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Présidentielle au Honduras: 30% des bulletins vont être vérifiés

Mardi 05 décembre 2017
Présidentielle au Honduras: 30% des bulletins vont être vérifiés
Des membres des forces anti-émeutes honduriennes, réunies devant leur quartier général pour signifier leur refus de faire appliquer le couvre-feu et réprimer les manifestants, à Tegucigalpa, le 5 décembre 2017 - ORLANDO SIERRA (AFP)

Les autorités électorales du Honduras ont appelé mardi l'opposition à vérifier près de 30% des bulletins de l'élection présidentielle du 26 novembre après des soupçons de fraude, espérant ainsi calmer la colère de la population face à la probable réélection du président de droite Juan Orlando Hernandez.

Le Tribunal suprême électoral (TSE) a fait cette annonce alors que l'état d'urgence a été décrété dans ce pays d'Amérique centrale, secoué par des manifestations violentes ayant fait au moins trois morts. Dans la capitale Tegucigalpa comme ailleurs dans le pays, des milliers d'habitants continuent de défier le couvre-feu pour ériger des barricades et frapper dans des casseroles.

Donné en tête dans les premiers résultats partiels avant d'être doublé par le président sortant, l'opposant de gauche Salvador Nasralla, de l'Alliance de l'opposition contre la dictature, a accusé le TSE d'avoir falsifié environ 5.100 procès-verbaux pour inverser la tendance.

"Nous invitons l'Alliance (à présenter) les copies certifiées dont elle dispose, pour que nous les vérifions", a répondu mardi le président du TSE, David Matamoros. "Nous voulons qu'il ne reste aucun doute sur ce qui va être vérifié, comment cela va être vérifié, il y aura des observateurs nationaux et internationaux, ainsi que des médias de communication", a-t-il ajouté.

Officiellement et malgré le dépouillement de 99,98% des bulletins, le TSE se refuse à déclarer un vainqueur tant que les recours n'ont pas été étudiés, mais publie des chiffres clairement favorables à Juan Orlando Hernandez, 49 ans, crédité de 42,98% des suffrages, contre 41,39% pour Salvador Nasralla, animateur de télévision de 64 ans et novice en politique.

Ce dernier a affirmé lundi à l'AFP qu'il ne pourrait "jamais accepter" ces résultats "ni officiels ni définitifs".

Les observateurs internationaux semblent se ranger, à demi-mot, de son côté. L'eurodéputée portugaise Marisa Matias, coordinatrice de la mission de l'Union européenne, a appelé le TSE à la prudence: "S'il vous plaît, ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé".

L'Organisation des Etats américains (OEA) est allée plus loin encore: "La marge étroite des résultats, ainsi que les irrégularités, les erreurs et les problèmes systémiques qui ont entouré cette élection ne permettent pas à cette mission d'avoir des certitudes sur les résultats", a déclaré l'ex-président bolivien Jorge Quiroga, chef de la mission de l'OEA.

- Chaos et violence -

Dans les rues du Honduras, le couvre-feu - décrété pour 10 jours vendredi après des manifestations et des pillages de commerces - a généré un chaos automobile et forcé les habitants à faire la queue devant les magasins pour s'approvisionner avant qu'ils ferment. Selon le journal local El Heraldo, plus de 1.300 personnes ont déjà été arrêtées pour ne pas l'avoir respecté.

Mais l'état d'urgence n'empêche pas la violence, dans ce pays pauvre miné par les gangs criminels: dimanche soir dans le département d'Olancho (est), quand deux policiers ont abordé deux habitants circulant en voiture malgré l'interdiction, ces derniers les ont abattus, a rapporté la police.

Et au moins une jeune femme a été tuée au cours des manifestations d'opposants.

Lundi soir, des centaines de membres des "Cobras", les unités de la police anti-émeute, soutenus par d'autres policiers, sont sortis de leurs casernes, dans le nord de Tegucigalpa, pour signifier leur refus de faire appliquer le couvre-feu et réprimer les manifestants.

Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes avec l'inscription "J'aime la police".

"La vérité, c'est que nous ne voulons plus nous battre contre le peuple", a déclaré à l'AFP un des policiers, le visage recouvert d'un passe-montagne. "Ce que nous exigeons, c'est que la paix s'installe, que ce problème soit résolu et qu'il n'y ait plus de mort, plus de sang".

Les autorités ont affirmé de leur côté que les policiers manifestaient en réalité pour des questions salariales.

Avant même sa tenue, le scrutin était contesté, en raison de la candidature du président sortant. La Constitution interdit deux mandats consécutifs, mais M. Hernandez s'est appuyé sur une décision favorable de la Cour suprême, ses détracteurs l'accusant d'avoir pris le contrôle de cette institution.

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