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La gauche latino-américaine réunie à Cuba pour dire adieu à Fidel

Mardi 29 novembre 2016
La gauche latino-américaine réunie à Cuba pour dire adieu à Fidel
Des cubains rendent hommage à Fidel Castro devant un mémorial à La Havane, le 28 novembre 2016 - ADALBERTO ROQUE (AFP)

Cuba se préparait mardi à une grande cérémonie d'hommage à Fidel Castro, honorée par l'ensemble de la gauche latino-américaine mais boudée par de nombreux dignitaires étrangers, avant que ses cendres quittent La Havane pour traverser l'île jusqu'à Santiago.

Des milliers de Cubains, souvent en pleurs, ont défilé pour la deuxième journée consécutive jusque dans l'après-midi face aux portraits de Fidel, exposés dans le mémorial du héros de l'indépendance José Marti sur la célèbre place de la Révolution, au centre de la capitale.

"Pour l'Amérique latine et pour la gauche latino-américaine, Fidel a représenté beaucoup. C'est le père de tous, c'est le guide, le maître, le grand, l'homme", assure parmi ces pèlerins d'un jour Daili Herrera, femme au foyer de 50 ans.

Partout sur l'île ils ont encore été très nombreux mardi à signer des registres pour "jurer" de poursuivre l'héritage socialiste de celui qui a façonné pendant un demi-siècle le destin du pays. Beaucoup ont confié avoir été vivement incités à ne pas manquer à l'appel.

Critiqué par l'ONU et par ses opposants pour des violations des droits de l'homme, Fidel Castro reste toutefois vénéré par beaucoup de Cubains, qui ont pris la nouvelle de son décès, vendredi à 90 ans, comme un séisme.

"Fidel est un symbole, Fidel est l'Histoire, il a fait l'Histoire", assure à l'AFP Roberto Hernandez Rosabal, 47 ans, parmi les premiers à défiler mardi matin.

- Pas de délégation américaine -

La gauche latino-américaine, grandement inspirée de la révolution cubaine, sera la mieux représentée à la cérémonie de masse prévue place de la Révolution à 19h00 (00h00 GMT), aux côtés de la population cubaine.

"Nous sommes ici pour rendre hommage à un géant", avait déclaré à son arrivée à La Havane lundi soir le président vénézuélien Nicolas Maduro, se disant "aujourd'hui plus que jamais avec Fidel".

"Nous venons accompagner les moments les plus douloureux (pour les Cubains, ndlr) en raison de la perte du frère, du compagnon, de l'ami Fidel Castro", a salué le dirigeant bolivien Evo Morales.

Outre MM. Maduro et Morales, les présidents de l'Equateur, Rafael Correa, et du Nicaragua, Daniel Ortega, y participent.

Mais peu d'autres dignitaires ont répondu à l'invitation : le président américain Barack Obama, pourtant artisan d'un rapprochement historique depuis fin 2014 entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide, est absent et n'a pas non plus envoyé de délégation officielle.

De même, les présidents de pays amis, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et l'Iranien Hassan Rohani, sont représentés par de hauts responsables.

En revanche, les dirigeants du Zimbabwe Robert Mugabe, de Guinée Equatoriale Teodoro Obiang Nguema, d'Afrique du Sud Jacob Zuma sont présents, de même que l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos et l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder.

A son arrivée à La Havane, Robert Mugabe a évoqué la mémoire de son "cher frère" : "Il n'était pas seulement votre leader, il était le nôtre et celui de tous les révolutionnaires", a déclaré le dirigeant de 92 ans, au pouvoir depuis près de quatre décennies.

Fidel "a été un homme combatif, exemplaire et internationaliste", a affirmé le président Obiang.

Seul chef de gouvernement européen ayant fait le déplacement, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a salué "cette grande personnalité qui était une flamme ayant inspiré non seulement Cuba et l'Amérique latine, mais le monde entier".

- Départ des cendres mercredi -

La situation diplomatique de l'île communiste reste complexe, comme en témoigne le tweet menaçant du président-élu des Etats-Unis Donald Trump, qui arrêtera le dégel "si Cuba ne veut pas sceller un meilleur accord pour le peuple cubain".

"C'est un grand pas en avant ce qu'a fait le président Obama et ce que lui (Trump, ndlr) ferait, c'est revenir sur tout ça", a réagi à Cuba Elian Gonzalez, Cubain de 22 ans dont le sort avait fait l'objet, lorsqu'il était enfant, d'un bras de fer entre La Havane et Washington.

"Je ne pense pas que tant de personnes pourraient pleurer quelqu'un qui, comme il le dit, est un dictateur", a-t-il déclaré aux journalistes.

L'urne contenant les cendres du Lider Maximo traversera de mercredi à samedi le millier de kilomètres séparant La Havane de Santiago de Cuba (est), refaisant en sens inverse le chemin parcouru par le jeune Fidel dans sa "caravane de la liberté" lors du lancement de sa révolution en 1959.

Dimanche, enfin, ses cendres seront enterrées au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, qui abrite déjà la tombe de José Marti, scellant la fin du deuil national décrété pour neuf jours, période pendant laquelle les dissidents ont préféré se faire discrets, notamment par crainte de représailles.

Mais ils prévoient de reprendre ensuite leur lutte contre le régime castriste, désormais incarné par le petit frère de Fidel, Raul, 85 ans, au pouvoir depuis 2006.

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