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Syrie: l'exode des civils s'accélère à Alep-Est

Mercredi 30 novembre 2016
Syrie: l'exode des civils s'accélère à Alep-Est
Des familles syriennes fuient les quartiers rebelles d'Alep et font la queue pour prendre des bus gouvernementaux ralliant la partie ouest de la ville contrôlée par le régime, le 29 novembre 2016 - George OURFALIAN (AFP)

L'exode des civils s'accélère dans les quartiers rebelles d'Alep, désertés par plus de 50.000 habitants en quatre jours tandis qu'une vingtaine d'autres ont été tués mercredi par des tirs des forces syriennes qui progressent inexorablement.

La "lente descente aux enfers" d'Alep-Est, selon une responsable de l'ONU, sera au centre d'une réunion urgente du Conseil de sécurité mercredi matin à New York.

Assiégés depuis quatre mois, privés de nourriture, de médicaments et d'électricité, les quelque 250.000 habitants d'Alep-Est sont de plus en plus nombreux à fuir les combats au sol, les tirs d'artillerie et les bombardements aériens qui ne cessent pas.

Ils sont désormais plus de 50.000 à avoir quitté leur domicile au cours des quatre derniers jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Ceux qui fuient sont dans une situation désespérée. Beaucoup d'entre eux ont tout perdu et arrivent sans aucun bagage. Ca brise le coeur", a déclaré Pawel Krysiek, responsable de la communication de la Croix-Rouge en Syrie.

"Notre priorité est d'aider ces personnes aussi rapidement que possible", a-t-il précisé.

Dans le froid et sous un ciel gris, des familles entières, ont patienté dans le quartier de Jabal Badro avant de monter à bord de bus affrêtés par les autorités pour se diriger vers l'ouest d'Alep contrôlé par le régime, a constaté un photographe de l'AFP.

Les personnes âgées incapables de se déplacer étaient prises en charge à bout de bras ou dans des fauteuils roulants de fortune, tandis que beaucoup de parents portaient leurs enfants dans les bras.

Sur les 50.000 déplacés, plus de 20.000 ont trouvé refuge dans les quartiers Ouest tandis que 30.000 autres ont rejoint l'enclave de Cheikh Maqsoud aux mains des forces kurdes, selon l'OSDH.

- Tirs meurtriers -

Après avoir conquis un tiers d'Alep-Est depuis dimanche, les forces du régime soutenues par des combattants étrangers continuaient à progresser vers les quartiers du sud de cette zone qu'elles veulent reprendre totalement.

De nouveaux tirs d'artillerie ont provoqué mercredi la mort d'au moins 21 personnes, dont deux enfants, et blessé des dizaines d'autres dans le quartier rebelle de Jeb al-Qobbé, selon l'OSDH.

Les tirs étaient "puissants", a indiqué Rami Abdel Rahman, le directeur de l'OSDH, en précisant que de nombreuses victimes étaient coincées sous les décombres des bâtiments touchés.

Les Casques blancs, le service des secouristes en zone rebelle, ont affirmé que ces tirs avaient atteint un groupe de civils fuyant les combats.

Depuis le début de l'offensive du régime le 15 novembre, près de 300 civils ont été tués à Alep-Est, selon cette organisation qui comptabilise les morts identifiés. Les rebelles ont parallèlement tué au moins 48 civils en bombardant les zones gouvernementales d'Alep-Ouest.

L'agence officielle Sana a indiqué que huit habitants de ces quartiers, dont deux enfants, avaient été tués par des tirs de roquette provenant d'Alep-Est.

- Enième réunion à l'ONU -

A New York, les quinze ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU discuteront d'Alep au cours d'une réunion urgente demandée par la France, avec la participation du médiateur des Nations unies en Syrie Staffan de Mistura par visio-conférence.

Pour l'ambassadeur français François Delattre, "la France et ses partenaires ne peuvent pas demeurer silencieux face à ce qui pourrait être un des plus grands massacres de civils depuis la Seconde Guerre mondiale".

Son homologue britannique Matthew Rycroft a affirmé que l'ONU "avait un plan" pour faire parvenir des secours aux habitants d'Alep-Est et évacuer les blessés et que "l'opposition" avait désormais accepté ce plan. "Je demande donc à la Russie de faire en sorte que le régime syrien donne son accord", a-t-il ajouté.

Principal soutien de Damas, Moscou avait dénoncé mardi la "cécité" des Occidentaux sur ce dossier, en se félicitant que les dernières opérations avaient permis de "changer radicalement la situation" à Alep.

Un responsable de l'opposition politique syrienne, Abdul-Ahad Estefo, a déclaré soutenir le projet français "pour un cessez-le-feu immédiat à Alep". "Nous avons contacté des pays amis hier et aujourd'hui", a précisé le responsable des relations internationales de la Coalition nationale syrienne.

Il a par ailleurs indiqué que des contacts avaient été pris "avec les rebelles" pour "préparer une stratégie efficace" face aux derniers développements. "Honnêtement, il n'y a rien sur la table pour l'instant" si Alep-Est devait tomber aux mains du régime.

Les experts estiment que la perte de ce bastion représenterait un immense revers pour l'opposition, déjà très affaiblie politiquement et militairement après cinq ans et demi de guerre.

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