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Les ténors de l'UMP font bloc autour de Sarkozy à mi-mandat

REUTERS 18.10.2009

Photo d'archives / Olivier Pon

PARIS (Reuters) - Les ténors de la majorité ont fait bloc dimanche autour de Nicolas Sarkozy en assurant que la "malédiction" de la mi-mandat qui frappe les présidents de la Ve République ne le contaminerait pas malgré la grogne qui monte.

Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et le président du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, ont toutefois reconnu qu'il fallait mieux expliquer les réformes après deux ans et demi de pouvoir.

Nicolas Sarkozy, qui est confronté à une forte impopularité - 39% d'opinions favorables dans le dernier sondage du Journal du Dimanche -, conséquence de la crise économique, de la montée du chômage mais aussi des récentes polémiques, notamment sur la promotion annoncée de son fils Jean à la tête du quartier d'affaires de la Défense, n'entend pas reculer.

Il ne cèdera pas, assure Xavier Bertrand, à la "malédiction" de la mi-mandat, la tentation de mettre les réformes au frigo devant la montée de la contestation.

"Dans la plupart des mandats précédents, au bout de deux ans, les réformes c'était terminé", a-t-il dit lors de l'émission Politique d'i>Télé et des Echos. "Il n'y aura pas cette malédiction, il n'y aura pas de pause dans les réformes, il n'y aura pas de ralentissement des réformes ce qui veut dire (...) qu'il faut expliquer davantage où on est et où on va".

Jean-François Copé, qui rate rarement une occasion de marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy et dont les troupes tanguent, a abondé dans le même sens sur Radio J.

"Quand les choses sont plus difficiles, on dit 'attention, on est au bord de la révolution'", a-t-il dit.

"Rien de tout cela n'est produit", a-t-il estimé alors que les syndicats ont appelé pour mardi à une journée de grève à la SNCF ainsi qu'à des actions à France Télécom et à Pôle Emploi.

Ces mouvements sociaux interviennent quelques jours après les imposantes manifestations d'agriculteurs vendredi dernier.

UN COMPROMIS SUR JEAN SARKOZY ?

Tout en soutenant Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé a toutefois invité ses "amis à réfléchir à la suite".

"On a ouvert tous les chantiers sur lesquels on s'était engagés pour la présidentielle, maintenant il faut passer à l'étape suivante", a-t-il poursuivi en estimant qu'il y a "un certain nombre de cris d'alarme qu'il faut entendre".

Pour l'opposition, en revanche, le président français est dans une position de plus en plus difficile.

"Nicolas Sarkozy paie le prix de ses promesses non tenues", déclare François Hollande, l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, dans un entretien au Journal du Dimanche. "Il perd plus que la main, il perd pied", ajoute le député de la Corrèze.

Le malaise social s'ajoute au mécontentement qui se développe depuis quelque temps au sein de l'électorat en général, comme le montrent les derniers sondages, et plus particulièrement au sein de la majorité.

Le retrait des tests ADN pour les candidats au regroupement familial, la mise en cause du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, accusé de tourisme sexuel, la suppression de la taxe professionnelle (TP) et l'instauration de la taxe carbone font grincer des dents dans l'opposition mais aussi dans la majorité.

Et ce d'autant plus que les élections régionales, prévues en mars prochain, approchent à grands pas.

La politique fiscale du gouvernement, imposée par l'Elysée, fait également l'objet de critiques au sein de la majorité. La semaine dernière des députés UMP et du Nouveau centre (NC) ont failli faire adopter un amendement remettant en cause le sacro-saint "bouclier fiscal" pour tenir compte de la crise.

Mais c'est surtout la candidature de Jean Sarkozy, un des fils du chef de l'Etat, à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (EPAD), qui suscite le plus de critiques, les socialistes parlant même de "népotisme".

Pour sortir de cette impasse, on a vu dimanche le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, envisager que les neuf membres du conseil d'administration de l'organisme public nommés par l'Etat puissent s'abstenir lors de l'élection, le 4 décembre, du président de l'EPAD.

Cela rendrait la nomination de Jean Sarkozy beaucoup plus incertaine, puisque seuls quatre élus de droite, quatre de gauche et un représentant de la Chambre de commerce voteraient.

Emile Picy et Yves Clarisse, édité par Pascal Liétout

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