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Obsessionnel et méthodique, l'incroyable "serial poinçonneur" de Bordeaux

Jeudi 30 novembre 2017
Obsessionnel et méthodique, l'incroyable "serial poinçonneur" de Bordeaux
Des pneus usagés sur un site de stockage, qui seront évacués pour le compte de l'association Recyvalor, le 20 février 2009 à Vitrolles - GERARD JULIEN (AFP/Archives)

Il pouvait crever 70 pneus par nuit, avait planifié ses "sorties" jusque décembre 2018, recensait les quartiers "visités" avec numéros de rues "codés": le "serial poinçonneur" de Bordeaux à révélé une incroyable minutie, un degré d'obsession, et une grosse "colère" contre la société.

Après quelque 6.000 voitures touchées en six ans de méfaits, la Sûreté urbaine de Bordeaux avoue qu'un "grand ouf" de soulagement a été poussé en interne, avec l'interpellation mercredi du suspect, qui outre une nuisance croissante pour le public, représentait un véritable défi pour la police au terme de trois ans d'enquête depuis que l'aspect sériel du phénomène a été soulevé, fin 2014.

Une histoire de pneus crevés, "cela peut prêter à sourire", a reconnu le parquet jeudi devant la presse. Mais les divers commissariats de l'agglomération bordelaise riaient moins lorsqu'ils recevaient des files de riverains ulcérés (un automobiliste a été frappé six fois...) après une nouvelle "nuit d'action" du poinçonneur. Lequel pouvait crever par nuit les pneus de 70 voitures, n'importe quelle marque, toujours les deux côtés trottoir, dans une "zone" donnée.

Car c'est par "zones" que l'homme procédait. Des zones qu'il notait scrupuleusement ("Zone 1", "Zone 2", etc) dans un carnet dont l'AFP a vu quelques pages: itinéraires prévus, heure de départ, emplacement des caméras video-surveillance à éviter --"entre tel et tel numéro, ne pas percer", et numéros de maisons inversés pour brouiller les pistes, etc.

Divers quartiers de Bordeaux, mais aussi Cenon, Villenave d'Ornon, Floirac, Talence... Pas une ville de la proche banlieue n'échappait au poinçon, qui agissait de nuit, souvent entre 2H00 et 5H00, marchant loin, rentrant parfois à son domicile du centre-ville avec le premier tramway, a expliqué le commissaire Nicolas Pérez, chef de la Sûreté urbaine, qui a mené l'enquête.

Celle-ci cumulait les difficultés. Pas de traces génétiques, méfaits par cycles irréguliers (à dessein) et éparpillés géographiquement, pas d'image de vidéosurveilance, "travail de fourmi" de porte à porte requis auprès des victimes (1.100 plaintes recensées). Et le fait que les pneus finement crevés au poinçon se dégonflaient lentement, souvent longtemps après le méfait, et ailleurs.

- Un "serial killer"... de pneus-

C'est une photo prise par un riverain, puis une image de caméra video-surveillance ayant échappé au suspect, qui ont permis d'accélérer: identification, surveillances, interpellation.

Pourquoi tant de haine ? Parcours et psychologie du suspect de 45 ans, sans profession, inconnu de la justice, restent à approfondir, mais une première expertise a révélé une "personnalité obsessionnelle et solitaire", "extrêmement méthodique", non sans une certaine "dangerosité", selon la procureure, Marie-Madeleine Alliot. "Il a un profil un peu de serial killer (...) Il a fait cela (les pneus) mais il aurait pu faire autre chose."

Une enfance de maltraitance, un placement, le sentiment que les institutions l'ont négligé... Le "serial poinçonneur", un "surnom auquel lui-même tient", a exprimé son amertume envers la société, un "mal être", une envie de "revanche", selon la police. Peut-être déclenchée en 2011 lorsqu'il trouva un poinçon dans la rue.

"Il avait envie d'être reconnu, d'être écouté puisqu'on ne l'a pas écouté, de se faire remarquer", a dit le parquet, de ce personnage doté d'une "intelligence certaine", qui goûtait les articles de presse sur ses méfaits.

Interpellé à 2H du matin, alors qu'il sortait de chez lui pour une nouvelle expédition, l'homme a vite reconnu les faits, ajoutant des détails, disant aux policiers son "besoin de parler". Il a reconnu avoir sans doute crevé les pneus d'environ 6.000 voitures depuis 2011. "Un chiffre crédible", selon la police. Provisoirement, le préjudice est estimé à 400.000 euros.

Le suspect a été mis en examen pour dégradation volontaire de biens privés appartenant à autrui, et placé sous contrôle judiciaire. Il encourra deux ans de prison et 300.000 euros d'amende à son procès, le 18 mai.

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