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Sanaa "ville morte" dans la crainte de nouveaux affrontements

Dimanche 03 décembre 2017
Sanaa "ville morte" dans la crainte de nouveaux affrontements
De la fumée s'échappe d'un bâtiment de la capitale yéménite Sanaa, le 3 décembre 2017 - Mohammed HUWAIS (AFP)

La capitale yéménite Sanaa avait des airs de "ville morte" dimanche, les craintes de nouveaux affrontements au sein du camp rebelle ayant amené de nombreux habitants à se cloîtrer chez eux, et les écoles et magasins à rester fermés.

L'alliance rebelle qui contrôle Sanaa depuis plus de trois ans a éclaté à la suite de combats entre ses deux composantes, qui ont fait au moins 60 morts et blessés dans les deux camps depuis mercredi.

Samedi, l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh a tendu la main au camp adverse appuyé par l'Arabie saoudite, une démarche qualifiée de "grande trahison" par ses anciens alliés houthis.

Dimanche, les forces loyales à M. Saleh ont bloqué plusieurs rues du centre-ville et s'y sont déployées en nombre, ont rapporté des témoins. Elles ont tenté une nouvelle fois de prendre le contrôle du quartier d'Al-Jarraf, un bastion des Houthis, où ces derniers ont renforcé leurs positions.

Déjà maîtres du nord de la capitale, les Houthis ont eux tenté de pousser leur avantage dans le sud en procédant, selon des habitants, à un déploiement de troupes venues du nord du Yémen, leur bastion traditionnel.

- Ville fantôme -

Ils ont notamment pris la résidence d'un proche de M. Saleh, le "ministre de l'Intérieur" du gouvernement rebelle Mohammed Abdallah al-Waqsi, tuant trois de ses gardes, selon des sources du parti de l'ex-chef de l'Etat.

A Omran, à la sortie nord de la capitale, les Houthis ont tué un chef tribal, Mohammed al-Zarka, également proche de M. Saleh, et des membres de sa famille, ont affirmé les mêmes sources.

Des habitants de différents quartiers ont dit s'être barricadés chez eux pour éviter tireurs embusqués et bombardements, notamment autour des ministères et des bâtiments publics.

Le ministère de l'Education a suspendu les cours dimanche, début de la semaine scolaire, pour éviter aux élèves et enseignants d'être pris dans des combats.

Des corps de personnes tuées lors des affrontements gisaient encore dans les rues, selon des témoins.

Iyad al-Othmani, 33 ans, a déclaré qu'il n'avait pas quitté sa maison depuis trois jours en raison des combats. Même précaution pour Mohammed Abdallah, un employé du secteur privé qui a indiqué que sa rue avait été barrée par des miliciens.

"Sanaa devient une ville fantôme (...), les gens sont enfermés", a dit un employé local de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a mené des raids aériens à l'aube contre des positions des Houthis au sud de Sanaa. Il était toutefois impossible de savoir si ces frappes étaient destinées à soutenir les forces de M. Saleh. Un porte-parole de la coalition n'a pu être joint dans l'immédiat.

L'ex-président Saleh, 75 ans, a lui proposé samedi à l'Arabie saoudite --qui a lancé une intervention militaire contre les rebelles en 2015-- de "tourner la page". Il a posé comme condition que le blocus imposé au Yémen soit levé par Ryad.

- 'Pire crise humanitaire' -

L'aéroport de Sanaa et les ports maritimes détenus par les rebelles ont en effet subi un renforcement de ce blocus après qu'un missile tiré par les Houthis a été intercepté près de Ryad le 4 novembre.

Alors que le Yémen est aujourd'hui confronté à ce que l'ONU considère comme la "pire crise humanitaire du monde", la coalition conduite par les Saoudiens a récemment autorisé certains vols et cargaisons humanitaires par bateau.

La guerre au Yémen a fait plus de 8.750 morts depuis l'intervention de Ryad et de ses alliés en mars 2015.

Sous pression de la rue --dans le tumulte du Printemps arabe--, l'ex-chef de l'Etat Ali Abdallah Saleh avait dû céder officiellement le pouvoir, après plus de 30 ans de règne, à Abd Rabbo Mansour Hadi en février 2012.

Trois ans plus tard, ce dernier était contraint de fuir Sanaa pour Aden (sud) face à l'avancée des rebelles houthis soutenus par des partisans de l'ex-président Saleh. Issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), les Houthis contestent de longue date le pouvoir central. Ils sont accusés d'être soutenus par l'Iran.

L'Iran a lancé dimanche un appel "au calme", espérant que "tous les groupes, partis et forces politiques yéménites préservent l'unité" contre ce qu'il a qualifié d'"agression" de l'Arabie saoudite.

Le conflit au Yémen a ravivé les tensions dans le Golfe, sur fond de rivalité déjà exacerbée entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite.

Dimanche, les Emirats arabe unis, l'autre poids lourd de la coalition, ont démenti qu'un missile ait été tiré par les Houthis en direction de leur territoire et d'une centrale nucléaire.

Les Houthis avaient affirmé plus tôt avoir tiré un missile de croisière sur la centrale de Barakah, en construction près d'Abou Dhabi.

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