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Irak: pénurie d'eau "catastrophique" pour les habitants à Mossoul

Mercredi 30 novembre 2016
Irak: pénurie d'eau "catastrophique" pour les habitants à Mossoul
Des Irakiens en file indienne attendent une distribution de nourriture, dans un quartier du centre de Mossoul, le 29 novembre 2016 - THOMAS COEX (AFP)

Déjà victimes d'une pénurie de vivres et d'électricité, des centaines de milliers d'habitants de Mossoul sont désormais privés d'eau, une situation "catastrophique" selon l'ONU dans la deuxième ville du pays, où s'affrontent forces irakiennes et jihadistes.

"Près d'un demi-million de civils, qui ont déjà du mal à se nourrir chaque jour, sont désormais privés d'eau potable saine", a prévenu mercredi la coordinatrice des opérations humanitaires de l'ONU en Irak, Lise Grande.

Cette pénurie "va avoir des conséquences catastrophiques pour les enfants, les femmes et les familles" restés dans la ville, a-t-elle alerté dans une déclaration transmise à l'AFP.

Le réseau de distribution d'eau de la ville a été endommagé dans les combats menés depuis six semaines par l'armée, appuyée par une coalition internationale, pour déloger le groupe Etat islamique (EI) de son dernier grand bastion irakien.

Dans les quartiers Est de Mossoul, dont les unités d'élite irakiennes reprennent progressivement le contrôle, les habitants assurent ne plus avoir d'eau courante depuis des jours, forcés de s'approvisionner dans des puits.

"On n'a plus d'eau ou d'électricité, on boit l'eau des puits mais ça ne suffit pas", témoigne Mohamed Khalil, 25 ans, un résident du quartier d'al-Khadraa récemment libéré.

"L'eau, c'est la chose la plus importante. On ne se lave pas, on va attraper des poux et nos maison sont sales", renchérit Iman Baker, 34 ans, mère de trois enfants installée dans un quartier repris la veille à l'EI par les forces armées.

Depuis le lancement de l'offensive à Mossoul le 17 octobre, plus de 70.000 personnes ont fui les combats, mais plus d'un million de personnes habitent toujours la grande métropole du nord de l'Irak, dont 600.000 dans les quartiers Est.

- 'Désastre sanitaire' -

"Nous risquons un désastre humanitaire et sanitaire", prévient Abdelkarim al-Obaidi, membre d'une ONG locale. "Les gens sont forcés de boire de l'eau des puits qui est impropre à la consommation".

L'hôpital de Gogjali, à la sortie Est de Mossoul, commence à voir arriver "des cas de diarrhées et de crampes intestinales, surtout chez les enfants, à cause de l'eau non potable" consommée dans la ville, rapporte une source médicale.

Abou Ali, un résident de Mossoul-Est, espère le retour de l'eau courante "avant l'apparition d'épidémies". Selon lui "certains habitants vont s'approvisionner dans le Tigre" qui coupe la ville en deux.

Certains habitants imputent la pénurie d'eau aux frappes aériennes de la coalition emmenée par Washington, qui auraient endommagé le pipeline venant de la rive ouest du Tigre.

Basma Bassim, du conseil municipal de Mossoul, suggère elle que l'EI a intentionnellement coupé l'alimentation en eau des quartiers Est, où progressent les forces irakiennes.

"Des efforts sont en cours pour fournir des camions-citernes d'eau aux quartiers qui ont été repris" aux jihadistes, assure-t-elle.

Le manque d'eau potable s'ajoute à une pénurie de vivres. Pour s'approvisionner en nourriture, la plupart des familles de Mossoul-Est ne peuvent compter que sur les distributions organisées par les autorités irakiennes.

"Certaines personnes avaient fait des stock de rations séchées mais les vivres commencent à manquer, et on n'a ni eau, ni électricité ni huile pour les chauffages d'appoint", explique Natik, 54 ans, venu chercher un panier de denrées de première nécessité lors d'une distribution d'aide alimentaire dans le quartier de Khadhraa.

Jusqu'à présent, les forces irakiennes ont envoyé des messages à la population de Mossoul l'exhortant à rester chez elle et à ne pas chercher à traverser les lignes de front. Mais la présence de centaines de milliers de civils au coeur de la ville réduit la capacité des troupes gouvernementales à recourir aux armes lourdes contre les 3.000 à 5.000 jihadistes combattant à Mossoul.

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