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Sisco: jusqu'à 2 ans de prison pour une rixe "minable" qui a "frôlé la catastrophe"

Vendredi 16 septembre 2016
Sisco: jusqu'à 2 ans de prison pour une rixe "minable" qui a "frôlé la catastrophe"
Plusieurs centaines de personnes rassemblées devant le tribunal de Bastia le 15 septembre 2016 en soutien à deux habitants de Sisco jugés - PASCAL POCHARD-CASABIANCA (AFP)

Une rixe "minable" et une "scène d'hystérie collective" d'une extrême violence: le tribunal correctionnel de Bastia s'est penché jeudi sur la rixe de Sisco, condamnant au bout de la nuit les cinq prévenus à des peines allant de six mois de prison avec sursis à deux ans ferme.

"Aujourd'hui, lumière est faite, c'était une rixe, point à la ligne", a réagi vendredi matin sur France Info le maire PS de Sisco, Pierre-Ange Vivoni: "la page est tournée". Deux jours après les faits, il avait mis en avant cette rixe pour prendre un arrêté anti-burkini, validé par le tribunal administratif de Bastia.

Pendant plus de 12 heures, le tribunal correctionnel a étudié minutieusement l'engrenage qui a mené au bord de la "catastrophe", selon le procureur de la République Nicolas Bessone. Au soir du 13 août, une centaine de membres des forces de l'ordre avaient été nécessaires pour mettre un terme aux échauffourées opposant les membres de familles marocaines de Corse à des villageois de Sisco. Bilan: quatre blessés et plusieurs véhicules retournés et incendiés.

Quelques mois après l'agression de pompiers à Ajaccio le soir de Noël, qui avait été suivie d'une manifestation émaillée de slogans racistes et du saccage d'une salle de prière musulmane, la rixe de Sisco avait ravivé les tensions sur l'île.

Burkini, insultes racistes, femme seins nus malmenée sur la plage... le flou initial à propos des circonstances des échauffourées avait contribué à l'émoi suscité par ces échauffourées. Au lendemain des incidents, aux cris de "On est chez nous!", quelque 500 personnes avaient défilé dans un quartier populaire de Bastia, où certains pensaient que les familles marocaines impliquées vivaient.

-"Lynchage collectif"-

A l'arrivée pourtant, le tribunal a mis au jour une banale altercation qui a dégénéré, suivie d'un mouvement de foule très violent. "La société française et la société corse, qui en fait partie, sont traversées par des fractures, mais ce n'est pas la réalité du dossier, qui est à la fois quelque chose de plus classique et de plus minable", a fustigé M. Bessone.

Deux ans de prison ferme ont été prononcés à l'encontre de Mustapha Benhaddou, 33 ans, déjà condamné à plusieurs reprises et présenté par l'accusation comme le principal responsable de la rixe. Absents à l'audience, deux de ses frères, Abdelillah, 38 ans, et Jamal, 29 ans, ont écopé chacun de 6 mois avec sursis. Un quatrième frère, Moucine, en fuite depuis la rixe, n'a pas pu être jugé.

Deux villageois, le boulanger Lucien Straboni, 50 ans, déjà condamné dans une affaire d'extorsion, et un employé municipal de 22 ans, Pierre Baldi, ont quant à eux été condamnés à un an et huit mois avec sursis.

A l'origine de la rixe, des photos prises depuis le bord de la route. Installé avec sa famille depuis le matin dans une petite crique de Sisco, Mustapha Benhaddou n'apprécie pas et le fait savoir, d'abord à un couple de touristes, puis à un groupe de jeunes.

Des invectives sont échangées avec les jeunes gens. Mustapha Benhaddou, ne se souvient plus, bafouille, répond vaguement, mais reconnaît avoir "secoué et giflé" Jerry Neumann, un villageois âgé de 18 ans.

A partir de là, les échauffourées prennent de l'ampleur avec l'arrivée de plusieurs habitants de Sisco venus prêter main forte aux jeunes "secoués": "On a frôlé la catastrophe", résume le procureur, qui évoque un "lynchage collectif".

"Vous avez conscience que tout cela aurait pu s'achever sur un drame?", a demandé la présidente à Lucien Straboni et Paul Baldi. Les deux hommes acquiescent mais tentent de se justifier. Jamal Benhaddou "m'a dit +fils de pute, je vais vous égorger+ et a fait le geste", raconte Lucien Straboni, accusé d'avoir porté un coup de poing à Jamal alors qu'il était transporté inconscient sur un brancard.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de justice au début de l'audience, qui s'est achevée vers 04H00 dans la nuit de jeudi à vendredi, pour soutenir les deux Siscais, à l'appel notamment du parti indépendantiste Corsica Libera.

Invoquant notamment la "sûreté des prévenus", les avocats de l'un des frères Benhaddou avaient demandé le dépaysement du procès, une requête rejetée jeudi matin.

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