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Syrie: mort et dévastation au 5e jour de raids du régime sur un fief rebelle

Vendredi 09 février 2018
Syrie: mort et dévastation au 5e jour de raids du régime sur un fief rebelle
Des colonnes de fumée s'élèvent de Jisrine dans l'enclave rebelle syrienne de la Ghouta orientale après des raids aériens du régime, le 8 février 2018 - ABDULMONAM EASSA (AFP)

Les raids du régime syrien ont repris de plus belle vendredi sur l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, au cinquième jour d'une campagne aérienne qui a tué plus de 230 civils et révélé de nouveau au grand jour l'impuissance internationale face à cette guerre.

Après un bref répit, les bombardements ont visé plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés quelque 400.000 habitants dans des conditions humanitaires dramatiques, selon des correspondants de l'AFP.

Depuis lundi, des milliers de familles ont trouvé refuge dans des abris de fortune, alors que médecins et secouristes sont débordés par l'afflux de victimes avec des bilans quotidiens de dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants.

Malgré ces violences, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU n'ont pas réussi jeudi à répondre à l'appel à une trêve humanitaire réclamée par les agences de l'ONU pour permettre la livraison d'aides d'urgence.

Profitant d'un calme de quelques heures, des habitants à Douma et Hammouriyé ont nettoyé les gravats devant leurs maisons ou leurs magasins. D'autres ont tenté de sauver leurs affaires au milieu des destructions ou cherché à faire des provisions en achetant ce qu'ils ont pu trouver dans les marchés locaux.

En milieu de matinée, des annonces dans les haut-parleurs des mosquées fusent pour mettre en garde contre des frappes: "un avion dans le ciel. Evacuez les rues".

Les raids ont visé les localités d'Arbine et de Douma, où six civils ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis lundi, 235 civils dont une soixantaine d'enfants ont péri dans le déluge de feu déversé par le régime sur la Ghouta orientale, a indiqué l'ONG. Des centaines ont été blessés.

- 'Dégradation insoutenable' -

Selon CARE International, les raids ont rendu difficile la mission des organisations locales, dont l'accès aux "personnes vulnérables.

"S'il n'y a pas de cessez-le-feu, si tout cela n'est pas entendu, nous ne pouvons imaginer l'ampleur de la catastrophe humanitaire" à venir, a averti Joelle Bassoul, responsable de la communication pour la Syrie à l'ONG.

La Ghouta est censée faire partie de quatre zones dites de "désescalade" instaurées en vertu d'un accord parrainé par la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, pour réduire les combats et la violence dans le pays.

Mais les bombardements dans cette région, qualifiés des plus violents depuis le début de la guerre par des habitants, ont poussé les organisations humanitaires à tirer la sonnette d'alarme.

Selon Save the Children, plus de 4.000 familles vivent désormais dans des caves et des bunkers. "Les enfants sont affamés, bombardés et piégés. Le siège signifie qu'ils n'ont nulle part pour fuir".

De son côté, le président français Emmanuel Macron a appelé son homologue russe Vladimir Poutine à "tout faire pour que le régime syrien mette un terme à la dégradation insoutenable de la situation humanitaire" et exprimé sa "préoccupation" face à "l'emploi possible de chlore" contre les civils. Cette dernière accusation a été démentie par le régime syrien.

La veille, les Etats-Unis, hostiles au régime de Bachar al-Assad, et la Russie ont de nouveau étalé leurs divergences, les premiers se disant en faveur d'une trêve humanitaire, la seconde la jugeant "pas réaliste".

- 'Irréversible' -

Pour Nick Heras, un analyste au Center for New American Security, comme la Ghouta orientale est la dernière zone contrôlée par les rebelles à proximité de la capitale Damas, le pouvoir est plus déterminé que jamais à en chasser les insurgés.

"Cette stratégie d’assiéger la Ghouta est une punition collective, pour faire payer à toute la population de la région le prix de son choix de se rebeller contre Bachar al-Assad et son régime", a expliqué l'expert à l'AFP. M. Assad cherche à faire rapidement de "l'effondrement de l'opposition dans la Ghouta un fait irréversible sur le terrain".

La guerre en Syrie a été déclenchée le 15 mars 2011 par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, avant de se complexifier avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé.

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance des jihadistes ont miné les efforts pour un règlement du conflit qui a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes. Toutes les tentatives de trouver une solution politique ont échoué.

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