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Cyclisme: Bruno Giannelli, dernier gregario de "Gino le Juste"

Mardi 15 mai 2018
Cyclisme: Bruno Giannelli, dernier gregario de "Gino le Juste"
L'Italien Bruno Giannelli, coéquipier de la légende Gino Bartali, pose avec un vélo Legnano, à Florence, le 12 mai 2018 - MARCO BERTORELLO (AFP/Archives)

A 93 ans, Bruno Giannelli monte encore tous les jours sur son vélo pour une quinzaine de kilomètres autour de Florence, là où il a rencontré il y a près de 70 ans le grand Gino Bartali, dont il a été pendant trois ans l'équipier, le "gregario".

"C'était en 1950, j'avais 25 ans. J'étais un coureur amateur et j'ai rencontré Bartali, qui m'a invité pour un entraînement. On est partis pour un aller-retour Florence-Sienne, par une chaude après-midi d'été. C'était comme un test", raconte à l'AFP ce vieux monsieur à la mémoire claire, qui est le dernier équipier encore en vie du grand champion italien.

"Au retour, on a parlé du monde professionnel. Il m'a fait une offre et je l'ai acceptée", ajoute celui qui dans l'ombre de "Gino le Pieux" a couru Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Nice et trois Tours d'Italie qu'il a tous finis.

Cette année, le Giro est parti d'Israël et a ainsi convoqué de façon particulière la mémoire de Bartali, vainqueur de deux Tours de France (1938, 1948) et de trois Tours d’Italie (1936, 1937, 1946).

Car en 2013, Bartali, mort en 2000, avait reçu à titre posthume le titre de "Juste parmi les Nations" pour son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale. Et car il a cette année obtenu la nationalité israélienne.

De 1943 à 1945, prétextant de longues sorties d'entraînement entre Toscane et Ombrie, jusqu'à Assise d'où partira mercredi la 11e étape du Giro, Bartali a en effet transporté des papiers d'identité et des faux documents, cachés dans son vélo ou sous sa selle, contribuant à sauver plusieurs centaines de juifs.

De cette histoire, comme à peu près tout le monde jusqu'à la fin du siècle dernier, Bruno Giannelli ne savait rien à l'époque où il accompagnait Bartali en course, restant aux côtés du champion pour le protéger ou lui céder son vélo en cas d'incident.

- "Pas des Garibaldi" -

"Sur ce sujet, rien, rien, rien. Jamais un mot dans nos conversations", assure-t-il. "Il était très religieux et avant chaque course, avant d'aller au départ, il allait à l'église. Ca, oui, il en a toujours parlé. Mais le reste, les juifs, la politique, non jamais.".

Le reste, Bruno Giannelli l'a appris plus tard, quand après quatre ans au service de Bartali, il a repris sa vie de plombier, travaillant pour les plus beaux musées de Florence, mais aussi pour... Bartali.

"Je suis souvent intervenu chez lui, pour de nombreux travaux dans ses différentes propriétés. J'ai eu une relation continue avec lui, jusqu'à sa mort", raconte-t-il.

Dans le petit musée installé à Ponte a Ema, en bordure de Florence, Giannelli et les gardiens de la mémoire de Bartali installent dans un vieux magnétoscope la cassette d'un discours de l'ancien champion lors d'une fête organisée pour ses 80 ans, en 1994. Pour montrer que les gens de la région savaient le rôle joué par Bartali pendant la guerre, mais qu'ils respectaient sa volonté de ne pas en faire un sujet public.

"Pourquoi raconter des choses qui ne sont pas intéressantes ? Pourquoi parler des Juifs, des fascistes, des communistes, des socialistes, des Anglais (en référence à 49 soldats qu'il a contribué à sauver, ndlr) ? Ca n'a pas d'intérêt de raconter tout ça. Ce sont des choses qui doivent rester cachées", déclare Bartali sur cette vidéo tremblante.

"Nous ne sommes pas des Garibaldi. Ca ne sert à rien de nous faire des statues de trois mètres de haut. Nous sommes des athlètes, des sportifs. Pour notre génération, tant que nous serons en vie, nous serons des grands. Mais ensuite on sera minuscules", ajoute-t-il.

Pour Bruno Giannelli, Bartali était simplement "un homme de foi, un homme bien, avec des principes". Et sur le vélo ? "C'était une autre cylindrée, un 500cc, alors que nous étions des 250cc", sourit-il avant d'évoquer le Tour d'Italie en cours.

"Je suis toujours impatient que 14h arrive et que je puisse regarder le Giro. De 14h à 18h, ce sont les quatre plus belles heures pour moi."

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