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Le militant de SUD blessé à l'oeil lors de la manifestation du 15 a porté plainte

Samedi 17 septembre 2016
Le militant de SUD blessé à l'oeil lors de la manifestation du 15 a porté plainte
Laurent Theron montre la blessure qu'il a reçue lors de la manifestation contre la loi travail, à Paris le 15 septembre 2016 - Greg Sandoval (AFP)

Le militant de SUD grièvement blessé à l'oeil jeudi lors de la manifestation parisienne contre la loi travail et qui a perdu en partie la vue a porté plainte samedi auprès de "la police des polices" qui l'a auditionné à l'hôpital.

"L'IGPN (Inspection générale de la police nationale) s'est déplacée à l'hôpital (Cochin). Il a été entendu pour déposer plainte", a annoncé à l'AFP Julien Pignon, avocat de ce militant, Laurent Theron, 46 ans, secrétaire médical à l'hôpital Albert-Chenevier de Créteil.

Laurent Theron a été blessé "probablement par un jet de grenade de désencerclement, un projectile qui reste à identifier précisément", a déclaré Me Pignon.

"D'après plusieurs témoins, on n'était pas face à une foule hostile qui aurait pu justifier l'utilisation d'une arme susceptible de causer des blessures importantes. Lancé à la volée c'est très dangereux, sachant que ces munitions doivent être utilisées en les faisant rouler par terre", a poursuivi l'avocat.

"Parmi les forces de l'ordre, on a des utilisations totalement irrégulières de ce type d'armes. L'enquête déterminera si un usage de ce type a été fait", a-t-il ajouté.

"Je vais tout faire pour que justice soit faite", a déclaré Laurent Theron sur BFMTV, disant "sa tristesse d'avoir perdu la moitié de la vue" et expliquant qu'il avait "plusieurs os fracturés" autour de l'oeil. Il a été opéré dans la nuit de jeudi à vendredi à Cochin, selon Éric Beynel, délégué général de l'Union syndicale Solidaires qui rassemble tous les syndicats de SUD.

Solidaires, qui a dénoncé "un usage disproportionné de la force" que "rien ne justifiait", prépare "une saisine du Défenseur des droits sur la manière dont les forces de l'ordre ont été mobilisées pendant les manifestations anti-loi travail", a annoncé M. Beynel.

- Les mains dans les poches -

La préfecture de police, qui a fait état de huit blessés parmi les policiers et gendarmes et quatre parmi les manifestants, a confirmé que le manifestant avait été touché à l'oeil par un "projectile indéterminé".

Les enquêteurs de l'IGPN, qui cherchent à déterminer quels étaient les effectifs présents au moment des faits, devaient aussi entendre ce week-end des membres des forces de l'ordre impliqués dans le dispositif de sécurité sur les lieux jeudi, selon une source policière.

Dans un message à Solidaires que l'AFP a consulté, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a exprimé son "soutien" et sa "solidarité", réaffirmant son souhait d'une "enquête parlementaire". Bernadette Groison (FSU) a également exprimé son soutien.

M. Theron a expliqué qu'il avait été atteint à l'oeil en fin de manifestation.

"J'avais les mains dans les poches (...) D'après le chirurgien qui m'a opéré, vu l'ampleur des dégâts, le tir était tendu et il devait venir de près", a-t-il précisé, cité par le site internet du journal Le Monde.

"Quand on est arrivé, on a entendu quelques pétards, on a vu les CRS qui commençaient à se positionner. (...) J'ai vu des lacrymogènes et des jeunes qui les renvoyaient à coups de pied", a-t-il encore raconté.

"Il y a eu une première charge des CRS et puis une deuxième. J'ai vu que ça commençait à se rapprocher et je me suis dit: +Il vaut peut-être mieux que je sorte+. Une colonne de CRS est passée derrière le skatepark de la place, j'ai entendu boum et j'ai senti mon œil exploser", a-t-il ajouté.

Gazages, coups de matraques "gratuits", insultes: un collectif a adressé en juillet au Défenseur des droits 68 réclamations contre des violences policières lors des manifestations contre la loi travail partout en France, dont l'instruction a commencé.

Cette instance indépendante s'était déjà saisie du cas d'un jeune homme, Romain D., grièvement blessé le 26 mai après le jet d'une grenade de désencerclement par un policier.

Selon le ministère de l'Intérieur, 92 enquêtes judiciaires et sept enquêtes administratives sont en cours à l'IGPN concernant ces manifestations.

Par ailleurs, suite aux violences lors de la manifestation de jeudi, un homme de 23 ans a été condamné à six mois ferme samedi en comparution immédiate, sans mandat de dépôt, pour violences avec armes sur personne dépositaire de l'autorité publique. Le dossier de deux autres manifestants a été renvoyé au 14 octobre.

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