En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Jakarta élit son gouverneur sur fond de tensions religieuses

Mercredi 19 avril 2017
Jakarta élit son gouverneur sur fond de tensions religieuses
Basuki Tjahaja Purnama, le 19 avril, à Jakarta - BAY ISMOYO (AFP/Archives)

Le gouverneur chrétien de Jakarta tente mercredi de décrocher un nouveau mandat dans la capitale indonésienne, malgré un procès pour insulte à l'islam, lors d'un scrutin test pour la tolérance religieuse dans le pays musulman le plus peuplé au monde.

Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, est opposé à l'ancien ministre de l'Education, Anies Baswedan, de confession musulmane. Le résultat du second tour de cette élection s'annonce serré à l'issue d'une campagne marquée par des tensions religieuses exacerbées par la comparution en justice depuis fin 2016 du gouverneur sortant jugé pour blasphème.

Le scrutin est aussi un terrain d'affrontement entre grands acteurs politiques du pays qui considèrent l'influent poste de gouverneur de la capitale de 10 millions d'habitants comme un tremplin pour l'élection présidentielle de 2019.

Quelque 7,2 millions d'électeurs essentiellement musulmans étaient appelés à se rendre aux urnes. Les bureaux de vote ouverts depuis 07H00 (00H00 GMT) ont fermé à 13H00 (06H00 GMT). Plus de 60.000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité.

Ahok, le premier gouverneur non musulman depuis un demi-siècle et le premier issue de la minorité chinoise, va-t-il pouvoir se maintenir à son poste en étant élu? Des estimations provisoires seront publiées dans le courant de la journée.

Il avait accédé automatiquement à cette fonction en 2014, après l'élection à la présidence de son prédécesseur Joko Widodo, dont il était alors l'adjoint déjà très populaire.

Connu pour son franc-parler, Ahok avait déclaré en septembre que l'interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d'un verset du Coran, selon lequel un musulman ne doit élire qu'un dirigeant musulman, était erronée, provoquant une vague de contestation dans ce pays qui compte près de 90% de musulmans.

Cette déclaration a été instrumentalisée par des islamistes partisans de la ligne dure et des musulmans conservateurs qui ont organisé des manifestations géantes fin 2016 dans la capitale. Le gouverneur a ensuite été inculpé de blasphème, délit pour lequel il risque jusqu'à cinq ans de prison.

- Pluralisme contre islam politique -

Malgré de vives protestations liées à cette affaire de blasphème qui a créé un clivage dans la société, Ahok, 50 ans, est arrivé en tête au premier tour le 15 février, avec 43% des voix. Son rival, Anies, 47 ans, avait obtenu 40% des suffrages. Le troisième candidat, Agus Yudhoyono, fils d'un ancien président et lui aussi musulman, avait recueilli 17%. Il n'a donné aucune consigne de vote.

Ahok est devenu un gouverneur populaire à la faveur de sa détermination pour lutter contre la corruption très répandue dans la fonction publique et entreprendre des réformes à Jakarta, métropole engorgée et désorganisée.

"J'ai voté pour Ahok car je suis pauvre et j'ai senti la différence" avec ce gouverneur depuis 2014, a déclaré Tayem, 62 ans, après avoir glissé son bulletin dans l'urne.

D'autres, comme Elva, ont privilégié l'appartenance religieuse: "en tant que musulmane, mon choix se fera en accord avec ma foi", a dit cette femme au foyer avant de voter.

Pendant la campagne de l'entre-deux tours, le rival d'Ahok a été critiqué pour avoir rencontré des dirigeants islamistes partisans d'une ligne dure, en vue d'accroître ses chances de succès. Car, pour nombre d'électeurs, la question se pose en ces termes: peut-on élire un gouverneur non musulman?

Pour l'analyste Tobias Basuki, cette élection "c'est le pluralisme en Indonésie opposé à un nouveau type d'islam politique attisé par des islamistes partisans d'une ligne dure".

Les accusations visant Ahok sont un exemple très en vue de l'intolérance religieuse qui s'est accrue ces dernières années en Indonésie, avec une forte hausse des attaques visant les minorités et une influence croissante des islamistes radicaux.

Des observateurs redoutent aussi une discrimination à l'égard de la minorité chinoise dont est issu Ahok, qui représente moins de 10% de la population. En 1998, des émeutes et pillages visant des Indonésiens d'origine chinoise avaient fait plus d'un millier de morts.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire