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Iran: décès de l'ex-président Rafsandjani homme clé de la République islamique

Dimanche 08 janvier 2017
Iran: décès de l'ex-président Rafsandjani homme clé de la République islamique
L'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, l'un des hommes clés de la République islamique, le 21 décembre 2015 à Téhéran - ATTA KENARE (AFP/Archives)

L'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, l'un des hommes clés de la République islamique depuis la révolution de 1979, est mort dimanche à l'âge de 82 ans à Téhéran après un malaise cardiaque.

M. Rafsandjani, conservateur pragmatique, président de 1989 à 1997, avait eu la lourde tâche de mener la reconstruction de son pays après la guerre avec l'Irak (1980-1988) et amorcé la politique d'ouverture de son pays à l'Occident.

Il avait été hospitalisé d'urgence dans l'après-midi à l'hôpital Shohadaa dans le nord de Téhéran, selon un de ses proches, Hossein Marashi, cité par les agences Isna et Fars.

"L'ayatollah Akbar Hachémi Rafsandjani a été transféré à l'hôpital après une crise cardiaque et malgré une heure et demi d'efforts des médecins il y est décédé", a déclaré Reza Soleimani, directeur du Conseil de discernement du régime, que M. Rafsandjani présidait.

M. Soleimani était cité par l'agence de presse de la télévision d'Etat (Irib) qui a apposé un bandeau sur son écran.

Peu après l'annonce de sa mort, un rassemblement des partisans de l'ayatollah Rafsandjani s'est formé près de l'hôpital où s'est également rendu le président Hassan Rohani, selon les médias.

M. Rafsandjani avait été un proche collaborateur de l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran en 1979.

Il a occupé différentes fonctions avant de devenir président de la République en 1989, jusqu'en 1997.

Depuis, il occupait le poste de président du Conseil de discernement du régime, chargé de conseiller le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et de trancher les différends entre le Parlement et le Conseil des gardiens de la Constitution.

- Influence en baisse -

Ces dernières années, son influence au sein des institutions de l'Etat avait fortement diminué et deux de ses enfants ont été emprisonnés.

En 2013, le Conseil des gardiens de la Constitution avait rejeté sa candidature à l'élection présidentielle en raison de son "âge" avancé.

Son fils Mehdi Hachémi purge actuellement une peine de 10 ans de prison pour des faits liés "à la sécurité" nationale et pour "escroquerie, détournement de fonds et fraude".

Sa fille Faezeh Hashemi a également été arrêtée et condamnée à six mois de prison fin 2012 pour "propagande contre le régime".

Mehdi et Faezeh étaient accusés d'avoir pris part aux manifestations de 2009 dénonçant la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Le pouvoir avait alors violemment réprimé ce mouvement.

En 2009, les proches de M. Rafsandjani avaient soutenu la candidature de Mir Hossein Moussavi contre Mahmoud Ahmadinejad.

Quatre ans plus tard, avec le soutien de M. Rafsandjani mais aussi celui de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami, l'actuel président modéré Hassan Rohani a remporté haut la main l'élection de juin 2013 contre les candidats conservateurs.

En février 2016, M. Rafsandjani avait remporté une victoire symbolique contre les conservateurs qui avaient tenté de l'isoler sur la scène politique en se faisant élire en tête des élus de Téhéran à l'Assemblée des experts, chargée de nommer et éventuellement démettre le guide suprême.

Ces dernières années, M. Rafsandjani plaidait régulièrement pour plus de liberté sur le plan politique, culturel et social. Il était aussi partisan de l'établissement d'un dialogue avec les Etats-Unis, qui n'ont plus de relations avec l'Iran depuis 37 ans.

Il avait apporté son soutien à l'accord nucléaire conclu en juillet 2015 entre l'Iran et six grandes puissances mondiales, dont les Etats-Unis, considéré comme l'ennemi principal de la République islamique.

La disparition de M. Rafsandjani constitue une perte importante pour les modérés et réformateurs alors que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, doit nommer un successeur à M. Rafsandjani à la tête du Conseil de discernement du régime.

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