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Trump avertit de frappes imminentes en Syrie

Mercredi 11 avril 2018
Trump avertit de frappes imminentes en Syrie
Donald Trump lors d'une réunion de cabinet à la Maison Blanche, à Washington, le 9 avril 2018 - NICHOLAS KAMM (AFP)

Les missiles "arrivent": Donald Trump a averti mercredi d'une riposte occidentale imminente au bombardement chimique présumé en Syrie, portant la tension avec Moscou à son sommet depuis le début de cette crise.

"La Russie jure d'abattre n'importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et 'intelligents!' Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela", a tweeté le président des Etats-Unis, au lendemain d'un veto russe à l'ONU à un projet de résolution américain.

En appui au président, le Pentagone s'est dit "prêt" à présenter des options militaires pour frapper en Syrie.

Face à ces menaces de plus en plus précises, le régime de Bachar al-Assad, accusé d'être l'auteur d'une attaque chimique présumée le 7 avril, a évacué des aéroports et des bases militaires, selon une ONG.

Cette perspective d'une action militaire des Américains, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s'inscrit dans un contexte extrêmement difficile entre l'Occident et la Russie. Les relations sont déjà passablement dégradées par l'affaire de l'ex-espion Sergueï Skripal, empoisonné par un agent innervant en Angleterre le 4 mars.

Des tensions symbolisées par un dialogue diplomatique de sourds à l'ONU. Mardi, Moscou a opposé son veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution américain visant à créer un mécanisme d'enquête indépendant sur le recours aux armes chimiques en Syrie.

La Bolivie, qui s'était rangée du côté de la Russie pour ce vote, a demandé la tenue jeudi d'une réunion du Conseil de sécurité sur "l'escalade récente de la rhétorique concernant la Syrie et la menace d'employer des actions unilatérales".

Signe de la complexité d'un conflit aux multiples acteurs, la Russie a appelé Israël --accusé d'avoir mené un raid lundi contre une base aérienne syrienne-- à "s'abstenir de toute action qui déstabiliserait encore plus la situation" en Syrie.

- Situation "très tendue" -

Dans ses tweets matinaux, Donald Trump s'en est vivement pris à la Russie, soutien indéfectible du régime syrien accusé d'être responsable de l'attaque "aux gaz toxiques" à Douma, près de Damas, qui a fait plus de 40 morts.

Jugeant la situation "très tendue", le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit espérer "que toutes les parties vont éviter tout acte qui ne serait en réalité en aucun cas justifié".

L'ambassadeur russe au Liban Aleksander Zasypkin s'est fait menaçant sur la chaîne Al-Manar, basée au Liban et gérée par le Hezbollah chiite libanais: "En cas de frappe américaine (...), les missiles seront détruits, de même que les équipements d'où ils ont été lancés".

M. Trump a aussi déploré que les relations entre les Etats-Unis et la Russie soient "pires aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide".

Un constat d'échec pour le président américain qui avait fait de la relance des relations avec la Russie un des grands objectifs de sa politique étrangère.

- Riposte occidentale -

Dans ce contexte, la Turquie, autre acteur-clé dans le conflit syrien, a exhorté Moscou et Washington à cesser leur "bagarre de rue", tandis que les éléments d'une riposte coordonnée entre Occidentaux se mettaient en place.

La France annoncera "dans les prochains jours" une "décision" en accord avec les alliés américain et britannique, a dit le président français Emmanuel Macron, assurant que les bombardements viseraient "les capacités chimiques" du régime de Damas.

"Nous allons travailler avec nos alliés les plus proches sur la manière d'assurer que les responsables rendent des comptes", a confirmé mercredi la Première ministre britannique Theresa May, en dénonçant l'"attaque barbare" de Douma.

Au Conseil de sécurité, deux projets n'ont pas réuni suffisamment de voix pour être adoptés.

L'ambassadeur de Russie aux Nations unies Vassily Nebenzia a justifié le 12e veto russe en sept ans d'un conflit qui a fait plus de 350.000 morts par la volonté de "ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures".

- Enquête -

L'Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC), organisme dont le mandat est d'enquêter sur une attaque présumée mais pas d'en identifier les responsables, a annoncé mardi l'envoi "sous peu" d'une équipe en Syrie pour faire la lumière sur ce qui s'est passé à Douma.

Selon les Casques blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 personnes ont été tuées dans ce dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, tandis que plus de 500 blessés ont été soignés notamment pour des "difficultés respiratoires".

L'OIAC a été invitée par Damas qui, comme Moscou, nie toute attaque chimique.

Face au risque d'attaques, l'armée syrienne a évacué des aéroports, des bases militaires ainsi que les bâtiments du ministère de la Défense et de l'état-major à Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG qui centralise des informations sur le pays.

Mais dans les rues de Damas, des Syriens semblaient rester de marbre face aux menaces.

"Personne n'a peur d'une frappe", lance sur un ton de défi Amal, ingénieure de 27 ans. "On sait que tout ce qu'ils font, c'est pour miner (...) l'engagement de l'armée qui libère les régions" tenues par la rébellion.

burs-iba/elm

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