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REUTERS 30.07.2010
PARIS (Reuters) - La cour d'appel de Paris a rejeté la demande de remise en liberté d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet Claude Erignac en 1998, le plus grave crime commis en 40 ans de violence politique en Corse.
Il restera donc en détention dans l'attente de son troisième procès, qui doit se tenir en principe du 2 mai au 1er juillet 2011 à Paris, selon des dates encore provisoires.
Le 30 juin, la Cour de cassation avait annulé pour un vice de procédure la condamnation d'Yvan Colonna à perpétuité avec 22 ans de sûreté prononcée en 2009 en appel.
Ses avocats ont déploré le rejet de la demande de libération mais annoncé qu'ils allaient demander un complément d'information, et notamment une reconstitution à Ajaccio, avant le troisième procès.
Me Pascal Garbarini, un des avocats du berger nationaliste de Cargèse, estime que la justice est sous pression du pouvoir politique.
"La justice a du mal à prendre le pas sur le politique. Manifestement le cas Colonna est un cas qui est traité de manière particulière", a-t-il dit à la presse.
Benoit Chabert, avocat de l'Etat français, partie civile au procès de l'assassinat de son représentant, a jugé logique la décision de maintien en détention, compte tenu du fait qu'Yvan Colonna a fui durant quatre ans de 1999 à 2003 avant d'être arrêté.
"On ne peut pas dire à des juges 'faites moi confiance' alors que pendant quatre ans on s'est moqué de la justice", a-t-il dit.
RECONSTITUTION ?
Yvan Colonna, 50 ans, détenu à Fresnes (Val-de-Marne), reste juridiquement sous le coup d'une première condamnation à perpétuité prononcée en première instance en 2007.
La défense de cet ancien militant nationaliste, arrêté en juillet 2003 en Corse après quatre ans de fuite, et qui a toujours clamé son innocence, le dit victime d'un montage politique orchestré par le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy.
Les avocats proposaient qu'il sorte de prison en liberté surveillée, avec assignation à résidence et bracelet électronique. Le parquet général avait requis le rejet de sa demande de libération en se fondant sur le risque de fuite.
Me Garbarini a déclaré qu'il entendait saisir le président de la cour d'assises, qui n'est pas encore désigné, d'une demande de complément d'information. Le président peut légalement y procéder avant l'audience en saisissant un service de police.
"Il est certain que le troisième procès Colonna ne débutera pas avec comme socle le dossier d'instruction tel qu'il a été présenté aux deux juridictions précédentes", a dit Me Garbarini.
Sera demandée une reconstitution sur les lieux avec Yvan Colonna et les cinq hommes déjà condamnés définitivement pour leur participation au crime, a précisé l'avocat.
Ces hommes ont pour la plupart d'abord mis en cause Colonna, puis gardé le silence jusqu'à leur procès, puis déclaré qu'Yvan Colonna était innocent. Peu avant le premier procès Colonna, Pierre Alessandri, condamné à perpétuité, a finalement expliqué que c'était lui qui avait tiré trois balles dans la tête du préfet le 6 février 1998.
Me Garbarini souhaite aussi une expertise balistique et un examen comparatif entre ses conclusions et les constatations médico-légales sur le corps du préfet.
Thierry Lévêque, édité par Jean-Baptiste Vey
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