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SNCF: l'Assemblée vote la réforme, quatrième séquence de grève en vue

Mardi 17 avril 2018
SNCF: l'Assemblée vote la réforme, quatrième séquence de grève en vue
Des TGV à l'arrêt à Paris le 10 avril 2018 - GERARD JULIEN (AFP/Archives)

A la veille de la reprise de la grève en pointillés à la SNCF, l'Assemblée nationale s'apprête à adopter largement mardi en première lecture le projet de loi de réforme ferroviaire, contesté par la gauche et finalement approuvé par LR après quelques atermoiements.

Défendue comme "indispensable" par l'exécutif, qui a promis d'aller "au bout" malgré les mouvements sociaux, la réforme est vivement critiquée par les députés de la gauche de la gauche, à l'unisson des syndicats.

Au long des débats la semaine dernière dans l'hémicycle, Insoumis et communistes ont ainsi accusé le gouvernement de vouloir "scalper" les cheminots, en mettant fin au statut pour les nouveaux embauchés. Ils ont aussi récusé tout effet positif de l'ouverture à la concurrence, présentée par la ministre des Transports Elisabeth Borne comme un "aiguillon stimulant" pour la SNCF.

Sans s'opposer frontalement à l'ouverture à la concurrence, les socialistes voteront contre une réforme permettant "une SNCF privatisable" avec le changement de statut de l'entreprise, selon l'un de leurs porte-parole Boris Vallaud.

La gauche entend encore se "battre pied à pied" pour que la loi "soit retirée", a affirmé mardi l'un des porte-parole des députés communistes Pierre Dharéville. "La bataille du rail continue, le parcours de la loi n'est pas achevé et la colère continue de s'exprimer fortement", a-t-il ajouté.

A la veille du vote sur un texte "enrichi" selon le ministère, les syndicats ont dénoncé un passage "en force" avec cette première étape parlementaire. La CGT, 1e force syndicale à la SNCF, a appelé à un "très haut niveau" de grève mercredi et jeudi, lors du nouvel épisode de mobilisation pendant les vacances scolaires.

A l'appel de SUD-Rail, une centaine de cheminots, rejoints par des étudiants, s'est rassemblée en début d'après-midi devant le ministère des Transports, où de nouvelles réunions bilatérales sont prévues. "On s'en fout du vote. On veut faire comme avec le CPE (contrat première embauche en 2006 ndlr) qui a été voté mais pas appliqué", ont indiqué plusieurs d'entre eux.

- Ne pas "se boucher le nez" -

Pour l'ouverture à la concurrence, les députés LR ont joué les équilibristes sur ce texte, dénonçant plus la forme, notamment le recours aux ordonnances, que le fond. En phase avec l'offensive du parti sur la ruralité notamment, ils ont aussi martelé leurs inquiétudes sur l'avenir des "petites lignes", récusées par la ministre.

Après avoir réservé leur vote entre abstention et pour, les élus du principal groupe d'opposition ont annoncé mardi qu'ils seraient "très majoritairement" pour, malgré des "fragilités" sur la dette et les petites lignes.

"Quand une réforme, même largement insuffisante va dans le bon sens, on la vote dans l'intérêt du pays", a indiqué à l'AFP le vice-président du groupe Damien Abad, assurant que le président de LR Laurent Wauquiez avait "beaucoup poussé en ce sens".

"Sur ce sujet, comme sur la loi Travail où on est plutôt en phase, on ne va pas se boucher le nez", a renchéri un député LR.

Les élus UDI-Agir voteront aussi le texte, selon leur co-président Franck Riester, tout en étant également soucieux de "la dette et des investissements dans les petites lignes et le réseau".

Si le ministère "continue à discuter" avec les syndicats, de l'huile a encore alimenté lundi le feu de la contestation. La SNCF a annoncé son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire, Fret SNCF, lourdement endettée.

Les syndicats y ont vu un signe du démantèlement du service public ferroviaire, la CGT dénonçant une "nouvelle provocation".

Pour les députés communistes, c'est aussi "un témoignage de plus de la manière de réduire le Parlement à une chambre d'enregistrement".

La confirmation par Emmanuel Macron dimanche d'une reprise progressive d'une partie de la dette de la SNCF par l'État à partir du 1er janvier 2020 n'a pas non plus convaincu les syndicats, qui notent qu'il n'y a "aucun engagement ferme", message convergent de la gauche.

Cette dette a été l'Arlésienne des débats à l'Assemblée, objet d'incessantes questions de gauche et de droite.

Le texte ne sera pas examiné par le Sénat avant le 29 mai. Le ministère espère qu'il sera "définitivement voté au plus tard début juillet". Certaines ordonnances iront ensuite "très vite, dès l'été", notamment sur la concurrence, la nouvelle organisation de la SNCF devant, elle, faire l'objet d'un "travail juridique et financier très fin et assez complexe".

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