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REUTERS 21.10.2009
PARIS (Reuters) - Trois Afghans ont été expulsés de France mardi soir dans un vol franco-britannique à destination de Kaboul, décision qui a déclenché l'indignation jusque dans la majorité présidentielle.
Le ministre de l'Immigration Eric Besson a expliqué mercredi lors d'une conférence de presse qu'il s'agissait de "reconduites forcées" pour trois hommes originaires de la région de Kaboul où leur intégrité physique n'est pas selon lui menacée.
Le vol conjoint affrété par les autorités britanniques est passé mardi vers minuit par l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, au nord de Paris, avant de repartir vers Kaboul.
L'avion est arrivé mercredi à 09h45 heure française (07h45 GMT) dans la capitale afghane avec également à son bord une vingtaine d'Afghans expulsés par la Grande-Bretagne, a précisé Eric Besson.
Ils ont été accueillis par un représentant français à Kaboul, pour être amenés dans un premier temps dans un hôtel payé par la France. Ils recevront une somme d'argent pour se réinstaller dans leur pays d'origine, a précisé le ministre.
Il a également annoncé que d'autres vols auraient lieu, rappelant que Nicolas Sarkozy en avait arrêté le principe.
Un quatrième Afghan placé en centre de rétention administrative devait à l'origine faire partie de ce vol mais Eric Besson dit avoir considéré que "toutes les conditions n'étaient pas scrupuleusement respectées" pour le renvoyer en Afghanistan.
Il a précisé que ce clandestin était "même proche de la passerelle" lorsqu'il a ordonné de ne pas le reconduire.
Selon la Cimade, une association d'aide aux sans-papiers, celui-ci n'a pas été reconduit parce qu'il a été blessé lors du transfert sur cette passerelle.
"Je n'ai pas connaissance de cela (...) A ma connaissance, il n'y a eu aucun incident", a répondu le ministre.
"EXPLICATIONS CONFUSES"
Annoncée depuis plusieurs semaines, l'organisation de ce vol groupé semblait certaine mardi mais le député UMP Etienne Pinte avait dit avoir eu l'assurance qu'il avait été annulé.
Le député s'est dit "trompé".
"Renvoyer des migrants à dose homéopathique ne change rien à l'affaire. Le principe de non renvoi a été bafoué. Le fil de la crédibilité et de la confiance est rompu" avec Eric Besson, a dit Etienne Pinte à Reuters.
Françoise Hostalier, députée UMP du Nord qui préside le groupe d'amitié franco-afghan à l'Assemblée, doute des précautions prises par Eric Besson.
"Si on aide à l'insertion, si c'est volontaire, si on s'assure de leur sécurité, pourquoi pas. Si c'est contraint et forcé, c'est criminel", accuse l'élue dans un entretien accordé à La Voix du Nord.
Ces parlementaires ne sont que des voix discordantes d'une majorité déterminée sur ce point, a dit Eric Besson.
Le ministre de l'Immigration assure que les retours d'Afghans dans leur pays ne se font que si leur sécurité sur place est assurée.
"Les explications confuses autour de critères respectés n'y changeront rien", écrit France Terre d'Asile dans un communiqué.
"Le symbole donné est celui de la France qui renonce à ses propres valeurs", poursuit l'association, dont la pétition contre ces "charters" a recueilli plus de 14.000 signatures.
Ces Afghans, a réagi Martine Aubry mercredi matin sur France 2, "ne viennent pas ici pour nous ennuyer, mais pour fuir la guerre, fuir la misère, fuir la pauvreté".
"Je crois que c'est indigne de notre pays de les traiter ainsi", a poursuivi le premier secrétaire du Parti socialiste.
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a défendu sur RMC et BFM TV son collègue du gouvernement, estimant que le fait de venir d'un pays en guerre ne suffisait pas à obtenir l'asile politique.
"Dans ce cas-là, on n'a plus qu'à dire à tous les Afghans, à toutes les personnes qui habitent dans un pays où il y a la guerre de venir en France, ce serait totalement irresponsable", a-t-elle dit.
Clément Guillou et Laure Bretton, édité par Yves Clarisse
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