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Imbroglio sur le sort d'une lycéenne congolaise

REUTERS 23.10.2009

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises et RESF donnent des versions contradictoires des circonstances du retour dans son pays d'origine d'une lycéenne congolaise, dont l'organisation militante dénonce l'expulsion.

La jeune fille, âgée de 19 ans et élève en BTS au lycée Jules Siegfried, dans le Xe arrondissement de Paris, a pris un vol mercredi pour la République démocratique du Congo.

Mais la police et l'organisation de défense des sans-papiers scolarisés en France divergent sur les circonstances de ce départ, volontaire pour la première et forcé pour la seconde.

Nanette Alanhi Banfoga a été "arrêtée mercredi matin gare du Nord, en allant au lycée", a déclaré vendredi le Réseau éducation sans frontières (RESF) dans un communiqué.

Elle a été "emmenée directement à l'aéroport d'Orly et embarquée sur un vol d'Air Maroc pour Casablanca, puis de Casablanca à Brazzaville", ajoute l'organisation, qui dénonce là la première expulsion d'un lycéen depuis août 2006.

Sollicitée pour commenter ces déclarations, la préfecture de police de Paris a contesté cette version, affirmant que la jeune femme avait quitté le sol français de son plein gré.

"Elle avait fait un dossier de demande d'asile. Elle avait un rendez-vous le 9 octobre qu'elle n'a pas honoré", a dit une porte-parole de la préfecture.

"Parallèlement, elle a fait des démarches auprès de l'Office français de l'intégration et de l'immigration pour bénéficier du dispositif d'aide au retour volontaire et donc, de son propre chef, elle a pris un avion le 21 octobre", a-t-elle poursuivi.

RESF s'est dit dans "l'incompréhension totale" face à la réponse de la police et tentait vendredi d'accéder au dossier de la jeune femme, qui a selon l'organisation appelé sa mère de Brazzaville pour la prévenir qu'elle avait été expulsée.

"Cette demande (d'aide au retour) aurait été déposée le 1er octobre. Or, le registre du lycée ne la porte absente à aucun cours ce jour-là", a dit à Reuters Isabelle Benoît de RESF.

"Elle serait partie volontairement, mais elle n'avait pas de bagages puisqu'elle est partie au lycée normalement", a-t-elle ajouté, citant le témoignage de la mère, qui bénéficie d'une autorisation de séjourner sur le territoire, selon RESF.

Cette affaire intervient en pleine polémique sur l'expulsion, dans la nuit de mardi à mercredi, de trois Afghans reconduits à Kaboul à bord d'un vol franco-britannique, quelques semaines après leur arrestation en marge du démantèlement de la "jungle" de Calais.

Le Premier ministre, François Fillon, a rappelé vendredi que le gouvernement n'avait "pas à s'excuser ou se culpabiliser" de renvoyer dans leur pays des Afghans en situation irrégulière, "parce qu'il fait respecter la loi".

La France a procédé l'année dernière à 29.796 éloignements, dont 19.724 ont été contraints.

Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse

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