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Le Venezuela, en défaut de paiement partiel, assure être "bon payeur"

Mercredi 15 novembre 2017
Le Venezuela, en défaut de paiement partiel, assure être "bon payeur"
Le président vénézuélien Nicolas Maduro au palais présidentiel à Caracas, le 17 octobre 2017 - FEDERICO PARRA (AFP/Archives)

Le Venezuela s'est défendu mardi comme un "bon payeur", quelques heures après avoir été déclaré en défaut partiel sur sa dette tout comme son joyau pétrolier PDVSA, celui-ci obtenant néanmoins un léger répit face à ses créanciers internationaux.

"Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation, le département du Trésor (américain), l'Union européenne et Donald Trump", a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

"On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons", a-t-il ajouté, augurant d'un succès de la renégociation de la dette avec les créanciers.

Dimanche soir, le président socialiste Nicolas Maduro avait affirmé avec virulence que "jamais" le pays sud-américain ne se déclarerait en défaut de paiement.

Mais 24 heures plus tard, l'agence de notation S&P Global Ratings décidait de placer le Venezuela en défaut partiel, constatant que son gouvernement n'avait pas réussi à payer, à l'issue du délai de grâce de 30 jours, une échéance de 200 millions de dollars.

Fitch a infligé la même sanction au fleuron de l'industrie vénézuélienne, le groupe d'Etat PDVSA, critiqué pour avoir tardé jusqu'à une semaine pour régler deux échéances d'un montant total de deux milliards.

Le ministre Rodriguez a nié tout problème de règlement, assurant que les versements étaient en cours.

L'entreprise publique a toutefois obtenu un court répit: l'association internationale des produits dérivés (ISDA), réunie à New York, a renoncé à trancher dans l'immédiat la question d'un défaut de paiement de 1,161 milliard le concernant, en attendant d'"obtenir des informations claires sur le calendrier des paiements effectués".

Ce comité spécialisé composé de 15 sociétés financières se réunira de nouveau jeudi à New York à 18H00 GMT "pour poursuivre les discussions".

Redoutée depuis des semaines, l'annonce de défaut partiel du pays ravive les inquiétudes sur les capacités de Caracas à continuer de rembourser sa dette extérieure d'environ 150 milliards de dollars.

Elle pourrait précéder un défaut général, en d'autres termes une incapacité totale de payer ses dettes, alors que la population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

- Pression internationale -

Pour empêcher cette issue, le président Maduro avait convoqué lundi à Caracas les créanciers internationaux afin de renégocier ses conditions d'emprunt. La réunion, d'à peine 25 minutes, s'est achevée sans accord même si les parties prévoient une prochaine rencontre. Cela n'a pas empêché les autorités vénézuéliennes de la qualifier de "succès retentissant".

Le Venezuela, ruiné notamment par la chute des cours de l'or noir, ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici fin 2017, puis 8 milliards en 2018.

"Il est très probable que nous considérions toute restructuration de la dette vénézuélienne comme un échange imposé aux créanciers assimilable à un défaut, compte tenu des fortes contraintes pesant sur la liquidité extérieure", a souligné S&P.

S&P comme Fitch s'inquiètent aussi des sanctions du gouvernement américain, qui interdit à ses citoyens et banques d'accepter tout accord des autorités vénézuéliennes, ce qui devrait compliquer et allonger les discussions avec les créanciers. Selon Caracas, 70% d'entre eux sont Nord-américains (Etats-Unis et Canada).

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique latine, risque de se retrouver coupé des marchés, tout comme PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger.

Il est déjà sous pression de la communauté internationale, qui dénonce la radicalisation du président Maduro. Lundi, l'Union européenne lui a infligé des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes.

"L'annonce de la restructuration a généré plus d'incertitudes que de certitudes sur les marchés et la réunion plus de questions de que réponses, donc le Venezuela se rapproche d'un défaut de paiement formel", explique à l'AFP l'analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS.

Outre les deux paiements sur lesquels le pays vient de faire défaut, le Venezuela n'a pas versé à temps quatre autres échéances pour un montant total de 420 millions de dollars, selon S&P.

Le taux de rendement sur la dette vénézuélienne à 10 ans a atteint mardi 50,39%, traduisant une hausse des craintes sur la solvabilité du pays. Il avait culminé à 54,08% le 7 novembre, avant de redescendre à 42,54% le 13 novembre.

Nicolas Maduro assure, lui, négocier avec la Russie et la Chine, deux alliés auxquels le Venezuela doit respectivement 8 et 28 milliards de dollars.

Caracas et Moscou sont sur le point de parapher un accord pour restructurer trois milliards de créances vénézuéliennes, selon des sources proches concordantes. Une signature est prévue mercredi, a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement russe.

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