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"Jungle" de Calais: le gouvernement promet une évacuation "humanitaire"

Mardi 20 septembre 2016
"Jungle" de Calais: le gouvernement promet une évacuation "humanitaire"
Des ouvriers creusent les fondations d'un mur destiné à empêcher l'intrusion de migrants sur la rocade portuaire de Calais, le 20 septembre 2016 - PHILIPPE HUGUEN (AFP)

La construction d'un mur "anti-intrusions" a commencé mardi pour protéger les accès au port de Calais des assauts répétés de migrants, tandis que le gouvernement promettait une opération "d'ordre humanitaire" lors du prochain démantèlement de la "Jungle".

A quelques centaines de mètres du camp de la lande (son nom officiel), où vivent 6.900 migrants selon les autorités - 10.000 selon deux associations -, le béton a commencé d'être coulé, sur 50 mètres de long et un de profondeur, à deux mètres de la rocade portuaire, derrière la barrière de sécurité.

Le mur, qui sera "végétalisé", fera un kilomètre de long, pour 4 mètres de haut. S'il revêt une forte charge symbolique, il ne fera que prolonger les quelque 30 kilomètres de grillage, surmontés ici ou là de barbelés, installés depuis l'été 2015 pour protéger le port et la rocade portuaire. Les travaux doivent se terminer "avant la fin de l'année", d'après la préfecture du Pas-de-Calais.

Le gouvernement veut ainsi envoyer un signal dissuasif aux futurs candidats à l'émigration clandestine et aux passeurs, défendant une "stratégie globale de long terme pour diminuer l'attractivité du Calaisis". Et ce à quelques jours de la visite attendue de François Hollande, qui devrait venir à Calais lundi prochain, selon des sources concordantes.

"Symboliquement et psychologiquement, ce mur marque profondément. Mais c'est une très mauvaise façon d'utiliser l'argent des Britanniques", estime François Guennoc, de l'Auberge des migrants, tandis que, pour la maire de Calais Natacha Bouchart (LR), "ce mur n'a plus lieu d'être" depuis que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est venu sur place annoncer le 2 septembre la fermeture "le plus rapidement possible" du plus grand bidonville de France.

Cette opération d'évacuation constituera "une opération d'ordre humanitaire" et chaque migrant "sera accompagné vers la demande d'asile", ont de leur côté assuré Bernard Cazeneuve et la ministre du Logement Emmanuelle Cosse à l'issue d'une réunion avec les associations.

Il a notamment été convenu que "chaque migrant se verra proposer une solution de mise à l'abri et sera accompagné vers la demande d'asile", ont précisé les ministres dans un communiqué.

- "Confiance engagée" -

Les associations étaient réunies à l'occasion d'un comité de suivi des Centres d'accueil et d'orientation (CAO), pour lesquels l'Etat a chiffré à 12.000 le total des places nécessaires dans le cadre du démantèlement.

"La démarche va dans le bon sens", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Mas de la Cimade. "On est sur la même longueur d'ondes sur la nécessité de démanteler et qu'il y ait une solidarité nationale sur tout le territoire", a ajouté Thierry Kuhn, le président d'Emmaüs France.

Les associations étaient notamment arrivées avec des demandes concernant les "dublinés", ces migrants ayant laissé leurs empreintes dans un autre pays européen et qui devraient, aux termes du règlement de Dublin, y être renvoyés.

"On a la garantie que les personnes allant en CAO ne seront pas +dublinées+", a assuré Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique.

"C'est notre confiance qui est engagée vis-à-vis des migrants, parfois on avait promis qu'il n'y aurait pas de renvois et certains préfets ont fait du zèle, mais le ministre de l'Intérieur nous a assuré que ça ne se reproduirait plus et qu'il donnerait des instructions" en ce sens, a-t-elle ajouté.

Sollicité, le ministère de l'Intérieur n'a pas fait de commentaire.

Par ailleurs, "un diagnostic sera partagé entre les services de l'Etat et les associations sur le comptage, la situation personnelle et les besoins des migrants", ajoute le communiqué des ministres. "Une prise en charge spécifique sera proposée aux personnes vulnérables" (femmes avec enfants, mineurs non-accompagnés...).

Selon le gouvernement, "une information claire et complète" sera délivrée "en amont" à chaque migrant, et "le démantèlement ne démarrera que lorsque les conditions pour proposer une solution à chacun seront réunies".

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