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Double meurtre de Montigny-lès-Metz: Leclaire définitivement hors de cause

Mardi 10 janvier 2017
Double meurtre de Montigny-lès-Metz: Leclaire définitivement hors de cause
Henri Leclaire, le 5 août 2014 à Metz - FRED MARVAUX (AFP/Archives)

Le tueur en série Francis Heaulme répondra seul devant les assises du meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz (Moselle): la Cour de cassation a validé mardi le non-lieu dont a bénéficié Henri Leclaire dans cette affaire.

Cet ancien manutentionnaire de 68 ans est ainsi mis hors de cause définitivement. Le procès de Francis Heaulme - qui, à 57 ans, a déjà été condamné deux fois à perpétuité pour neuf meurtres - dont la date n'est pas formellement fixée, devrait se tenir au printemps devant la cour d'assises de la Moselle.

Son avocate, Me Liliane Glock, voit dans cette issue une "manœuvre d'encerclement": "Comme Heaulme est considéré comme le plus crédible comme coupable, on fait le vide autour de lui."

"Au point où on en est, il ne faut pas se gargariser de grands sentiments", a-t-elle ajouté: "Le procès équitable, c'est fini maintenant."

En 2014, des témoignages de dernière minute, susceptibles de mettre en cause Henri Leclaire, avaient conduit la cour d'assises de la Moselle à suspendre le procès de Francis Heaulme.

Un juge d'instruction avait alors été saisi d'une nouvelle information judiciaire. A l'issue de celle-ci, Henri Leclaire, mis en examen, avait dans un premier temps été renvoyé devant les assises, malgré ses dénégations. Puis la chambre d'instruction, qu'il avait saisie en appel, avait prononcé un non-lieu le 7 juillet dernier.

La mère de l'une des deux victimes avait formé un pourvoi. Celui-ci a été rejeté mardi par la Cour de cassation, qui ne juge pas du fond du dossier mais de la bonne application du droit.

Dans leur décision, consultée par l'AFP, les hauts magistrats rappellent les éléments qui ont justifié le non-lieu : Henri Leclaire est "revenu sur ses déclarations dès (...) la garde à vue" il y a 30 ans, certains détails qu'il a fournis lors de ses aveux sont "contredits par les autres pièces du dossier".

De plus, la mise en cause d'Henri Leclaire par Francis Heaulme n'est pas probante, car les deux hommes ne se connaissaient pas en 1986 et le "routard du crime" a, dans d'autres affaires, désigné comme complices des personnes qui n'avaient rien à voir avec ses crimes.

"Sentiment de justice tardive", pour l'avocat de M. Leclaire, Me Thomas Hellenbrand, "mais de justice quand même".

- Jeté en "pâture" -

"Il n'y avait rien de sérieux dans ce dossier", a-t-il ajouté. Jeté en "pâture" alors qu'il est "parfaitement innocent", son client vit "reclus au fond d'un village parce qu'il n'ose plus être ailleurs".

Devant la chambre criminelle de Cour de cassation, l'avocat général avait estimé qu'au lieu d'ouvrir une nouvelle information judiciaire visant Henri Leclaire, il aurait fallu rouvrir le dossier pour "charges nouvelles".

Mais La Cour de cassation a jugé qu'il n'y avait pas lieu de relever d'office ce point qui n'avait jusqu'alors jamais été invoquée par quiconque.

Henri Leclaire avait été le premier à avouer en 1986 le meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, morts le crâne enfoncé à coups de pierre sur un talus SNCF où ils jouaient, à Montigny-lès-Metz.

Quelques mois plus tard, un adolescent de 16 ans, Patrick Dils, avait aussi avoué les meurtres avant de se rétracter. Premier mineur condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, il fut, en 2001, l'un des rares condamné en France à bénéficier d'une procédure de révision, qui aboutit à son acquittement.

La présence du tueur en série Francis Heaulme à proximité du lieu du crime le jour du meurtre, le 28 septembre 1986, avait été un élément clef de cet acquittement.

Les avocats des parents d'Alexandre Bekrich, Mes Alexandra Vautrin et Thierry Moser, ont salué dans un communiqué la décision de la Cour de cassation. Avec une décision inverse, le procès de Francis Heaulme "n’aurait pu se tenir avant 2 ou 3 ans au mieux".

Ils espèrent que la justice pourra rapidement juger Heaulme et "apporter une réponse judiciaire appropriée aux malheureux parents, dont le désarroi est évident face à une situation aussi chaotique".

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