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Bastia-Lyon: les joueurs face à une violence rare

Lundi 17 avril 2017
Bastia-Lyon: les joueurs face à une violence rare
Le poretier lyonnais Anthony Lopes est retenu par des membres de la sécurité lors d'échauffourées à Bastia, le 16 avril 2017 - PASCAL POCHARD-CASABIANCA (AFP)

"Sur le coup, on a peur": agressé par des supporteurs en 1994, l'ancien Monégasque Luc Sonor, comme d'autres anciens joueurs professionnels, souligne la gravité des violences qu'ont subies les joueurs lyonnais à Bastia dimanche, même si elles restent rarissimes.

Cette rencontre comptant pour la 33e journée de Ligue 1 a été arrêtée après deux envahissements de terrain et l'agression de joueurs de l'OL, dont trois (Anthony Lopes, Mathieu Gorgelin et Jean-Philippe Mateta) ont porté plainte contre X pour violence en réunion dans une enceinte sportive.

. "Ça commence à devenir grave"

"Heureusement, il n'y a pas eu de blessé, mais on ne sait plus comment faire pour éradiquer cette vague de débordements", déplore Luc Sonor auprès de l'AFP.

"On a toujours été habitués à des endroits chauds, pas seulement en France, et les joueurs savent à quoi s'en tenir", indique à l'AFP le président du syndicat des joueurs pros (UNFP), Philippe Piat.

"Pour être footballeur professionnel, il faut un certain courage et savoir se concentrer sur son match. Mais hier (dimanche), on est passé à un palier supérieur. Si les joueurs commencent à avoir peur pour leur intégrité physique, ça commence à devenir grave", souligne-t-il.

"On connaît les contextes chauds, avec des supporters hostiles", abonde auprès de l'AFP Steve Marlet, ex-international et actuel directeur sportif du Red Star (L2). "J'ai connu des clasicos (matches entre Marseille et Paris) chauds, comme celui du retour de Fiorèse et Déhu au Parc, ou un match très tendu à Olympiakos avec Lyon. Mais de là à ce qu'il y ait de tels débordements... je n'avais jamais vu ça en pro".

. Quelles suites ?

"Il faudrait une réunion au plus haut niveau, avance Philippe Piat. D'habitude, il y a des bagarres entre supporters. Là, on est passé un degré au dessus, avec des joueurs agressés, c'est inacceptable".

"Dans le passé, il y a eu des sanctions de huis clos total ou partiel, de points en moins, avec ou sans sursis... Ces sanctions existent mais n'aboutissent pas au respect. Il faut passer à la vitesse supérieure".

Pour Steve Marlet, la Ligue (LFP) "est allée au bout des sanctions, c'est la quatrième ou cinquième fois qu'ils voient le même club. Il faudrait un ultimatum pour que Bastia fasse le nécessaire, comme l'avait fait le PSG avec ses ultras" avec le plan Leproux de 2010.

. Le précédent de 1994

Le 26 novembre 1994 en championnat, le match Bastia-Monaco avait lui aussi donné lieu à des intrusions de supporters sur le terrain agressant des joueurs. Arrêté temporairement, le match était allé à son terme (2-2). La victoire avait été attribuée sur tapis vert à l'ASM et Bastia avait été sanctionné d'un match sur terrain neutre.

"Il y avait eu une coupure d'électricité, et on n'a rien compris: on a vu une partie du public déferler sur le terrain. Sur le coup, on a peur, on ne fait pas le malin", raconte Luc Sonor.

"On m'a tiré sur la queue de cheval et j'ai reçu deux coups de poing derrière l'oreille, tout le monde a pris. Il y a eu des coups mais c'était rapide. Le président (de Monaco) Campora lui-même s'était fait taper. Sur le moment, on pense à notre famille, qui est devant la télé et qui se demande ce qui se passe. Je me suis dit: +Non, on ne va pas mourir sur un terrain de foot. On va prendre des coups et rentrer chez nous+", se souvient Sonor.

"Les dirigeants corses ont été réactifs en nous faisant vite rentrer aux vestiaires, et les joueurs bastiais ont été exemplaires, à part Laurent Moracchini", qui d'un coup de tête a cassé le nez d'Eric Di Meco, rappelle l'actuel commentateur TV.

. Quel effet sur les joueurs ?

Luc Sonor reconnaît que ce type d'incidents, par la suite, "bien sûr qu'on y pense". Mais on n'a pas été si traumatisés: après, on en rigolait. Quelque part, ça renforce mentalement".

L'éventualité d'un envahissement de terrain dans une ambiance bouillante, "je ne me suis jamais soucié de ça", dit Steve Marlet, qui a "toujours été motivé par ce genre de contexte".

"Ce qui est positif, c'est que les joueurs ont fait front collectivement contre ces débordements qu'ils condamnent", souligne aussi Philippe Piat.

Pour que les Lyonnais puissent surmonter cette épreuve, selon lui, "il faut faire une enquête approfondie pour établir les responsabilités, et que les mesures prises soient de nature à rassurer les joueurs pour le futur. Sans être certain que la plaie se referme".

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