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Nicolas Bertin REUTERS 17.03.2010
Âgé de 52 ans, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin a accompli toute sa carrière au commissariat de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne).
Né à Cayenne, il était le père de quatre enfants. Une fille de 32 ans, un fils de 18 ans et deux jumelles de 16 ans. Il devait partir en retraite dans deux ans. Pour un ancien commissaire de police de Dammarie-les-Lys, « Jean-Serge était un très bon professionnel apprécié de tous, particulièrement rigoureux et en même temps très humain ». « C’était quelqu’un sur lequel on pouvait compter, poursuit-il. Il était toujours volontaire. C’est une perte considérable. En plus de sa médaille de la police nationale, reçue au bout de vingt ans de carrière, il avait obtenu, quand j’étais commissaire, une prime pour la très bonne gestion de sa brigade. »
Un suspect interpellé dans la soirée, après la fusillade, a en effet donné aux enquêteurs une identité basque espagnole correspondant à celle d'un jeune sympathisant de l'ETA, a-t-on précisé de source judiciaire.
"Nous pensons à un commando d'au moins six personnes, peut-être dix, dont une femme, car il y avait six voitures volées", a-t-on dit de même source.
Selon Europe 1, le tireur présumé, Joseba Fernandez Aizpurua, était recherché par la justice espagnole pour des violences urbaines à Pampelune.
Il ne s'était pas présenté la semaine dernière à son procès pour ces jets de projectiles.
Si cette piste se vérifiait, il s'agirait du premier meurtre d'un policier français par l'organisation séparatiste et la première fois qu'elle interviendrait aussi loin de la frontière espagnole, selon une source policière.
Dès mardi soir, des syndicats de police ont exprimé leur colère et leur tristesse après la mort de leur collègue, Jean-Serge Nérin, père de quatre enfants.
Ce dernier portait un gilet pare-balles mais le projectile mortel est passé sous l'aisselle avant de toucher le thorax.
"Ce meurtre en service n'est pas un drame isolé mais s'inscrit dans une suite tragique. Rappelons-nous le policier froidement écrasé et décédé en décembre dans le même département et les nombreux, trop nombreux, policiers agressés furieusement et pour lesquels le pronostic vital a été engagé", a déclaré Nicolas Comte, secrétaire général du SGP-Unité police.
Selon lui, le fait qu'il puisse s'agir d'une opération de l'ETA "ne change rien". "Cela prouve que le métier de policier peut dégénérer à tout moment. Cette violence haineuse n'est pas tolérable dans un état de droit", a-t-il dit dans un communiqué.
"Emotion et colère sont les deux mots qui me viennent à l'esprit", a déclaré de son côté aux journalistes Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est rendu sur place dans la nuit et a exhorté les policiers à "accomplir leur mission au service de la sécurité de leurs concitoyens mais en pensant à leur vie, à leur propre sécurité et à leur famille".
Les autres membres du commando étaient toujours recherchés mercredi par la police française. Les enquêteurs ont saisi l'arme du tireur présumé, un revolver à canon court.
La fusillade avait éclaté vers 19 heures.
Les malfaiteurs venaient alors de repartir d'un dépôt-vente de véhicules d'occasion où ils avaient dérobé, sous la menace d'une arme, une demi-douzaine de voitures, laissant le gérant et les employés sous le choc.
Tandis que le chauffeur de l'une des voitures volées s'engageait dans un chemin de traverse à vive allure, dans une commune voisine, une patrouille du commissariat local a tenté de procéder à un contrôle.
Mais d'autres véhicules sont arrivés par derrière et leurs occupants ont ouvert le feu sur l'équipage policier.
Jean-Serge Nérin a été mortellement touché. Mais au cours de la fusillade qui s'en est suivi, ses collègues sont parvenus à interpeller un suspect. Les autres malfaiteurs ont réussi, en revanche, à prendre la fuite.
Le suspect, qui serait âgé de 27 ans, a été placé en garde à vue. La sous-direction antiterroriste a été co-saisie de l'enquête, avec la police judiciaire de Versailles, par le parquet anti-terroriste.
Nicolas Bertin et Gérard Bon, édité par Jean-Baptiste Vey
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