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Mondial-2018: l'Italie à mi-chemin entre la Russie et l'Apocalypse

Lundi 13 novembre 2017
Mondial-2018: l'Italie à mi-chemin entre la Russie et l'Apocalypse
Lorenzo Insigne, l'ailier de Naples, lors du match face à Vérone, le 5 novembre 2017 à Vérone - MARCO BERTORELLO (AFP/Archives)

Une Coupe du monde sans l'Italie ? Du jamais vu depuis 1958. Un Mondial sans Buffon ? La dernière fois, c'était en 1994. L'Italie retient son souffle avant un barrage retour difficile face à la Suède à Milan pour sauver sa place l'été prochain en Russie.

Deux heures avant le coup d'envoi, les tifosi commençaient à affluer autour du stade San Siro et malgré une inquiétude réelle, c'est l'optimisme qui prévalait.

"On est quand même l'Italie, putain", lançait ainsi Vincenzo, un jeune supporter qui de sa vie, n'a jamais assisté à une Coupe du monde sans la Nazionale.

"On y croit. Franchement, on n'a pas eu de chance à l'aller, un tir sur le poteau, un but contre son camp... Je pense qu'on va gagner 3-0", assurait de son côté Diego Rizza, pas très loin d'une banderole sur laquelle on pouvait lire: "La seule chose que vous avez, c'est Ikea."

Mais l'humour et les bravades des supporters ne font pas oublier que l'Italie du football est assise au bord du vide.

"La pression est forte et on sait combien ce match est important. Pour nous, pour le pays et pour l'histoire de cette équipe", a confirmé dimanche Gianluigi Buffon.

Mais plus encore que pour les autres, le match de San Siro sera spécial pour le gardien et capitaine italien. Buffon a débuté en sélection en novembre 1997, déjà lors d'un barrage de qualification pour une Coupe du monde, celle de 1998 en France.

Au fil de ses 174 sélections, il a tout connu sous ce maillot, à commencer par un titre de champion du monde en 2006, et il rêve de disputer l'été prochain ce qui serait sa sixième Coupe du monde, un record absolu.

Mais aujourd'hui, il est plus proche de devenir le capitaine de la première équipe d'Italie sortie en éliminatoires de Mondial depuis 1958 que de Moscou.

- 'Camp Sweden' -

Comment la Nazionale, quatre fois championne du monde et encore enthousiasmante quart de finaliste l'an dernier lors de l'Euro en France, a-t-elle pu en arriver là, à ce match aller joué sans idée ni fil directeur vendredi à Solna ?

En poules, les Italiens ont été très logiquement devancés par l'Espagne, beaucoup plus forte. Mais ils ne se sont toujours pas remis du 3-0 concédé début septembre à Madrid, qui marque le début d'une spectaculaire perte de confiance.

Depuis, l'Italie joue mal, son sélectionneur Gian Piero Ventura s'entête dans un rigorisme tactique qui laisse systématiquement de côté le plus grand talent offensif du pays, l'ailier napolitain Lorenzo Insigne, encore remplaçant lundi.

Conséquence, une équipe aussi limitée que la Suède se retrouve en position de force.

Les supporters suédois ont d'ailleurs envahi lundi le Corso Como, une grande artère commerçante de Milan, où ils ont installé leur "Camp Sweden", comme ils le font partout où ils se déplacent pour suivre leur sélection.

Drapeaux et écharpes jaune et bleu à la main, et bière dans l'autre, ils se préparaient tranquillement pour le match de San Siro.

- L'apocalypse ? -

A quoi peut donc se raccrocher l'Italie avant ce voyage au bord du vide ? Le sentiment dominant est que l'heure n'est plus vraiment aux controverses tactiques ou aux débats de tableau noir. Plutôt à renverser la table.

Pour continuer à y croire, les Italiens s'en remettent aussi à San Siro, leur stade fétiche, où ils n'ont jamais perdu et où quelque 70.000 tifosi pousseront pour ne pas avoir à se demander à quoi ressemble une Coupe du monde sans leur équipe favorite.

"San Siro va se faire entendre, mais je n'ai jamais vu de but marqué depuis les gradins. Les joueurs doivent donner plus", a tout de même prévenu samedi Andrea Pirlo, champion du monde en 2006 avec Buffon, De Rossi ou Barzagli.

"J'aimerais que tout le peuple italien se réunisse pour soutenir l'Italie (...). Les joueurs italiens l'ont mérité et mon message, c'est +restons unis et battons la Suède+. Zlatan, je suis désolé, mais cette fois, tu perds", a également déclaré Mario Balotelli.

Dans le doute, l'Italie se prépare tout de même à l'"Apocalypse", le terme choisi par le président de la fédération (FIGC) Carlo Tavecchio pour évoquer la perspective d'une non-qualification pour la Russie.

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