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Russie, commerce: Trump provoque ses alliés du G7 au Canada

Vendredi 08 juin 2018
Russie, commerce: Trump provoque ses alliés du G7 au Canada
Le président américain Donald Trump s'exprime devant la presse à Washington avant son départ pour le sommet du G7 au Québec, le 8 juin 2018 - NICHOLAS KAMM (AFP)

Donald Trump a imposé vendredi son propre ordre du jour au sommet du G7 au Canada en proposant la réintégration de la Russie, exclue en 2014, et en retournant l'accusation de protectionnisme à l'Union européenne et au Canada.

Le président américain a été accueilli comme si de rien n'était par le Premier ministre Justin Trudeau au début du sommet, dans la petite ville québécoise de La Malbaie, dans un grand hôtel à la vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent.

C'est sa première confrontation collective avec les dirigeants des six autres pays depuis qu'il a frappé leur acier et leur aluminium de tarifs douaniers.

Cela n'a pas empêché le milliardaire de participer, souriant, à la traditionnelle photo de famille sous un ciel radieux. Malgré des échanges de tweets acerbes depuis 24 heures, il a aussi vu Emmanuel Macron en tête-à-tête quelques minutes dans un salon dès son arrivée à La Malbaie, pour un échange décrit par l'Elysée comme "cordial". Leur entretien bilatéral formel aura lieu vers 21H40 GMT.

Sa sortie sur la Russie est néanmoins un pavé dans la mare. "Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations", a déclaré M. Trump avant de quitter Washington, fidèle à sa position que Moscou ne peut être simplement ignoré dans les grands dossiers internationaux.

La Russie de Vladimir Poutine avait été exclue après l'annexion de la Crimée, après 16 ans d'appartenance au groupe.

Cette suggestion provocatrice a d'abord semblé fissurer le front commun européen. "Je suis d'accord avec le président Trump: la Russie devrait revenir dans le G8. C'est dans l'intérêt de tous", a tweeté Giuseppe Conte, le chef du nouveau gouvernement italien populiste, dont c'est la première réunion internationale.

Mais les dirigeants européens présents au sommet, dont M. Conte, réunis séparément dans une démonstration d'unité, se sont rapidement entendus sur une position commune: les Européens restent opposés au retour de la Russie... mais sont ouverts à un "dialogue" avec Vladimir Poutine, appelé à changer d'abord de politique.

- Guerre commerciale -

Le dirigeant américain est arrivé le dernier au sommet du club des sept économies les plus développées du monde, saint des saints de la coordination multilatérale.

Et il sera le premier à quitter La Malbaie, samedi matin, pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong Un, sa priorité affichée depuis des semaines.

Sur le commerce, Emmanuel Macron et les autres membres du G7 veulent dissuader Donald Trump de frapper d'autres secteurs industriels de tarifs douaniers.

"Je suis convaincu que l'Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets", a affirmé Emmanuel Macron.

Mais reste à savoir jusqu'où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, et l'Allemagne, plus exposée aux représailles commerciales que d'autres Européens.

Côté italien, Giuseppe Conte a déclaré, en marge du sommet, qu'il serait "porteur d'une position modérée".

"L'Union européenne nous traite très mal, le Canada, très mal", a accusé Donald Trump sur Twitter, en pointant par exemple les hauts tarifs canadiens sur les produits laitiers et en sommant les Européens d'ouvrir leurs marchés en abattant des barrières non-tarifaires.

Il s'en est pris nommément à MM. Trudeau et Macron, mais ceux-ci seront les seuls homologues qu'il rencontrera en tête-à-tête au cours du sommet.

- Déclaration finale ? -

L'Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douane contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s'entendre sur la liste... Or l'Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale. Les Européens insisteront pour y défendre l'accord de Paris sur le climat, l'accord sur le nucléaire iranien et la nécessité de "règles communes" sur le libre-échange, et semblent prêts, avec le Canada et le Japon, à isoler les Etats-Unis si Donald Trump refuse de cosigner.

Les manifestations anti-G7 ont pour leur part été jusqu'à présent très limitées par rapport aux sommets précédents. La police a procédé à quelques interpellations à Québec, à 140 km de La Malbaie, après des incidents mineurs.

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