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REUTERS 24.06.2009
par Jean-Baptiste Vey et Emile Picy
PARIS (Reuters) - La France ne renouera pas avec les critères européens de déficit et de dette publics en 2012 en raison de la crise mais l'inflation ne saurait constituer une issue, prévient le ministre du Budget, Eric Woerth.
L'inflation n'est pas une solution valable pour assainir les finances publiques car cela "remettrait en cause les fondements même de la construction européenne, de l'euro, du couple franco-allemand", a-t-il déclaré devant la commission des finances de l'Assemblée, en présentant les nouvelles prévisions.
Le gouvernement prévoit désormais que le déficit public atteindra 5 à 5,5% du PIB en 2012, puis 6 à 6,5% en 2011 et 7 à 7,5% en 2009 et 2010. En 2008, il avait été de 3,4%.
La dette publique passera de 68,1% du PIB en 2008 à 77% en 2009, 83% en 2010, 86% en 2011 et 88% en 2012, lit-on dans le document préparatoire au débat d'orientation budgétaire présenté mercredi à la commission des finances.
Le pacte de stabilité et de croissance européen fixe comme limite 3% de déficit et 60% de dette, critères que la France s'était engagée à respecter au plus tard en 2012.
"Le retour à trois points de PIB de déficit en 2012, dans la mesure des informations qui sont disponibles actuellement, n'est pas atteignable sans un rebond extrêmement fort de la croissance, qui ne peut être exclu, mais qu'on ne peut prendre comme référence dans un débat d'orientation budgétaire", a dit Eric Woerth, selon le texte de son allocution transmis à Reuters.
Les prévisions du gouvernement restent plus positives que celles annoncées mercredi par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon qui la dette de la France atteindra 86% du PIB l'an prochain et le déficit 7,9%.
CHUTE DES RECETTES
Les nouvelles prévisions du gouvernement tiennent compte de la révision de la prévision de croissance du PIB cette année, qui a été ramenée de -1,5% à -3%, et du repli des recettes de l'Etat lié au ralentissement général de l'économie.
La dégradation du déficit cette année "est intégralement due à la crise : elle s'explique par la baisse des recettes en lien avec la récession et par la mise en place des mesures de relance", a expliqué Eric Woerth.
Les recettes de l'impôt sur les sociétés passeraient ainsi de 50 milliards en 2008 à 20 à 25 milliards cette année, a-t-il ajouté.
Le déficit de l'Etat atteindrait 110 à 115 milliards d'euros cette année en comptabilité "maastrichtienne" et 125 à 130 milliards en comptabilité budgétaire.
"Dans ces 125 à 130 milliards d'euros, le déficit 'hors crise' représente un peu plus de 40 milliards et le déficit de crise environ 85 milliards", a dit Eric Woerth.
En 2010, le déficit budgétaire s'améliorerait avec la disparition d'une large part des dépenses de relance et la poursuite de la maîtrise des autres dépenses qui seront stables en volume, soit une progression de 1,2%, a-t-il ajouté.
L'Etat poursuivra sa politique de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pour atteindre 34.000 postes équivalents temps plein en moins.
"Mais cette amélioration du déficit budgétaire serait compensée par la poursuite de la dégradation des comptes sociaux", a ajouté Eric Woerth.
Le ministre du Budget a rappelé les lignes directrices énoncées par Nicolas Sarkozy dans son discours aux parlementaires réunis en Congrès lundi à Versailles.
Le gouvernement consacrera à la réduction du déficit le surcroît de recettes lié à la reprise, une augmentation des impôts est exclue et la lutte contre les déficits sera poursuivie, a-t-il ainsi déclaré.
Édité par Yves Clarisse
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