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Syrie: l'armée bombarde un fief rebelle, plus de 220 civils tués en quatre jours

Vendredi 09 février 2018
Syrie: l'armée bombarde un fief rebelle, plus de 220 civils tués en quatre jours
Des civils syriens fuient les frappes du régime dans la localité de Jisrine dans la Ghouta orientale près de Damas, le 8 février 2018 - ABDULMONAM EASSA (AFP)

L'armée syrienne bombarde avec une intensité inédite un fief rebelle proche de Damas, la Ghouta orientale, où plus de 220 civils ont péri en quatre jours de frappes incessante.

Sur un autre front du conflit, la coalition internationale menée par les Etats-Unis a affirmé avoir tué au moins 100 combattants prorégime dans l'est de la Syrie en riposte à une attaque contre ses alliés dans le combat antijihadistes. Le régime syrien a qualifié ces frappes de la coalition de "crime de guerre" et la Russie a évoqué des raids "criminels".

Les bombardements dans la Ghouta orientale ont touché depuis lundi diverses localités de cette vaste région proche de Damas assiégée depuis 2013.

"Il s'agit des quatre pires journées qu'ait connues la Ghouta orientale" depuis le début de la guerre le 15 mars 2011, a déclaré à l'AFP Hamza, un médecin qui traitait des blessés dans une clinique de la localité d'Arbine.

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu à un résultat concret sur la question d'une trêve humanitaire d'un mois réclamée d'urgence par les représentants d'agences de l'ONU pour venir en aide à des millions de personnes.

Hostiles au régime de Bachar al-Assad, les Etats-Unis avaient, avant la réunion, dit "soutenir" l'appel à une trêve en affirmant que les attaques contre les civils "doivent cesser immédiatement". Mais la Russie, qui soutient militairement le régime syrien, avait jugé qu'une telle trêve n'était "pas réaliste".

Depuis lundi, 228 civils dont 58 enfants ont péri dans le déluge de feu déversé par le régime sur la Ghouta orientale, a indiqué une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des centaines d'autres ont été blessés alors que secouristes et médecins sont débordés.

- 'Conditions horribles' -

Jeudi, 73 civils ont péri sous les bombes de l'armée de l'air qui ont provoqué d'énormes destructions dans la Ghouta, où sont assiégés quelque 400.000 habitants, a précisé l'OSDH. Deux autres civils ont succombé à leurs blessures infligées la veille.

A Jisrine, des bombes sont tombées près d'une école, sur un marché et près d'une mosquée, selon un correspondant de l'AFP sur place.

"Les enfants sont affamés, bombardés et piégés. Le siège signifie qu'ils n'ont nul part pour fuir", a dit Sonia Khush, responsable de Save the Children pour la Syrie. "Il faut arrêter immédiatement les combats et lever le siège".

Dans la Ghouta orientale, "les conditions sont horribles", a déclaré le secrétaire général de l'ONU aux Affaires humanitaires Mark Lowcock devant le Conseil de sécurité, selon un diplomate.

"La Ghouta orientale connaît un siège digne du Moyen Age, c'est totalement inacceptable. Nous sommes de retour aux heures les plus sombres du conflit (...)", a dit l'ambassadeur français à l'ONU François Delattre.

Dans une apparente riposte des rebelles, deux civils ont péri à Damas dans des tirs d'obus, selon l'agence de presse officielle Sana. En fin de soirée, des obus pleuvaient sur le quartier de Bab Touma à Damas, selon des correspondants de l'AFP.

- 100 combattants prorégime tués -

Depuis le début de la guerre en Syrie, 340.000 personnes ont été tuées et des millions poussées à la fuite.

Les violences ont également fait rage dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'est de la Syrie, où la coalition internationale a mené dans la province de Deir Ezzor des frappes contre des combattants alliés au régime pour repousser une attaque contre le QG des Forces démocratiques syriennes (FDS), selon un responsable américain.

Des conseillers de la coalition se trouvaient sur les lieux au moment de l'attaque dans la région de Khasham, a précisé ce responsable. "Plus de 100 membres des prorégime ont été tués" dans les frappes et les combats, a-t-il dit.

Ces frappes de la coalition internationale, contre des forces loyales au régime syrien qui avaient attaqué un QG de ses alliés arabo-kurdes étaient purement "de l'autodéfense", a affirmé jeudi Jim Mattis, ministre américain de la Défense.

"A l'issue de notre engagement pour nous défendre, leur artillerie était détruite, deux de leurs tanks étaient détruits et ils avaient des morts", a déclaré M. Mattis. Il n'a pas précisé le nombre de morts. Le Pentagone, qui avait parlé dans la nuit de "plus de 100 morts", s'abstenait jeudi de confirmer ce chiffre.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a jugé "inadmissibles" et "criminels" ces raids de la coalition. Il a émis une protestation lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur la Syrie.

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