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Fofana jugé pour 40 affaires avant l'assassinat d'Ilan Halimi

Mardi 10 janvier 2017
Fofana jugé pour 40 affaires avant l'assassinat d'Ilan Halimi
Youssouf Fofana le 4 mars 2006 à l'aéroport d'Abidjan - ISSOUF SANOGO (AFP/Archives)

Tentatives d'extorsions de fonds, menaces de mort : l'ex-chef du "gang des barbares" Youssouf Fofana est jugé à partir de mardi pour une quarantaine d'affaires ciblant chefs d'entreprises et personnalités en 2002-2004, avant l'assassinat d'Ilan Halimi pour lequel il a été condamné à perpétuité.

Appât du gain, choix de victimes réputées fortunées, volonté de terroriser... Cette affaire, jugée près de 15 ans après les premiers actes, porte en elle les prémices de l'engrenage qui aboutira à l'assassinat d'Ilam Halimi en février 2006.

Le jeune vendeur de téléphone de 23 ans avait été enlevé le 21 janvier 2006 dans le but d'obtenir une rançon, ses ravisseurs dirigés par Youssouf Fofana présumant sa famille riche parce qu'il était juif.

Séquestré et torturé pendant trois semaines, il sera finalement exécuté par Fofana qui a reconnu les faits et été condamné pour cela en juillet 2009 à la peine maximale, la perpétuité avec 22 ans de sûreté.

La justice lui reproche aujourd'hui des tentatives d'extorsion de fonds accompagnées de menaces de mort commises entre avril 2002 et octobre 2004 au préjudice de 42 personnes, dont 13 sont parties civiles.

Parmi les plus connues figurent l'ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman, l'ex-patron d'Arte, Jérôme Clément, ou le fondateur de Radio Nova, Jean-François Bizot, décédé depuis.

On trouve aussi des chefs de grandes entreprises comme les présidents des directoires de BMW ou Conforama, les PDG de Toshiba France, BUT, IBM France, Rolex, Reebok France ou Whirlpool...

D'autres sont inconnus mais tous étaient supposés disposer d'une fortune leur permettant de payer des rançons pouvant atteindre 500.000 dollars (475.000 euros).

- "Déclenchement de la mort" -

Le chantage se fait par courriers, parfois accompagnés d'une photo ou d'une vidéo montrant un homme cagoulé ou avec une djellaba et un keffieh et armé d'un lance-roquettes ou d'une grenade, posant devant leur domicile pour les intimider.

Dans un cas la demande est attribuée au mouvement indépendantiste corse Armata Corsa, dans un autre à la branche française du Front de libération de la Palestine (FLP), dans un troisième à la Mafia K'1 Fry, un collectif de rappeurs.

Pour faire pression, le maître chanteur adresse des grenades trafiquées à ses victimes, jette des cocktails Molotov dans la cour du domicile de Rony Brauman ou piège une voiture à Sceaux, où résidaient plusieurs personnes menacées.

Si les victimes ne répondent pas, elles reçoivent une lettre de relance menaçante : "Vous venez de recevoir l'annonce du déclenchement de la mort qui prendra effet 24 heures après réception" si vous n'obtempérez pas.

Pour payer, les victimes sont priées de transférer l'argent via Western Union ou de remettre une rançon au métro Châtelet, dans le centre de Paris. Mais aucune ne cédera et les surveillances policières n'aboutiront pas.

Il faudra attendre l'enquête sur l'enlèvement d'Ilan Halimi pour que ces affaires dispersées soient regroupées et attribuées au chef du "gang des barbares" en raison de la proximité des modes opératoires.

Fofana a, lui, été filmé dans un bureau de poste d'où des lettres de menace ont été envoyées. Mis en cause par un complice, il s'est lui-même vanté devant des juges de ses actes de maître chanteur, avant de revenir sur ses déclarations.

Le chef du "gang des barbares" sera-t-il présent mardi ? Rien n'est moins sûr pour son ex-avocat, Me Emmanuel Ludot, qui, sans nouvelles de son client depuis trois mois, a dû jeter l'éponge.

"Il a depuis récusé un autre avocat commis d'office qui avait été désigné", a-t-il précisé à l'AFP, disant comprendre que son ex-client ne veuille pas participer à "un procès joué d'avance".

"Quand on s'appelle Fofana, les juges ont une obligation de résultat", a dit l'avocat en dénonçant un "calendrier judiciaire politique" qui a conduit à "juger l'affaire Halimi avant ce dossier plus ancien".

Le procès est prévu jusqu'à vendredi.

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