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May remanie son gouvernement mais garde les poids lourds

Lundi 08 janvier 2018
May remanie son gouvernement mais garde les poids lourds
La Première ministre britannique Theresa May et le nouveau chef du Parti conservateur Brandon Lewis à Londres, le 8 janvier 2018 - Daniel LEAL-OLIVAS (AFP)

La Première ministre britannique Theresa May a commencé lundi à remanier son gouvernement, entaché par plusieurs scandales, mais en a conservé les poids lourds et s'est heurtée au refus d'une ministre qui a préféré démissionner.

Le remaniement est censé redonner un nouveau souffle au gouvernement en ce début d'année, avant la prochaine phase de négociations sur le Brexit avec Bruxelles. Mais les changements, annoncés au goutte-à-goutte au fil de la journée, et qui doivent se poursuivre mardi, ont été plutôt marginaux.

Fait le plus marquant, Theresa May s'est heurtée à la ministre de l'Education, Justine Greening, qui a démissionné après avoir refusé un autre poste.

Mme Greening s'est vu proposer le portefeuille de la protection sociale et des retraites "mais a refusé de le prendre. La Première ministre est déçue mais respecte sa décision de quitter le gouvernement", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

En première ligne dans les négociations du Brexit, les ténors du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, le ministre des Finances Philip Hammond, et le ministre chargé du Brexit David Davis, sont reconduits dans leurs fonctions. La ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, et le ministre de la Défense, Gavin Williamson, restent également à leurs postes.

"Rien n'a changé", commentait le député libéral-démocrate Alistair Carmichael. "Pas étonnant que Theresa May lutte pour négocier le Brexit, elle ne peut même pas organiser un remaniement", persiflait le député travailliste Stephen Kinnock.

La Première ministre souhaite présenter un gouvernement rajeuni, diversifié et féminisé mais sa marge de manoeuvre est limitée: elle doit maintenir un équilibre entre partisans d'un Brexit dur et modérés.

Elle a par ailleurs déjà procédé à trois changements ministériels en quelques semaines fin 2017, le dernier à partir étant le vice-Premier ministre Damian Green, sur fond de scandale sexuel.

- Gaffe -

Lundi, le jeu de chaises musicales a débuté par une gaffe. Le parti conservateur a annoncé sur Twitter l'arrivée du ministre des Transports, Chris Grayling, à la tête du parti, avant d'effacer ce tweet. C'est en fait Brandon Lewis, 46 ans, qui a été nommé président du Parti conservateur et secrétaire d'Etat sans portefeuille, en remplacement de Patrick McLoughlin.

M. Lewis était secrétaire d'Etat à l'Immigration.

Plus tôt dans la journée, le ministre chargé de l'Irlande du Nord, James Brokenshire, 50 ans, avait annoncé sa démission pour raison de santé. Malgré de nombreuses séances de négociations, M. Brokenshire a échoué à obtenir la formation d'un nouveau gouvernement nord-irlandais depuis la chute du précédent il y a un an.

Il est remplacé par Karen Bradley, 47 ans, jusque là secrétaire d'Etat à la Culture, aux Médias et au Sport.

- Nouveau départ -

Le nouvel exécutif devra définir rapidement sa position en vue des négociations avec Bruxelles sur le Brexit, qui doivent reprendre en janvier. Les discussions porteront d'abord sur la période de transition puis, en mars, sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l'UE.

Plusieurs têtes pourraient encore tomber, comme celle d'Andrea Leadsom, leader de la Chambre des Communes, chargée des relations entre les députés et l'exécutif. Elle pourrait payer le revers que les parlementaires avaient infligé à Theresa May le 13 décembre, lorsque 11 députés conservateurs avaient voté avec l'opposition et obtenu que le Parlement organise un vote final sur les termes de l'accord final du Brexit.

Ce remaniement veut marquer un nouveau départ pour la Première ministre, dont l'autorité a été fortement contestée depuis l'échec de son Parti conservateur aux élections législatives de juin 2017, où il a perdu sa majorité absolue.

Theresa May a aussi été confrontée aux dissensions permanentes de sa formation sur le Brexit. La conclusion d'un premier accord sur la sortie de l'UE début décembre lui a toutefois permis de retrouver de la légitimité.

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