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Procès de Moirans: les suspects nient leur implication dans les émeutes

Mardi 20 septembre 2016
Procès de Moirans: les suspects nient leur implication dans les émeutes
Adèle Vinterstein, le 20 octobre 2015 dans le camp de gens du voyage de Moirans (Isère) - PHILIPPE DESMAZES (AFP/Archives)

"J'ai jamais demandé ça!" Soupçonnée d'avoir joué un rôle clé dans le déclenchement des émeutes de Moirans (Isère) à l'automne dernier, Adèle Vinterstein a nié mardi à la barre toute implication dans cette spectaculaire éruption de violence, comme la plupart des onze autres prévenus.

"Ce qui s'est passé, en aucun cas, ça aurait dû se passer", a assuré devant le tribunal correctionnel de Grenoble cette mère de 45 ans, issue de la communauté sédentarisée des gens du voyage de Moirans.

"Ça a brûlé de ce côté-ci, de ce côté-là et, moi, j'étais au milieu. Y avait un transfo de gaz, on aurait pu sauter", a ajouté cette femme pourtant soupçonnée d'avoir allumé un incendie qui l'a dépassée.

C'est en effet après le refus d'un juge d'autoriser la sortie de prison de son fils, Mike Vinterstein, 24 ans, pour assister aux obsèques de son frère de 17 ans, que les émeutes éclatent. Ce 20 octobre 2015, Adèle appelle d'ailleurs la mairie en menaçant d'y mettre le feu alors que plusieurs dizaines d'émeutiers ont déjà incendié des pneus, palettes et voitures sur une route départementale et qu'ils s'apprêtent à bloquer la ligne SNCF Lyon-Grenoble en y jetant des voitures brûlées.

Son appel au calme dans la soirée contribue cependant à éteindre les violences. "C'était pas à moi à les calmer, je suis pas gendarme. Si j'avais su que j'avais ce pouvoir-là, je l'aurais fait plus tôt", affirme-t-elle aujourd'hui.

- 'C'est toujours moi!' -

Comme les autres prévenus, âgés de 18 à 58 ans (neuf hommes et trois femmes), elle encourt dix ans de prison pour sa participation supposée à ces émeutes qui avaient suscité une vive polémique politique et causé plus de 230.000 euros de dommages.

"Ce que je sais, c'est que mon fils n'a pas pu dire +au revoir+ à son petit frère. Et y a aucune assurance qui pourra réparer son cœur", lance-t-elle en éclatant en sanglots.

Comme elle, la plupart des suspects, dont trois étaient absents pour cause de maladie mardi, contestent leur implication dans les émeutes.

"J'ai beau dire c'est pas moi, c'est pas moi. C'est toujours moi! Ça commence à me gaver", lance ainsi Jonathan Buch, 28 ans. "C'est toujours pareil, faut bien qu'y en a qui ramassent", ajoute l'homme, déjà condamné à treize reprises.

L'identification des émeutiers, presque tous cagoulés et gantés, s'est avérée extrêmement ardue. Certains ont été confondus grâce à leurs vêtements. D'autres par des traces ADN ou des témoignages. Mais beaucoup n'ont jamais été retrouvés.

- "J'ai fait un peu le con"-

Moins prudent, Jean-Claude Gallo, 52 ans, auto-entrepreneur en bâtiment, a lui été longuement filmé par l'hélicoptère de la gendarmerie le visage découvert au milieu des émeutiers. Sur une image, il fait un geste semblant indiquer aux émeutiers cagoulés de pousser une voiture sur la voie ferrée.

"Je disais aux gendarmes de venir", assure M. Gallo, alors qu'aucun gendarme n'est visible à l'horizon. L'homme, veste noire et chemise, se présente en "négociateur" venu "calmer les choses" mais un négociateur qui n'a pas parlé aux émeutiers car "je ne suis pas Hercule", dit-il.

"J'ai essayé d'aider le plus de gens, c'est dommage si ça ne s'est pas vu. La prochaine fois, j'essaie pas de faire le bien, ça sert à rien", ajoute le prévenu qui comme les autres encourt dix ans de prison.

Djovani Roussalino, 24 ans et onze condamnations au casier judiciaire, a lui fini par avouer à la barre, après avoir longuement nié. "Je me suis mis dans la foule, j'ai fait un peu le con, j'ai fait n'importe quoi", a reconnu ce père de deux enfants, aujourd'hui en prison.

Les réquisitions sont attendues mercredi et le jugement le 28 septembre, après les nombreuses plaidoiries de la défense.

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