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Le pape dénonce "le virus" de l'indifférence face aux victimes de guerre

Mardi 20 septembre 2016
Le pape dénonce "le virus" de l'indifférence face aux victimes de guerre
Le pape François (au c.) et des autorités religieuses du monde entier prient pour la paix à Assise, en Italie, le 20 septembre 2016 - TIZIANA FABI (AFP)

Le pape François a dénoncé mardi à Assise "le virus" de l'indifférence face aux victimes de guerre, en concluant les 30èmes rencontres interreligieuses pour la paix avec certains des plus importants dignitaires religieux de la planète.

L'indifférence est "un virus qui paralyse, qui rend inertes et insensibles, un mal qui attaque le centre même de la religiosité, provoquant un nouveau paganisme extrêmement triste: le paganisme de l'indifférence", a dénoncé le pape devant des religieux et laïcs qui ont dialogué pendant trois jours dans la cité médiévale.

"Nous avons soif de paix!", a répété le pontife argentin, très sombre et concentré lors de cette cérémonie en plein air sur la magnifique place jouxtant la basilique Saint François. "Nous n'avons pas d'armes" pour mettre fin aux guerres mais "nous sommes tenus d'être de solides ponts de dialogue, médiateurs créatifs de paix".

Avec ces responsables dont les religions ont souvent été séparées par des siècles d'hostilités voire de massacres, le pape a martelé: "Le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte, pas la guerre!".

Cette cérémonie très solennelle, en présence de 5.000 personnes sur la place et aux alentours, s'est terminée par une minute de silence en hommage aux victimes des guerres et un appel commun à la paix.

Elle a ensuite pris un tour plus enjouée avec l'arrivée d'une trentaine d'enfants de divers pays, grimpant tout sourire sur l'estrade pour recevoir des mains des leaders religieux un exemplaire de cet appel, qui s'oppose "à toute forme de violence et d'abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme".

Sous les applaudissements, les responsables religieux de tous les continents ont ensuite signé cette déclaration dans une ambiance fraternelle, après avoir chacun allumé une bougie sur un immense candélabre.

Pendant la cérémonie finale, une réfugiée syrienne chrétienne, Tamar Mikalli, enseignante d'Alep installée depuis peu en Toscane, a apporté son témoignage.

"Nous avons résisté trois ans avec l'espérance que la guerre finisse, nous avons vu la misère, puis ils ont bombardé notre maison familiale et nous avons décidé de fuir", a-t-elle raconté en italien.

- Zapping -

Une longue acclamation a accompagné l'accolade du pape au rabbin israélien David Brodman, déporté lorsqu'il était enfant dans un camp de concentration nazi, qui a salué ce rendez-vous comme "la meilleure réponse à la tragédie de la Shoah et de toutes les guerres".

Le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, a toutefois mis en garde contre les fondamentalistes de tous bords.

Ils "menacent non seulement le dialogue avec les autres religions, mais aussi le dialogue au sein de chaque confession présente". "Nous devons être capables de les isoler!", a-t-il insisté.

Arrivé en fin de matinée dans la cité médiévale, le pape François a déjeuné avec les dizaines de dignitaires religieux et experts laïcs, ainsi qu'un petit groupe de réfugiés, dans l'immense réfectoire de la basilique franciscaine.

Dans l'esprit des rencontres d'Assise, le souverain pontife s'est aussi entretenu en tête-à-tête avec l'archevêque de Canterbury (anglicans), Justin Welby, le président du conseil des oulémas d'Indonésie (musulmans), un rabbin britannique ou encore un philosophe polonais.

Puis chrétiens, musulmans, juifs, taoïstes, bouddhistes, shintoïstes ou encore sikhs se sont réunis dans des lieux différents de la basilique, selon leur confession, pour prier pour la paix.

Lors de la prière oecuménique avec les autres chrétiens, le pape avait déjà dénoncé "le silence assourdissant de l'indifférence" face aux victimes de guerre, confrontées aux bombardements et aux combats mais aussi à "la froideur de celui qui éteint leur appel à l'aide avec la facilité avec laquelle on change la chaîne de télévision".

Il y a 30 ans, la première rencontre interreligieuse de ce type, à l'invitation de Jean Paul II, avait été considérée comme un moment historique pour l'Eglise catholique, décidée à prôner plus clairement un rapprochement de religions.

Pour Marco Impagliazzo, président de la communauté catholique Sant'Egidio, qui organise ces rencontres annuelles chaque année dans une ville différente, cet esprit d'"Assise se veut une réponse contre le pessimisme" des critiques doutant de l'efficacité de telles discussions, dans la mesure où seules les personnalités modérées y prennent part.

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