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Syrie: les habitants évacués de villes assiégées reprennent la route

Vendredi 21 avril 2017
Syrie: les habitants évacués de villes assiégées reprennent la route
Des Syriens originaires de Foua et Kafraya sont assis à l'intérieur d'un bus à Rachidine le 20 avril 2017 en attendant leur évacuation - Omar haj kadour (AFP)

Les Syriens évacués de localités assiégées ont repris la route vendredi vers leur destination finale après un retard de 48 heures, dans le cadre d'une vaste opération enrayée par un attentat sanglant et des divergences de dernière minute.

La fin de cette évacuation croisée d'habitants de localités rebelles et prorégime signera la première phase de l'accord conclu entre le régime de Bachar al-Assad et la rébellion, avec la sortie au total de près de 11.000 personnes de leurs foyers.

Pour les quelque 3.300 personnes évacuées mercredi, l'attente a été longue dans la soixantaine de bus qui étaient à l'arrêt dans deux zones de transit distinctes à la périphérie d'Alep (nord).

Depuis mercredi matin, 45 cars chargés de civils et combattants évacués des localités loyalistes de Foua et Kafraya (province d'Idleb) étaient à l'arrêt à Rachidine, une banlieue rebelle du sud-ouest d'Alep.

- La question des prisonniers "réglée" -

Parallèlement, depuis mercredi soir, 11 bus transportant ceux de trois localités rebelles --Zabadani, Serghaya et Jabal Charqi-- stationnaient dans la zone de Ramoussa, contrôlée par le gouvernement, au sud d'Alep.

L'opération était suspendue à la libération de prisonniers par le régime.

"Après que tous les bus soient partis, les 750 prisonniers seront libérés. Grâce à Dieu, cette question a été réglée", a assuré Abou Obeida, un responsable de l'opération du côté rebelle, au correspondant de l'AFP sur place.

La plupart des bus "ont repris le chemin" vers leur destination finale respective, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

En début d'après-midi, la majorité des bus transportant les habitants de Foua et Kafraya étaient arrivés dans la ville d'Alep, sous le contrôle total du régime depuis décembre 2016, d'après l'OSDH. Il ne reste plus que neuf bus attendant encore à Rachidine.

"Quant aux bus transportant les habitants des localités rebelles, la plupart se sont dirigés vers la province d'Idleb", leur destination finale contrôlée par les insurgés et les jihadistes, a indiqué M. Abdel Rahmane. Trois cars attendent encore leur tour.

Cette évacuation avait commencé il y a une semaine jour pour jour mais avait été ensanglantée le 15 avril par un attentat qui a fait 126 morts, dont 68 enfants.

Le régime a accusé les rebelles, qui ont démenti. L'attaque n'a pas été revendiquée.

Comble de l'horreur, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a affirmé que les auteurs de l'attentat étaient déguisés en humanitaires. "Quelqu'un prétendant distribuer de l'aide et attirant les enfants a provoqué cette horrible explosion".

Selon des témoins de l'attentat, un véhicule qui distribuait des sachets de chips aux enfants a explosé à proximité des autocars transportant les évacués.

- 2e étape, en juin -

Par crainte d'un nouvel attentat, les opérations se déroulent sous haute surveillance, avec plusieurs dizaines de rebelles armés gardant les cars stationnés à Rachidine.

Ce processus est le dernier d'une série d'évacuations de localités assiégées --notamment rebelles-- dans le pays ravagé par la guerre depuis six ans.

Les insurgés, qui ont perdu de nombreux bastions face au régime -fort de l'appui de l'allié russe- se sont vus en effet contraints de signer des accords d'évacuation de nombreux de leurs bastions.

L'opposition a qualifié "les transferts forcés de crimes contre l'Humanité", tandis que l'ONU a dénoncé des "déplacements forcés".

La deuxième étape du processus doit débuter dans deux mois, en juin, et portera sur la sortie de 8.000 habitants de Foua et Kafraya et de milliers d'autres de localités rebelles dans la province de Damas.

"Il va y avoir beaucoup d'évacuations, ce sont des accords complexes auxquels l'ONU n'a pas été conviée", a affirmé jeudi Jan Egeland, qui dirige à l'ONU le groupe de travail sur l'aide humanitaire en Syrie.

Ces accords "découlent d'une logique militaire, pas d'une logique humanitaire", a-t-il déploré.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 320.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés, et s'est complexifié avec l'implication d'acteurs internationaux et de groupes jihadistes.

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