marseille, combative avec deux, trois vedettes, disons Payet, Thauvin et Luiz Gustavo."

- "Revanche symbolique"

"L'OM devient aussi peu à peu la fierté de la ville, avance Lestrelin. La bascule date des années 1980, le foot va avoir une fonction de compensation face au déclin économique, et offrir un peu de revanche symbolique pour une ville qui a mauvaise réputation une façon d'être premier."

De nos jours, le fait que "le PSG soit ultra-rayonnant économiquement et sportivement, inatteignable, accentue le désir de montrer que la ferveur, c'est à Marseille qu'elle reste la plus importante", poursuit-il.

Les fans sont très fiers de leur supportérisme unique en France, structuré, depuis 1984 pour le précurseur Commando Ultra, jaloux de leur indépendance et volontiers frondeur vis-à-vis de la direction.

Lens ou Saint-Étienne sont aussi des villes de foot, mais l'OM concerne "une aire urbaine énorme et a un public extra-local aussi", ajoute le sociologue.

- Une transmission sans égale

Enfin toute cette histoire d'amour dure car elle se transmet.

"Le bonheur d'aujourd'hui, les gens qui avaient connu ça sont contents de le retrouver, les plus jeunes sont content de vivre un bonheur qu'on leur a raconté", explique Mario Albano.

Lui avait 13 ans pour le doublé de 1971, et "les gens de ma génération étaient contents de revivre ce qu'on leur avait raconté, c'est une transmission de père en fils", ajoute-t-il.

Et dans ce port terre d'adoption depuis 2600 ans, "pour les gens qui viennent habiter ici, leur passeport c'est aussi d'être supporter de l'OM. Enfin c'est leur tour", conclut le journaliste.

"Il y a à l'OM cette culture de la transmission, raconte Franck Sauzée à l'AFP, leur père voire leur grand-père ont vécu 1993, mais les jeunes savent tout ça, la tête de Boli, etc."

Cet élan qui a poussé l'OM à disputer une cinquième finale européenne. "Mais qui a fait ça en France? demande Sauzée. Ce club est exceptionnel, il ne meurt jamais".

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