En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Nouvelles sanctions contre le Venezuela, toujours sourd aux pressions

Mercredi 09 août 2017
Nouvelles sanctions contre le Venezuela, toujours sourd aux pressions
Le président du Parlement et leader de l'opposition, Julio Borges, le 7 août 2017 - FEDERICO PARRA (AFP)

Les Etats-Unis ont infligé mercredi des sanctions financières au Venezuela, accroîssant la pression alors que le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro poursuit sa reprise en main des institutions, menaçant le Parlement contrôlé par l'opposition.

Huit responsables, dont un frère du défunt Hugo Chavez (président de 1999 à 2013), impliqués dans la récente mise en place de l'Assemblée constituante, rejetée par une grande partie de la communauté internationale, sont visés par ces mesures.

"Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l'opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu'à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique", a assuré dans un communiqué le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

"Tous les biens de ces individus sont gelés aux Etats-Unis et les citoyens américains ont pour interdiction de commercer avec eux", a précisé le Trésor.

Le 31 juillet, Washington avait déjà imposé des sanctions juridiques et financières sans précédent contre le président Maduro, alors qualifié de "dictateur".

Dans la matinée, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a siégé dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Assemblée constituante, installée au sein même du bâtiment législatif.

"Nous sommes à l'Assemblée, en train d'occuper et de défendre la position législative que nous ont octroyée 14 millions de Vénézuéliens", a tweeté le député d'opposition Miguel Pizarro.

La Constituante a approuvé mardi une "commission de la vérité" chargée de se pencher sur les cas de violences politiques depuis 1999 et appelée par M. Maduro à lever l'immunité des députés du camp adverse pour pouvoir les envoyer en prison.

- "Chasse aux sorcières" -

L'opposition, qui voit dans cette assemblée une tactique du président pour prolonger son mandat au-delà de 2019, redoute une "chasse aux sorcières".

La Cour suprême a déjà condamné à quinze mois de prison le maire d'un district de Caracas considéré comme un bastion de l'opposition, pour ne pas avoir empêché des manifestations, et la Constituante a destitué la procureure générale Luisa Ortega, très critique envers le chef de l'Etat.

Le Parlement lui-même pourrait être dissous, l'assemblée chargée de réécrire la Constitution de 1999 ayant également ce pouvoir.

Les adversaires du chef de l'Etat, qui exigent son départ, ont reçu le soutien mardi de l'ONU, qui a dénoncé "un usage excessif de la force" lors des manifestations, qui ont fait 125 morts en quatre mois.

Le même jour, 12 pays d'Amérique latine et le Canada ont condamné une "rupture de l'ordre démocratique". "Les pays les plus importants de la région, de manière claire, confirment le fait qu'au Venezuela il n'y a pas de démocratie", a souligné devant l'hémicycle le président du Parlement, Julio Borges, en faisant voter une motion de soutien à cette condamnation.

Ces dernières semaines, les Etats-Unis, le Vatican et l'Union européenne ont fustigé la radicalisation du gouvernement vénézuélien.

Mais rien n'y fait : le président Maduro, élu en 2013, reste sourd à ces mises en garde, s'appuyant sur le soutien crucial de l'armée et de ses quelques alliés comme la Russie et la Chine, ses créanciers, ainsi que Cuba, la Bolivie ou encore l'Equateur.

- 'Guerre de positions' -

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique du Sud en raison de ses immenses réserves pétrolières, a été ruiné par la chute des cours du brut, entraînant la colère des habitants, lassés de l'inflation vertigineuse et des rayons vides des supermarchés et pharmacies.

Cette exaspération populaire est ce qui avait permis fin 2015 la large victoire de l'opposition aux élections législatives.

Mais le bastion conquis semble chaque jour plus fragile, et après avoir mobilisé les foules presque chaque jour depuis début avril, l'opposition peine désormais à organiser de grandes manifestations.

Mardi, ils n'étaient qu'une petite centaine à participer à son blocage des rues, signe sans doute d'un certain découragement après avoir échoué à empêcher la Constituante.

Après avoir hésité, elle a décidé finalement mercredi d'inscrire des candidats aux élections régionales du 10 décembre.

Fustigeant "la plus grande fraude de l'Histoire", la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit) avait refusé de participer à l'élection de la Constituante le 30 juillet, laissant le champ libre au chavisme, dont sont donc issus la totalité des 545 membres.

"Les élections font partie d'une guerre de positions et il faut se battre pour ces positions", prévient l'analyste Luis Salamanca.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire