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Chine: un séisme violent ébranle le secteur touristique

Jeudi 10 août 2017
Chine: un séisme violent ébranle le secteur touristique
Des habitants campent sur une colline par peur des répliques à Zhangzha dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine) le 10 août 2017, au surlendemain d'un séisme qui a fait au moins 20 morts - Nicolas ASFOURI (AFP)

C'était le paradis des amoureux de la montagne, avec ses milliers de visiteurs venus du monde entier pour admirer l'un des plus beaux paysages de Chine. Mais jeudi, deux jours après un fort tremblement de terre, la désolation domine le parc de Jiuzhaigou.

Après la forte secousse qui a tué 20 personnes mardi soir, les traces du séisme de magnitude 6,5 restent spectaculaires dans les montagnes du nord de la province du Sichuan: des voitures écrasées par des chutes de pierre gisent le long des routes, que parcourent des sauveteurs en uniforme orange.

Le tremblement de terre a dévasté le parc naturel de Jiuzhaigou, réputé pour ses lacs de haute altitude aux couleurs turquoise, un écrin inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Avec l'enrichissement de la classe moyenne chinoise, le tourisme de nature a connu ces dernières années un essor considérable, au point que le parc avait accueilli plus de 30.000 personnes sur la seule journée de mardi, juste avant le séisme.

La quasi-totalité des touristes avaient été évacués jeudi matin, a constaté une équipe de reporters de l'AFP. Selon l'agence officielle Chine nouvelle, sur les 50.000 touristes évacués de la zone sinistrée, 126 étaient des ressortissants étrangers.

A Zhangzha, localité touristique à l'orée du parc, les rares habitants encore sur place ont passé la nuit dehors, par peur de retourner chez eux. A plus de 2.000 mètres d'altitude, le froid est pourtant vif la nuit, le thermomètre tombant sous les 12 degrés même en plein été.

Yang Siding, un Tibétain d'une trentaine d'années qui loue habituellement des chambres aux touristes, a passé la nuit dans la montagne.

"On a peur des répliques. Il y en a encore eu une ce matin vers 5h, au lever du soleil. Des rochers énormes sont tombés dans un gros bruit", raconte-t-il.

Plusieurs habitants ont dormi à la belle étoile dans les rues de la ville fantôme, sur des chaises ou à même le sol. A l'aube, ils tentent de se réchauffer avec un peu de thé et des couvertures.

- Des lacs défigurés -

"Cette nuit, je n'ai pas pu dormir, j'avais trop peur", abonde Zhou Quan, jeune cuisinier qui travaillait dans un hôtel lorsque la secousse l'a fait sortir dans la panique.

"On ne sait jamais avec les maisons ici. Les constructions ne sont pas sûres", redoute-t-il, comme en écho à l'énorme tremblement de terre qui a fait 87.000 morts et disparus dans le même Sichuan en 2008.

La mauvaise qualité des constructions avait alors été mise en cause pour expliquer le lourd bilan humain.

"Maintenant, ce sera à l'Etat de décider si les bâtiments sont suffisamment solides pour laisser les touristes revenir", prévoit-il.

Mais la beauté du parc, situé dans une zone de peuplement tibétain, a aussi souffert du tremblement de terre, des glissements de terrain emportant des pans entiers de l'écrin de forêts entourant les lacs.

Plusieurs des 140 célèbres lacs du parc à l'eau translucide ont été soit engloutis par des coulées de boue, soit carrément vidés de leurs eaux.

"On n'aura probablement plus de touristes d'ici à la fin de l'année. Il faudra peut-être deux ou trois ans pour que les choses reviennent à la normale", redoute Yang Siding.

Songpa Tsanduze, une Tibétaine d'une quarantaine d'années aux grandes boucles d'oreilles en or, attend que son mari vienne la récupérer avec ses enfants. Elle a peur de retourner dans le petit appartement qu'elle occupe au-dessus de la boutique où elle vend des écharpes traditionnelles.

"Si je n'ai plus de boutique, de quoi vivrons-nous? Nous avions un bon travail; nous n'aurons plus rien", redoute-t-elle.

"L'Etat a pris toutes nos terres pour planter des arbres" dans le cadre d'un programme de reforestation, se lamente-t-elle. "Nous ne pouvons plus rien cultiver. La seule chose qui nous restait, c'était le commerce..." et l'afflux des touristes.

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