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Les Keys face à l'ampleur des dégâts d'Irma, Trump en Floride jeudi

Mardi 12 septembre 2017
Les Keys face à l'ampleur des dégâts d'Irma, Trump en Floride jeudi
Une maison à Naples en Floride après le passage de l'ouragan Irma, le 11 septembre 2017 - NICHOLAS KAMM (AFP)

Bâtiments effondrés, mobile homes écrasés et des tonnes de débris à perte de vue, l'ouragan Irma a laissé derrière lui des dégâts considérables dans l'archipel des Keys, en Floride, avec 85% des habitations totalement ou partiellement détruites.

Le président américain Donald Trump se rendra jeudi en Floride pour constater l'ampleur des dommages, accompagné de son épouse Melania, a annoncé mardi la Maison Blanche.

Dans les Caraïbes, le président français a visité l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, l'une des plus durement frappées par Irma, où s'est également rendu le roi des Pays-Bas Willem-Alexander.

L'archipel des Keys, une langue de terre souvent très étroite à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, offrait mardi un spectacle de désolation.

Patty Purdo, une serveuse de 55 ans, laissait couler ses larmes en montrant son mobile home éventré. Sur la centaine d'habitations préfabriquées de ce quartier, la plupart ont subi le même sort.

"C'est nous qui vous servons le café (...) Nous ne sommes pas riches", lance-t-elle, inquiète que le propriétaire ne cherche à profiter de l'occasion pour récupérer le terrain et "construire de beaux appartements et des maisons de riches".

"En gros, toutes les maisons dans les Keys ont été impactées d'une façon ou d'une autre", a indiqué mardi le chef de l'Agence américaine des situations d'urgence (Fema), Brock Long.

Quelque "25% des maisons dans les Keys ont été détruites et 60% ont été endommagées", a-t-il précisé.

- Voilier dans le jardin -

Orlando Morejon, un chirurgien de 51 ans, lui se félicite que le voilier de 12 mètres retrouvé dans son jardin, visiblement emporté par la marée de tempête, n'a pas touché la maison. "Il va y avoir beaucoup de réparations coûteuses, mais la maison est toujours là et, encore plus important, nous sommes encore là".

Dans le reste de la Floride, moins sévèrement touché, la vie reprenait lentement un cours normal. Plus de 15 millions de personnes restaient toujours privées d'électricité, auxquelles s'ajoutent un million de personnes dans l'Etat voisin de Géorgie.

Toitures arrachées, arbres déracinés, routes coupées, sont encore le lot commun de nombreuses localités de Floride.

L'aéroport de Miami a repris mardi une activité limitée, opérant à 30% de ses capacités. La ville n'a pas échappé aux pillages et 25 personnes ont été arrêtées, selon les services de police.

A Orlando, le parc d'attraction Disney World a rouvert ses portes, accueillant notamment des habitants et des touristes fuyant maisons et hôtels encore privés d'électricité et d'air conditionné.

"Nous sommes ici car nous n'avons pas de courant chez nous à Melbourne, en Floride. On s'est dit que, quitte à cuire, autant le faire chez Disney", a expliqué à l'AFP Veann Grigajtis, une femme venue en famille.

Mais c'est dans les Caraïbes que l'ouragan Irma, le plus puissant jamais mesuré dans l'Atlantique, a été le plus destructeur, faisant près de 40 morts.

Emmanuel Macron a reçu un accueil contrasté à Saint-Martin où les habitants critiquent le manque d'organisation et de réactivité des services de l'Etat.

Cinq jours après le passage de l'ouragan, l'île franco-néerlandaise vit encore dans la psychose des pillages, alors qu'Irma a fait au moins onze morts et plusieurs disparus dans les îles françaises, ainsi que quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan.

"On est restés quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés", rapportait Fabrice, propriétaire de restaurant vivant à Saint-Martin depuis 15 ans et rapatrié en métropole lundi. "La gestion de l'Etat français ? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n'a pas du tout été soutenus", a-t-il estimé.

"Je comprends la colère de gens qui ont tout perdu ou beaucoup. Il faut maintenant une réponse à la hauteur du défi pour faire renaître Saint-Martin", a répondu le chef de l'Etat.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, était lui attendu dans les îles Vierges britanniques et à Anguilla, alors que Londres aussi est pointé du doigt sur sa gestion de la catastrophe.

Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander devait se rendre, lui, sur les îles de Saba et Sint-Eustatius après avoir passé la nuit dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Accompagné du ministre néerlandais de l'Intérieur Ronald Plasterk, il a rencontré des habitants et pu observer le déploiement de l'aide humanitaire. Il a fait part de son choc.

"Depuis l'avion déjà j'ai vu des choses que je n'avais encore jamais vues auparavant. J'avais vu la guerre et d'autres catastrophes naturelles mais jamais rien de tel. Tout est dévasté", a-t-il déclaré à la chaîne publique NOS.

burs-kal/elc

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