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Alep: l'armée syrienne avance encore, détresse des civils

Samedi 26 novembre 2016
Alep: l'armée syrienne avance encore, détresse des civils
Un sauveteur extrait un enfant ensevelli et blessé par les bombardements sur Alep, le 24 novembre 2016 - AMEER ALHALBI (AFP)

L'armée syrienne continue de gagner du terrain à Alep et de bombarder les quartiers rebelles de la ville, faisant de nouvelles victimes civiles et ajoutant au désespoir des habitants assiégés.

Selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), huit civils ont été tués vendredi dans de nouveaux raids du régime sur plusieurs quartiers d'Alep-est, dont les 250.000 habitants sont assiégés depuis juillet par les forces du régime du président Bachar al-Assad.

D'après l'OSDH, l'armée contrôle désormais 60% de Massaken Hanano, le plus grand des quartiers rebelles dans l'est d'Alep, et avance rapidement. La télévision officielle syrienne estime qu'il s'agit "actuellement du principal front à Alep".

Si l'armée parvient à prendre Massaken Hanano, elle pourrait avoir dans sa ligne de tir le quartier voisin de Sakhour, ce qui lui permettrait de couper le secteur rebelle en deux.

"C'est devenu dangereux et difficile de sortir dans les rues à la recherche de nourriture à cause de l'intensité des bombardements", a déclaré Abou Raed, 50 ans, du quartier de Ferdous. "Il n'y a nulle part où ma famille et moi pouvons être en sécurité", ajoute ce père de quatre enfants.

A l'ouest d'Alep, deux villages ont également été la cible vendredi de frappes du régime qui ont tué au moins 18 civils dont quatre enfants, selon l'OSDH.

- 'Pluie' d'obus -

"Les obus de mortier tombent dans les rues alentour comme de la pluie (...) je ne sais pas ce que l'ONU attend. Pourquoi ils n'évacuent pas au moins les enfants et les femmes ?", a déploré Abou Hussein, 38 ans, du quartier de Bab al-Nayrab.

L'ONU déclare avoir un plan pour fournir de l'aide humanitaire à Alep et pour évacuer les malades et les blessés, plan qui a été approuvé par des groupes rebelles.

Mais Damas n'a pas donné son accord à ce plan pour le moment, et des garanties supplémentaires de la part de la Russie, alliée du régime syrien, sont nécessaires, selon des responsables de l'ONU.

Les bombardements aériens et d'artillerie du régime ont tué jeudi au moins 32 civils, dont cinq enfants, selon l'OSDH.

Il s'agit de l'un des bilans les plus élevés depuis le début, le 15 novembre, de la campagne de bombardements de l'armée sur Alep-est, dont l'objectif est de reprendre la totalité de la ville aux insurgés.

Au total, selon l'OSDH, 196 civils dont 27 enfants ont péri depuis le 15 novembre à Alep-est tandis que 18 civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles sur Alep-ouest, partie de la ville tenue par le régime.

Au moins 122 combattants rebelles ont été tués durant la même période à Alep-est.

Par ailleurs, des raids aériens ont frappé une maternité dans un village situé dans le nord de la province d'Idleb, tuant trois civils et rendant l'hôpital hors de service, a indiqué l'OSDH. Il était impossible de déterminer si les frappes étaient russes ou syriennes.

Et près de Damas, des frappes intensives du régime ont touché plusieurs ville de la Ghouta orientale, notamment à Douma où deux civils ont été tués et 15 blessés.

L'ONG Médecins sans frontières a rapporté de "multiples frappes aériennes" dans la région, ajoutant dans un communiqué que le nombre de blessés "est encore à déterminer".

- Soldat américain tué -

Ces deux derniers jours, cinq familles ont réussi à quitter Alep-est pour trouver refuge dans le quartier de Cheikh Maqsoud, une enclave du nord de la ville tenue par les forces kurdes située entre Alep-est et Alep-ouest.

Selon l'OSDH, des dizaines de familles qui tentaient de fuir le quartier de Boustane al-Bacha ont été repoussées par les rebelles.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression d'une révolte pacifique par le régime, a fait plus de 300.000 morts, devenant au fil des années de plus en plus complexe avec l'implication de forces régionales, internationales et de jihadistes.

Outre le front d'Alep, des combats font rage dans la province de Raqa, à 160 km plus à l'est, dont la grande partie est aux mains du groupe Etat islamique (EI).

Une alliance arabo-kurde, soutenue par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, a lancé le 5 novembre une offensive visant à reprendre à l'EI sa "capitale" en Syrie. Elle est parvenue à reprendre plusieurs secteurs autour de Raqa mais n'y a pas encore pénétré.

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