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Venezuela: l'opposition lance une consultation populaire contre Maduro

Vendredi 14 juillet 2017
Venezuela: l'opposition lance une consultation populaire contre Maduro
Manifestation contre le président Maduro à Caracas, le 13 juillet 2017 - FEDERICO PARRA (AFP)

L'opposition vénézuélienne organise dimanche une consultation populaire symbolique contre le président Nicolas Maduro et son projet de refonder la Constitution, après plus de trois mois de manifestations violentes dans ce pays englué dans une crise politique.

Présenté comme un acte de "désobéissance civile", ce vote qui se déroulera sans l'aval des autorités a pour but, explique l'opposition, de matérialiser le rejet par la population de la future Assemblée constituante.

Selon l'institut de sondages Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% dénoncent la gestion du chef de l'Etat d'un pays en partie paralysé et traumatisé par plus de trois mois de manifestations violentes qui se sont soldées par 92 morts.

En face, afin de ne pas laisser l'opposition occuper tout le terrain, le gouvernement a invité dimanche les citoyens à venir tester les machines de vote qui seront mises en place le 30 juillet, et à bénéficier d'informations sur ce scrutin.

L'Assemblée constituante voulue par le chef de l'Etat, et dont les 545 membres seront élus le 30 juillet, aura pour mission de modifier la Constitution en vigueur pour assurer, selon lui, la stabilité politique et économique.

Ce projet est fermement rejeté par les antichavistes - du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013 - qui y voient une façon de contourner l'Assemblée nationale élue où l'opposition est majoritaire depuis 2016 après 17 ans de domination chaviste.

En signe de contestation, ceux-ci ont donc organisé la consultation populaire symbolique sur cette Constituante dans 1.600 bureaux de vote à travers le pays.

"J'en ai marre, je suis fatiguée de ne pas trouver de nourriture, de médicaments, mon salaire ne suffit pas. Nous luttons pour le pays que nous voulons", a déclaré à l'AFP une infirmière de 29 ans, préférant rester anonyme.

La crise politique survient sur fond de chute depuis 2014 des cours du pétrole qui frappe de plein fouet l'économie, dont 95% des devises proviennent de l'exportation de l'"or noir". Le Venezuela dispose des plus importantes réserves de la planète.

- Des présidents 'observateurs' -

"Une mission de cinq anciens présidents arrivera samedi en tant qu'observateurs internationaux" de la consultation symbolique de l'opposition, selon l'élue de l'opposition Maria Corina Machado, citant le Mexicain Vicente Fox, les Costariciens Laura Chinchilla et Miguel Angel Rodriguez, le Colombien Andres Pastrana et le Bolivien Jorge Quiroga.

L'ONU a exhorté vendredi les autorités "à respecter les souhaits de ceux qui veulent participer" à cette consultation populaire.

Au même moment, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) a publié des chiffres de demandes d'asile déposées par des Vénézuéliens: elles se sont envolées ces derniers mois, avec 52.000 demandes enregistrées depuis janvier, soit plus du double de celles recensées l'an dernier.

- Fêlures et critiques -

Pour la coalition d'opposition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit), la consultation populaire de dimanche sera le "détonateur" de la dernière phase de la mobilisation qui vise à forcer Nicolas Maduro à quitter le pouvoir. Elle n'écarte pas non plus la possibilité de convoquer une grève générale.

"On peut être en colère contre la révolution car certaines choses ne marchent pas. On s'est laissé acculé par la droite, mais nous allons tous voter car nous sommes des révolutionnaires", a lancé un des dirigeants des jeunes chavistes Steven Marquez.

Le camp gouvernemental a toutefois laissé entrevoir quelques fêlures avec les prises de position critiques de la procureure générale Luisa Ortega, une chaviste entrée en dissidence et menacée d'un procès qui pourrait conduire à sa destitution.

Pour l'analyste Benigno Alarcon, si la consultation organisée par les antichavistes "n'est pas légalement contraignante", elle l'est en revanche "politiquement".

"Il sera très compliqué pour le gouvernement de donner une viabilité politique à une Constituante qui naîtrait avec une abstention très forte, par opposition à une consultation qui pourrait avoir une participation très élevée", ajoute-t-il.

L'Eglise catholique est également montée au créneau, dénonçant "l'inscription dans la Constitution d'une dictature militaire, socialiste, marxiste et communiste", appelant M. Maduro à renoncer à son projet.

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